Blépharite ciliaire avec ses différentes formes
2. Orgeolet, furoncle et anthrax; pustule maligne; phlegmon et abcès; érysipèle des paupières, emphysème, éphidrose et chromhidrose.
Les affections dartreuses des paupières comprennent : eczéma, psoriasis, herpès, zona, acné, vitiligo, alopécie, pustules varioliques et scrofulides des paupières.
Quant aux affections syphilitiques de cette région, nous de'vons nous occuper du chancre, des syphilides bénignes et tuberculo-serpigineuses.
L'étude des tumeurs comprendra : 1° celle des kystes, tels que : chalazions, kystes sébacés et séreux, dcrmoïdes et hématomes; 2° celle des tumeurs solides, telles que : tumeurs érectiles, verrues, lipomes, gommes syphilitiques, éléphantia sis, névromes, épithéliomes et carcinomes.
ARTICLE PREMIER
BLÉPHARITE CILIAIRE.
L'inflammation du bord libre des paupières désignée sous le nom de blépharite ciliaire affecte d'ordinaire la forme chronique.
La structure particulière de cette partie des paupières, surtout la présence des bulbes pileux, est une des causes de cette chronicité.
Nous distinguerons deux variétés de blépharite : la blépharite glandulaire ou bulbaire, et la blépharite furfuraccc ou pityriasis. Ces deux formes sont les seules qui puissent être facilement distinguées. Les divisions adoptées par les auteurs, en blépharite catarrhale et scrofuleuse (Warthon Jones) simple, diphthéritique, furfuracée, ulcéreuse et folliculaire (Velpeau), quoiquejustifiées par l'anatomie, ne nous paraissent pas pratiques et sont un embarras pour le diagnostic ; d'autres au contraire sont irrationnelles et mal fondées, par exemple la division en blépharites ciliaire simple, hypertrophique et ulcéreuse (Wecker), car elles n'expnmenl que les différentes périodes et les degrés de la même maladie.
L^inflammation du bord libre des paupières peut affecter, soit uniquement la peau à sa surface et au pourtour des cils, soit toute son épaisseur. Dans le premier cas, il y a blépharite simple furfuracée ou pityriasis; dans le second, c est une vraie blépharite glandulaire ou bulbaire.
A. BLÉPHARITE FURFURACÉE OU PITYRIASIS. - Le phénomène caractéristique (le la blépharite furfuracée est une desquamation de l'épiderme, sous forme de petites lamelles blanchâtres, pulvérulentes, que l'on a très-justement comparées a de la farine.
BLÉPHARITE GILIAIRE.
C'est line affection identique avec celle que l'on constate au cuir chevelu, à la face et dans d'autres parties du corps. Développée sur le bord des pau|)ièrcs, où la peau est très-mince et très-sensible, elle ne tarde pas à être accompagnée de démangeaisons et d'une vive irritation. Les glandes de Meibomius et les glandes sébacées sont le siège d'une irritation analogue; la sécrétion est augmentée et s'accumule à la surface du bord libre; les lamelles de l'épiderme s'agglutinent à la base des cils et forment des espèces de croûtes jaunâtres ou d'écaillés luisantes, quelquefois s'attachent aux cils, même à une certaine distance de leur base. Par le frottement, ces lamelles se détachent et tombent souvent entre les paupières, où elles produisent une sensation de corps étranger.
En examinant attentivement cette région à la loupe, on constate quelquefois de petites pustules presque transparentes, situées entre les cils. Dans d'autres endroits, ce sont de véritables boutons d'acné. Peu à peu l'épiderme s'amincit et s'exfolie, le derme s'injecte, devient rouge, etc. Si la maladie dure longtemps, des ulcérations et des abcès peuvent s'y former; l'inflammation gagne les parties sous-jacentes, et peut envahir successivement les glandes sébacées, les bulbes pileux, et par conséquent se transformer en une blépharite glandulaire.
La blépharite furfuracée peut avoir d'autres conséquences non moins désagréables; les cils, ne reposant plus sur le derme sain, deviennent fragiles et cassants, et les paupières s'en dégarnissent de plus en plus.
L'irriialion des conjonctives, et même la conjonctivite, peuvent accompagner cette forme.
B. Blépharite giliaire glandulaire. — La blépharite ciliaire glandulaire ou bulbaire est beaucoup plus fréquente que la précédente. Elle est caractérisée par les symptômes suivants :
s^mptomatoiogie. — 1. Une boursouflure du bord des paupières, soit par places, soit sur toute son étendue.
