‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 204 sur 255 · C.AI.K/ON^SKI · texte numérisé non relu

C.AI.K/ON^SKI

même , iiceommoda-

UÊFllACTION El" ACCOMMODAliO-N.

A CCS niodilicalions il faut encore ajouter celles de la pupille, (jui se resserre pendant la fixation des objets rapprochés, et se dilate pour la vision éloignée; en môme temps le bord pupillairc de l'iris et le milieu de la surface antérieure du cristallin se déplacent en avant.

Le cristallin peut changer facilement de forme et devenir plus ou moins épais, grâce à une très-grande élasticité dont il jouit. Ce changement de forme ne peut évidemment s'accomplir que par l'intermédiaire d'une force musculaire.

Les nmscles droits externes de l'œil n'ont ici aucune induence, on les voit trèssouvent paralysés sans que l'accommodation en souffre. C'est dans le globe de l'œil lui-même qu'on trouve un muscle spécialement chargé de celte fonction; il porte le nom de muscle ciliaire ou muscle de Rouget, de Brûcke ou de Jiowmon.

Muscle ciliaire (fig. 337). — Il est situé au voisinage de la grande circonfé-

FiG. 337. — Muscle ciliaire (*).

rence de l'iris, et se compose de deux parties, l'une radiée, qui a été découvert à peu près eu même temps pai- Brùcke et Bovvman, et l'autre annulaire, décrite par H. Millier et Rouget. Il est constitué par des fibres musculaires lisses. Les fibn > longitudinales x s'étendent en rayonnant d'avant en arrière; en avant, elles s'insèrent sur la paroi interne du canal de Schlemm, entre la substance propre de la cornée k et la membrane de Descemels; elles se portent ensuite en arrière et s'insèrent en partie à la surface externe des procès ciliaires, en partie se prolongent et se confondent avec la choroïde.

Selon toute probabilité, les fibres longitudinales du muscle accommodatcur ne s'arrêtent pas dans la région ciliaire, mais elles s'engagent au contraire dans l'épaisseur de la choroïde, la traversent dans toute son étendue d'avant en arrière, et communiquent avec celles du côté opposé. Si celte disposition est réellement telle que nous la supposons, et les recherches microscopiques de H. Millier et Schweigger semblent le confirmer, nous aurions alors une membrane nmsculairc dans toute l'élendue de la choroïdCj une sorte de vessie dont la partie ouverte serait fixée au bord de la cornée. En se contractant, ces fibres embrassent le corps vitré dans tous les sens, et les condensent en rendaiit de cette façon le recul du cristallin en arr2è'?'e impossible. La seconde portion du muscle ciliaire est composée des

(*j ûbi'os longitudinales ilu muscle ciliaire ; 0,n,.i7, fibres circiilairos du même muscle ; d, sclérotique ; k, corlice; c, ligue d'union de la 3(;léroti(|ue fi la cornue; f, canal veineux d'Hovius, dorrii-re lequel s'insère le muscle cilia'ire'; y, "couclie depitliélinm ; 3, membrane de DL'mours on de Descomot s'orrètaut nn pourtour estérieur de l'iris - h iris; j, chambre antérieuiu ; f, espace situé eiilio l'iris, la face antérieure du cristallin et les proci'S' ciliaires' /, cristallin; m, cinal de l'etit.

ACCOMMODATION DE L'oEIF. 723

fibres circulaires y, formant un anneau parallèle à la grande circonlcrencedii cristallin. Ces fibres sont enchevêtrées avec des fibres longitudinales, se courbent dans plusieurs endroits en forme d'anses et deviennent longitudinales.

Le muscle ciliaire reçoit les nerfs du ganglion ophlhalmique. Dix à quinze de ses filets traversent la sclérotique au pourtour du nerf optique, cheminent entre la sclérotique et la choroïde, et se distribuent dans le muscle ciliaire, l'iris et la cornée. Dans le muscle ciliaire, ils forment un riche plexus, qui lui donne son innervation. Les contractions de la pupille de même que les contractions du muscle accommodateur dépendent des fibres de la troisième paire, tandis que la dilatation delà pupille et le relâchement du muscle accommodateur se font à l'aide des filets nerveux du grand sympathique.

Le mécanisme de ce muscle n'est pas encore bien démontré, et l'explication de Helmhollz ne nous paraît pas être satisfaisante. Voici cette opinion (1). k Le cristallin dans l'état de repos est tendu par la zonulequi s'insère à son bord. Lorsque le muscle ciliaire se contracte, il peut, en faisant avancer l'extrémité postérieure de la zonule, la rapprocher du cristallin et en diminuer la tension. La tension de la zonule doit avoir pour effet d'augmenter le diamètre du cristallin, d'en diminuer son épaisseur ainsi que la courbure de ses deux faces. Faisons intervenir, de plus, la pression de l'iris, et le milieu du plan qui passe par Téquateur du cristallin se portera en avant; par suite, la courbure de la face antérieure augmentera, et celle de la face postérieure diminuera, de manière à pouvoir redevenir à peu près ce qu'elle était dans le cristallin disposé pour la vision à distance. »

Selon nous, les deux portions de muscle accommodateur ont une action dislincte. Les fibres circulaires, en se contractant, pressent par l'intermédiaire du cercle ciliaire et du canal de Petit sur la grande circonférence du cristallin, ce qui nécessairement rend son diamètre antéro-postérieur plus long. Pendant ce temps les fibres longitudinales qiii emboîtent le corps vitré tout entier, en se contractant, condensent cette humeur et empêchent par cela même que le cristallin, qui augmente d'épaisseur, se porte en arrière. Par l'effet de cette dernière action, la surface postérieure du cristallin reste sur place, et il n'y a que sa face antérieure qui se porte en avant. Ce résultat était indispensable pour l'accommodation ; il faut en effet que la distance entre la rétine et le cristallin reste invariable, si l'on veut que le foyer puisse être ramené pendant l'accommodation sur la rétine.

