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PHLEGMON ET ABCÈS DES PAUPIÈRES

Le plus souvent c'est la paupière supérieure qui est le siège de l'inflammation phlegmoneuse.

Symptoinatoio(|ic. — La maladie débute par une rougeur et un gonflement marqué de la paupière qui rend tous ses mouvements difficiles et douloureux. Au

(1) Lisfranc, Clinique chirurgicale, t. ], p. 172.

(2) Graefe, Archiv f. Ophthalm., 1857, t. III, Abth. 2, p. 418.

-2 PAUPIÈRES ET SOURCILS

1)0111 (le deux ou trois joiu'S, ces signes s'accentuent davantage ; en outre, il se ma> uileste de la chaleur, cl la douleur devient poignante et lancinante. La couleur de la paupière passe au rouge livide; les plis transversaux disparaissent; ses tissus se distendent à tel point qu elle descend très-loin en bas et au-dessus de la paupière inférieure de façon à la cacher entièrement.

y La tension devient excessive, et bientôt, dans un des angles apparaît un point; jaunâtre, qui s'ouvre et donne issue au pus. L'abcès formé ainsi dans le grand: angle est appelé par les auteurs anchilops, et celui qui a pour siège le petit angle, œgilops.

D'ordinaire l'inflammation phlegmoneuse est limitée au pourtour de l'orbite et au sourcil. Il est rare que la paupière inférieure y prenne part; cette participation n'a lieu que s'il y a eu traumatisme ou injection d'eau faite dans le tissu i cellulaire par les voies lacrymales, comme cela est arrivé une fois à Graefe (1) et Wecker (2).

D'ordinaire aussi la conjonctive demeure intacte ; tout au plus si quelques mucosités s'accumulent dans le cul-de-sac conjonctival. Mais il y a des cas dans lesquels le phlegmon est consécutif à une opération pratiquée sur le globe de l'œil,, ou à une ophthalmie purulente. Les altérations conjonctivales sont alors propres à. chacune de ces maladies.

En même temps que les symptômes locaux se manifestent, le malade est eni proie à une forte fièvre, souvent même il éprouve des frissons, de l'insomnie, de.l'inappétence , etc.

Lorsque le phlegmon persiste pendant un certain temps, et que le pus reste accumulé en dedans de l'aponévrose oculo-palpébrale, celui-ci peut fuser dans less parties profondes, détacher le périoste, et, en séjournant longtemps, amener une^ carie osseuse. Mais le plus souvent, par suite de l'altération de l'os, soit par fracture, soit par une cause consiitutionnelle, scrofuleuse ou autre, le pus, avant de se faire jour au dehors s'infdtre dans le tissu cellulaire des paupières et donne lieui à un phlegmon spontané. Alors, dès le second jour, une fluctuation se lai.sse percevoir dans la partie œdématiée de la paupière, et bientôt l'abcès devient! évident.

Éfioiogi«. — Parmi les causes des phlegmons et des abcès des paupières, on doitt signaler en premier lieu le traumatisme, tel que contusion, fracture des os de l'orbite et corps étrangers. Dans ces cas, il y a non-seulement phlegmon des paupières,, mais en même temps du tissu cellulo-adipeux de l'orbite ; l'œil est alors dévié eti immobile et fortement projeté en avant.

Les phlegmons et les abcès des paupières peuvent encore apparaître à la suite d'un: érysipèle de la face, de la variole, de la fièvre scarlatine ou de la fièvre typhoïde. Dans ce dernier cas, la terminaison peut devenir funeste et la gangrène détruire toute la paupière.

Diagnostic différentiel. — On peut confondre le phlegmon palpébral avec la i même affection du tissu cellulo-graisseux de l'orbite ; mais dans ce dernier cas^ l'œil est dévié, immobile et très -fortement projeté en avant.

(1) Graeïe, Klimsche Mojiatsbl., 1862, Bd. I, p. A95.

(2) Wecker, Annales d'oculist., 1863, t. XLIX, p. 247.

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