2. Une rougeur de la peau et des conjonctives au voisinage du point affecté. Il y a surtout une rougeur marquée dans l'angle de l'œil.
3. Le changement de direction des cils, qui deviennent cassants et tombent en grande partie ; ou bien ils sont ramassés en pinceau, et s'entrecroisent. Ça et là ils manquent complètement, tandis qu'ailleurs ils sortent par faisceaux à travers les mêmes orifices.
Quand la maladie persiste, les cils tombent de plus en plus, et ceux qui les remplacent n'acquièrent pas le même développement ; ils pâlissent et s'étiolent, quelquefois la paupière est dépourvue de cils {madarosis), et quelques poils rares et incolores se montrent ça et là.
4. La sécrétion morbide des glandes palpébrales altérée s'accumule sur le bord libre et au pourtour de la racine des cils. Mélangée à la sécrétion huileuse des glandes de Meibomius, elle forme une sorte de croûte ou des écailles friables, luisantes, adhérentes aux cils et à l'épiderme. Si l'œil n'est pas irrité, les croûtes peuvent rester inaperçues pendant un certain temps à la racine des cils; s'il y a irritation et inflammation, ces plaques écailleuses deviennent plus évidentes. On trouve audessous une surface ulcérée qui saigne au moindre contact.
Chez les malades peu soigneux, les bords des paupières sont recouverts sur toute leur étendue par une large croûte comparable à une forte cuirasse, derrière laquelle
PAUPJÈRKS ET SOURCILS.
s'accumule le pus; ou bien ce sont des pustules cl des abcès qui se développeni sur le bord, ou encore de véritables boulons d'acné situés dans le tissu cellulaire sous-cutané, pouvant même constituer une forme particulière, que Soelberg-Wells apj)elie ncne c/liaris.
5. Les cils sont très-souvent agglutinés et collés pendant le sommeil, et, chaque fois que le malade fait, le malin, des efforts pour ouvrir les yeux, il les arrache par pinceaux.
6. Il y a ulcération siu- le bord libre cl à la racine des cils. C'est un des phénomènes constants de celte forme de maladie. Cette ulcération peut être superlicielle, dans ce cas elle occupe une large surface du derme et consiilue une érosion secondaire ; ou bien elle est profonde el disséminée, alors elle alîecle la forme de cupule, au milieu de laquelle on trouve un ou plusieurs cils. Ces derniers s'arrachent très-facilemeni avec une pince à épiler.
A cet étal d'altération, les cils ne tiennent plus à lepiderme (voy. lig. 10, b). Ranvier et Cornil l'ont démontré sur les préparations que je leur ai fournies. Des trajets fisluleux se sont ouverts sur le bord libre autour de chaque cil malade, et ont formé, en se réunissant, des ulcères en cupule.
7. Consécutivement à ces altérations, lout le bord des paupières s'arrondit, surtout à sa marge interne ; il devient rouge el luisant par suite de la rétraction de la peau et des cicatrisations, des excoriations sur la joue, La paupière inférieure se renverse en dehors, et constitue un élat qui est appelé logopht/iaimie.
Dans certains cas, il y a désorganisation complète de tous les tissus du bord libre succédant à une blépharile accompagnée d'épaississement et d"induralion, avec éversion du bord libre des paupières et du tarse lui-même {tylosis).
8. L'oblitération partielle ou totale des orifices des glandes de Meibomius est aussi une des conséquences de ces graves altérations des bords libres ; de là des kystes et des lésions conjonctivales se développant dans ces conduits.
9. La muqueuse oculaire est souvent injectée et renversée sur les bords palpébraux : elle devient charnue, sarcomateuse ou veloutée.
10. Les points lacrymaux sont tantôt déviés, tantôt rétrécis.
11. Pour compléter le tableau de la maladie, il suffira d'y joindre les signes fonctionnels caractérisés par une sensation de démangeaison, de picotement, de roideur des paupières, de pholophobic accompagnée de larmoiement, d'une sensation de gravier entre les paupières, etc.
Étioiogie. — Comme nous l'avons dit, la blépharile ciUaire peut avoir pour cause des altérations diverses des conjonctives et des voies lacrymales. Ainsi les conjonctivites granuleuses el les rétrécissements ou obstructions des voies lacrymales amènent le plus souvent des blépharites.
Sur 150 blépharites ciliaircs que nous avons traitées dans les deux dernières années, 60 étaient occasionnées par les alléralions des voies lacrymales, 6 par les granulations des conjonctives, et les lU autres reconnaissaient pour cause rinllammation directe des glandes et du bord libre des paupières.