Amplitude d'accommodation. — D'après ce que nous avons vu plus haut un œil emmétrope par sa conformation optique peut voir les objets placés à de trèsgrandes distances sans aucun effet d'accommodation. Les objets rapproches ne peuvent plus être vus qu'à l'aide de la fonction accommodatrice, et plus l'objet est rapproché, plus il y aura nécessité d'user de ce pouvoir. Mais arrivés à une certaine distance très-rapprocliée de l'œil, l'accommodation est incapable d'auginenter davantage la courbure du cristallin, et Tobjet ne pourra être vu que d'une manière confuse. Cette distance ne dépasse pas trois et demi ou quatre pouces et c*est à cette dislance justement que se trouve le point le plus i-approché de la vision distincte. On l'appelle pujictum proxiînam, en le désignant par la lettre Le point le plus éloigné de la vision distincte est désigné par la lettre r, punctum remotum

(1) Helinhollî!, Optique physio t., p. 151.

11ÉI;«A(;TJ0!N tT ACCOAIMOIMTION.

OU remotissimum. La dislance entre la limite extrême éloignée r et le point le plus rapproché constitue l'amplitude d'accommodation.

On désigne généralement par l'amplitude d'accommodation. Elle peut être définie en chiflVes, d'après la formule que nous avons développée plus haut et qui est celle-ci : =- — v Tci A est la dislance focale d'une lentille auxiliaire dont

se servirait l'œil s'il voulait remplacer par celle-ci sa force d'accommodation, SI le punctum proximum p est égal à trois pouces, et le punctum rcmotum est de douze pouces, nous obtiendrons par cette formule l'amplitude d'accommodation : *=|^ — à~d^=^l' c'est-à-dire que la force d'accommodation est représentée par une lentille de quatre pouces.

Si le punctum remotum esta l'infini, r=oQ^\.\Q punctum proximum à 6 pouces, on obtiendra pour l'amplitude d'accommodation \ — \ — 4 =J ; ce qui signilic qu'avec une lentille de six pouces on remplace toute la force d'accommodation.

l'our mesurer exactement la distance du point le plus éloigné et le plus rapproché de la vision distincte, on se sert habituellement des échelles typoj^raphique de Giraud-Teulon ou de Snellen, qui sont composées de telle sorte que le carac' 1ère n" XX doit être vu par un œil normal à vingt pieds, celui de X à dix pieds ainsi de suite. Pour le point le plus rapproché, les caractères fins des mêmes échelle peuvent être utilement employés, ou bien les optomètres de Scheiner ou de Graefc qui contiennent des fils de fer tendus dans un cadre à des distances égales, li rapprochant un de ces optomètres de l'œil jusqu'à ce que les caractères se confon dent ou que les fils disparaissent, on a la distance du point le plus rapproché.

Accommodation binoculaire. — Un objet placé à une grande distance peut êtr vu de la même façon et avec la même puissance d'accommodation avec un ou le deux yeux.^Mais il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit de voir un objet rapproché un œil seul pourra voir beaucoup plus près que les deux yeux à la fois. Cela s'ex plique par la limite de la convergence des deux yeux, et pendant qu'un œil seu peut user de son accommodation d'une manière complète dans la vision monocu laire, cette fonction sera forcément limitée par la convergence de deux yeux.

Il y a donc un certain rapport entre la force d'accommodation cl le degré d convergence de deux yeux, que Donders a démontré d'une manière saisissant par des tableaux schématiques.

On distingue encore l'accommodation positive et négative. Lorsqu'on place de caractères ordinaires à une très -petite distance de l'œil, on ne pourra les lire qu pendant quelques instants, après quoi l'œil se fatigue. Mais si l'on éloigne un pc ces caractères de l'œil, on les lira plus longtemps et sans fatigue. Dans le premie cas, l'œil aura usé tout son pouvoir d'accommodation, et il n'y aura qu'une accom. modation négative; tandis que dans le second, il ne se sera servi que d'une portion relativement faible de cette force, et l'on aura ainsi l'accommodation positive, qui | est encore disp()nible. '

L'œil évite ordinairement la fatigue et cherche à se placer dans de telles conditions, qu'il n'use qu'une partie de sa force d'accommodation. A cet effet, on a l'habitude de tenir les caractères qu'on veut voir distinctement, non pas au point le plus rapproché, mais à une certaine dislance qui n'est ni trop éloignée ni trop

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rapprochée. C'est la distance moyenne de la vision distincte, qui est en général , pour l'œil emmétrope, de 25 cenlimèlres.

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