Les diathèses lymphatique, slrumcuse et scrofuleuse ont aussi une grande influence sur la production de cette affection. Nous avons souvent constaté l'existence de la blépharile bulbaire en même temps que l'engorgement des glandes du cou et des glandes sous-maxillaires. Les individus mal nourris, habitant des appar-
BLÉPHARITE CILIAIRE.
tements humides, froids et mal aérés, ou travaillant dans une atmosphère chargée de miasmes putrides, de gaz irritants, etc. ; les enfants, les sujets faibles et anémiques, sont plus que les autres prédisposés au dévolppement de cette maladie.
Marche, durée. — La blépharite ciliaire est une affection chronique; elle dure des mois, des années; mais il y a des périodes d'amélioration très-notable, sinmlant la guérison, suivies de nouvelles poussées inflammatoires.
Diagnostic différentiel. — Il est difficile de Confondre la blépharite ciliaire avec aucune autre maladie ; tout au plus pourrait-on la prendre pour une simple conjonctivite, granuleuse ou lacrymale, surtout si les cils sont collés en pinceaux par les mucosités. Mais dans une conjonctivite, les mucosités, au lieu d'être accumulées à la racine des cils, les collent au contraire vers leur sommet.
La boursouflure des paupières ({ui accompagne les conjonctivites occupe toute la paupière, tandis que dans la blépharite elle est limitée au bord libre.
Anatomie pathologique. — Nous avous déjà indiqué quelles altérations subissent les tissus. La maladie débute le plus souvent par les glandes sébacées
FiG. 9.- Bulbe pileux avec glande sébacée (*). Fig. 10. Poils sortant de la peau
au milieu d'un ulcère (**).
(''g- ^^9,9) qui avoisinent les canaux des cils; leur suppuration donne lieu à des trajets hstuleux très-nombreux sur le bord libre au pourtour des cils. Leur réunion oi-me des ulcères en cupule, au milieu desquels les cils vacillants frottent les paro.s ulcérées (fig. 10) et jouent le rôle d'un corps étranger. Ranvier et Gornil
s6b2^ ieSTi; t'^Ln'^t '/'k'séSon ^^ï^"""' ^ ^y'^"'""^ «•enru..,unt dans le bulbe ; o, sl«"dc n.ent : 280 diamètres (Vird.ow.) " ' "^^^ ^ s'accmuler. - Gi^ossisse-
'l^ PAUPIÈRES ET SOURCILS.
ont consulté CCS fails sur les pièces que je leur ai fournies. Uaus d'autres cas, il y a altération de l'euvcloppc des cils eux-uièiues. Ch. Hobiu, de son côté', avait démontré que la gaîue du cil était dans ces cas remplie d'une quantité considérable de cellules épitliéliales, de matière sébacée et souvent de pus.
Quant à la présence des champignons [b'icliojjhytort), nous n'y attachons pas d'importance; les recherches que nous avons faites sur un grand nouibre de malades nous ont conduit à cet égard à des résultats négatifs.
Pi-uno«itic. — La terminaison dé|)end en grande partie du degré d'altération. En général, elle est bénigne et se laisse guérir. Les tylosis et les logophthalmies deviennent de plus en plus rares, car on oppose à la maladie un traitement plus rationnel qu'autrefois.
Traitement. — Avant tout traitement il est indispensable de reconnaître si l'on a aiïaire à un pityriasis palpébral ou à une blépharite bulbaire, et ensuite si la maladie est idiopatliique, ou si elle a pour cause une conjonctivite granuleuse ou une alîection des voies lacrymales.
Le traitement de la blépharite furfuracée est très-simple.
1. On doit recommander au malade de se laver les yeux pendant cinq ou six minutes, deux ou trois fois par jour, avec une solution faible (1 gramme) de sous-carbonate de soude dans 100 grammes d'eau tiède. C'est un excellent adoucissant, (jui facilite en même temps la dissolution des écailles graisseuses du bord libre.
L'usage des collyres astringents n'a ici aucune milité, comme l'a très-bien démontré Velpeau.
2. Pour combattre l'irritation dos conjonctives et diminuer la photophobie, on ordonnera des injections d'eau tiède dans les points lacrymaux avec la seringue d'Anel. Ces injections, qui nous ont donné des résultats remarquables, dégagent les voies obstruées et contribuent très-efficacement à la guérison.
3. Le badigeonnage des paupières avec la teinture d'iode concentrée constitue un des points essentiels du traitement. Le chirurgien lui-même le fera une ou deux fois par semaine, en ayant soin de préserver soigneusement, pendant l'opération, le bord ciliaire avec un morceau de linge.
h. Les rechutes seront efficacement combattues par les préparations arsenicales, iodées, ferrugineuses, toniques et fortifiantes.
Le traitement de la blépharite glandulaire est plus complexe, plus long et en même temps plus difficile. Nous pouvons pourtant arriver à une guérison certaine si nous réussissons à enlever la cause de la maladie.
1. Lorsque l'affeclion reconnaît pour cause la conjonctivite granuleuse, c'est cette dernière qu'il faut surtout combattre.
2. On inspectera avec un grand soin les voies lacrymales, qui sont le plus souvent le point de départ de la maladie, et, en guérissant l'altération dont elles sont le siège, on guérit la blépharite ciliaire elle-même.
3. Pour une inflammation idiop;ilhi(iiie du bord libre des paupières, il faut recommander aux malades, d'une manière toute spéciale, les soins d'une propreté minutieuse. Ils doivent ramollir toutes les matières, tontes les croûtes desséchées qui occupent la base des cils. Dans la journée, à mesure qu'elles se forment, le malade devra aussi les ramollir et les délachei- avec l'ongle du doigt. Laissées sur place, elles abriteraient le pus et activeraient l'irritation.
BLÉPHARITE CILIAIRE. 13
h. Pour ramollir et délaciier plus facilement la sécrélion morbide, on peut se servir avec avantage de fomentations ou de lotions d'eau tiède, de décoctions de lètes de pavot, d'eau do guimauve ou de laitue. On fera ces lotions à l'aide d'une éponge fine et très-douce.
5. Vépilation des cils les plus malades doit être pratiquée sans retard. Les croûtes une fois enlevées, on examinera attentivement le bord libre avec une forte loupe, afin de découvrir les ulcères en cupule qui entourent les cils. On enlèvera ces cils dans les endroits les plus malades et qui présentent des ulcères profonds. Pour les arracher, on se sert d'une pince (fig. 11), puis on cautérise les ulcérations avec un crayon effilé de nitrate d'argent mitigé.
Fig. 11. — Pince à épiler.
Je regarde V arrachement des cils comme le moyen le plus efficace qu'on puisse employer dans le traitement de cette alToclion. En eiïet les cils, se trouvant au centre de l'iilcéralioll, jouent le rôle de corps étrangers, et s'opposent à la cicatrisation. L'épilalion des cils ne détruit pas les bulbes pileux, qui sont très-souvent intacts, mais elle active la cicatrisation des ulcères. Les cils repoussent au milieu d'un tissu déjà cicatrisé.
L'arrachement a fourni aussi de bons résultats à Quadri, de Naples, et Lawrence au commencement de ce siècle; mais leur opération avait pour but de rendre plus facile la cautérisation des bords des paupières. Bazin (1) a indiqué le moyen de guérir les blépharites ciliaircs par l'épilalion des cils, croyant qu'il s'agissait là d'une végétation cryplogamique. Sans accepter l'opinion de Bazin, Gramoisy (2) a introduit en pratique l'épilation générale des cils comme moyen de guérison. Il a recours quelquefois à plusieurs épilations successives.
Je pense que l'épilalion générale de tous les cils pourrait amener une trop grande irritation, et qu'il ne faut y recourir que dans des cas exceptionnels.
Ma méthode de traitement consiste à n'arracher que quelques cils les plus malades, et à cautériser ensuite l'ulcère. Mais, pour ne pas provoquer une trop grande irritation, il ne faut épiler que tous les deux jours et sur des points éloignés.
L'épilation n'est donc pas, comme quelques auteurs l'ont dit, un moyen accessoire de guérison, mais bien une indication essentielle du traitement.
G. On combattra l'inflammation et les excoriations étendues des paupières en touchant ces parties avec une solution de nitrate d'argent {0^%25 pour 10 ou 15 grammes d'eau), ou, selon le conseil d'Anderson, avec une solution de potasse caustique (0e%50 pour 30 grammes d'eau distillée).
7. Pour hâter la résolution de l'engorgement du bord libre, il est utile de badigeonner de temps en temps les paupières avec de la teinture d'iode, ou bien avec un crayon de nitrate d'argent mitigé.
(1) Bazin, Considérai ions ijéuéralcs sur fa. incnlagre et les teignes de lu face, 1854.
(2) Oamoisy, Courrier médical, 18G0, p. 87, 100 et dH.
PAUPIÈRES ET SOURCILS
8. L'usage des pommades au précipité rouge et blanc, à l'oxyde de zinc ou au nitrate de mercure, est en général considéré connue un remède spécilique contre la blépharite ciliaire. Ces pommades sont en eiïet utiles, lorsqu'elles sont employées à l'origine de la maladie, au moment où les bulbes ne sont pas très-altérés et où les ulcères ne sont ni profonds ni élendus. 11 faut aussi que la dose de précipité ne soit pas très-élevée. Les pommades de Lyon, de la veuve Farnié, de Desaull, du Régent, d'Arlt, ne doivent leur réputation qu'au précipité rouge simple ou additionné de quelque autre agent, tel que : acétate de plomb et camphre (Kégent), oxyde de zinc (Ueval), précipité blanc (/Vrli), etc.
Des résultats favorables ne seront obtenus à l'aide de ces pommades que si on les applique à doses faibles (O^SIO à 03',15 pour 10 grammes d'axonge), et en couches très-minces sur les bords des paupières. Voici quelques formules des plus clïicaces :
Précipité rouge 10 ceiitigr.
Acétate de plomb cristallisé . 5 —
Axonge fraîche 5 gram.
Huile d'amandes douces. . . 5 gouttes.
2'' Précipité rouge 15 centigr.
Camphre 15 —
Huile d'olives l gouUe.
Beurre lavé à l'eau chaude. 3 grara.
(Desmarres.)
Si les orifices de Meibomius sont bouchés ou engorgés, et si la sécrétion ne s'opère librement, il est bon d'ajouter à ces pommades une petite partie de tutie préparée. Par le frottement, on déchire les pellicules qui bouchent les orifices, et la sécrétion se rétablit. La pommade de Janin peut être avantageusement employée dans ce dernier cas. Fano conseille l'huile de cade.
3° Tutie préparée 2 gram.
Bol d'Arménie 2 —
Précipité blanc 1 —
Axonge 4 —
(Janin.)
4° Beurre très-frais 18 gram.
Camphre 1 centigr.
Précipité rouge 1 —
Sel de Saturne 1 —
9. Dans le cas d'une inflammation trop vive des paupières et de tendance aux abcès, on aura recours aux cataplasmes de fécule de riz ou de glycérolé d'amidon tiédi, que l'on maintiendra sur l'organe deux ou trois fois par jour, pendant une demi-heure ou une heure.
10. Si, malgré cela, la paupière reste tuméûée, Oesmarres père conseille de recourir à des ponctions multiples du bord libre pratiquées deux ou trois fois par semaine. On exécute cette petite opération en tendant la paupière sur l'index, dont l'ongle correspond à la face interne du tarse, et l'on fait des piqûres avec la pointe d'un bistouri. Desmarres dit avoir obtenu par ce moyen de bons résultats.
11. Après la disparition des symptômes inflammatoires, Mackenzic conseille de baigner souvent les paupières avec une solution de Ok',05 à 08',10 de sublimé dans 2^i0 grammes d'eau.
12. On prescrira en même temps au malade un régime convenable, tonique, et on défendra l'usage des alcooliques, du café et des mets fortement épicés.
13. L'usage des conserves bleues ou neutres pourra être recommandé pendant tout le traitement. Le malade doit éviter une lumière trop vive et le travail au gaz.
ORGEOLET, FURONCLE, ANIWAX. 17
lU. Le sirop antiscorbutique ou de brou de noix, l'huile de foie de morue, les préparations iodées et arsenicales, seront prescrits pour combattre les causes gé- )iérales prédisposantes de la maladie. C'est pour cette même raison que l'usage de eau de la Bourboule devra être préconisé. Le séjour aux stations thermales sulfueuses, d'Aix-la-Chapelle, de Bagnères-de-Luchon, peut être indiqué dans la forme du pityriasis du bord libre réfractaire aux autres traitements.
Bibliographie. — Quadri, Annotaziotii pratiche sulle malallie degli occhi, lib. I, p. 145. apoli 1818. — Chassaignac, Du décapage des cils dans les ophlhalmies {Archives d'ophthalmologie Paris, t. Il, p. 88). — Velpeau, Dict. de méd. en 30 vol., ou Répertoire des se. mèd., art. Ophtualmologie, t. XXII, p. 114. — Moll, Archiv f. Ophth., t. VI, Abth. 1, p. 286. — Anderson, A pruclical Treatise upon Eczéma, p. 107. — Cramoisy, De la blépharite glandulo-ci/iaire et de son traitement radical (Courrier médical, 1860, p. 87, 100 et 111).