EMPHYSÈME DES PAUPIÈRES
conditions ne se rencontrent qu'accidentellement; c'est ce qni explique pourquoi l'eniphysèmc palpébral n'est pas aussi fréquent qu'on pourrait croire.
Dupuytren, Jarjavay, Fano et Desmarres ont rapporté des cas très-intéressants de fracture, soit de l'os unguis, soit du plancher interne de l'orbite.
Dans le cas rapporté par Jarjavay (1), il y avait eu une chute h l'âge de dixhuit ans. Cet accident amena d'abord la perle de connaissance, puis la suppression de l'odorat et riiémorrhagie buccale; mais, ce ne fut que six ans plus tard que survint une tumeur à l'angle interne de la paupière supérieure. C'était un emphysème palpébral, communiquant avec la narine et la bouche, et qui était compliqué d'esquilles osseuses.
Le plus souvent l'emphysème suit immédiatement l'accident ; quelquefois il est consécutif aux fractures de la base du crâne qui établissent une communication entre l'orbite et le sinus frontal, et de là avec le tissu cellulaire de l'orbite et deS paupières.
Les auteurs ont signalé l'apparition de l'emphysème palpébral sans aucune fracture, mais à la suite d'un violent éternument ou d'un effort pour se moucher.
Mackenzie, Middiemore, Weller, rapportent des faits analogues. Il faut supposer que, dans ce cas, il se produit une déchirure de la membrane de Schneider dans un endroit correspondant à un trou anormal de l'os unguis, connue on l'observe quelquefois. L'air s'introduit alors dans le tissu cellulaire et produit l'emphysème. Il arrive aussi que l'emphysème des paupières n'est que le prodrome d'un emphysème général.
Symptomatoiogic. — La tuméfaction des paupières, surtout de la paupière supérieure, survient subitoinent. Ses limites ne sont pas constantes : elle s'étend jusqu'au sourcil et souvent elle le dépasse.
D'ordinaire la couleur de la peau reste la môme.
La pression exercée avec la pulpe des doigts sur la paupière, dans ses différentes parties, donne la sensation caractéristique d'une crépitation. Cette sensation est produite par la nngralion de l'air à travers les mailles du tissu cellulaire.
L'emphysème palpébral n'est point doulovreKX ; 'mais il peut être accompagné d'ecchymoses et d'esquilles osseuses; alors la pression provoque de la douleur.
Le tissu cellulaire sous-conjonctival peut être quelquefois infiltré de gaz : il y a alors de larges bulles transparentes sur le globe de l'œil. Lorsque ce gaz s'introduit dans le tissu cellulaire de l'orbite, l'œil est projeté en avant.
Pronostic. — L'emphysème palpébral ne présente aucune gravité, et presque toujours la guérison s'obtient très-facilement. L'emphysème du tissu orbitaire constitue, au contraire, une complication qui rend la guérison plus lente et plus difficile.
Traitement.— Unc compression méthodique sur la paupière et sur son angle interne suffit le plus souvent pour obtenir la résolution.
On prescrira en même temps au malade de s'abstenir de faire de trop fortes mspirations et d'éviter l'éternument pendant le temps que durera le traitement.
Des compresses trempées dans des collyres astringents et le badigeonnage avec le collodion élastique peuvent être avantageusement emplovés.
(1) Compendmm de chirurgie, t. III, p. loo.
PAUPIÈRES ET SOURCILS
On n'aura recoins anx incisions dans la région palpébralc que si la peau est trop fortement distendue et si le gonflement ne cède à aucun des moyens ci-dessus mentionnés.
Bibliographie. — Morgan, the Lancet, vol. X, p. 318. London, 1826— Jahn, Journal de l expérience, 18/i2, p. lOG. — Ménière, Archives générales de médecine, t. XIX, p. '.ihU. Pans, 18^9. — Yoy. Mackenzie, Fano, Desmarres, etc. — Dupuytren, Leçons orales, t. I, p. 128. Paris, 1832,— Baudens, Clinique des plaies d'armes à feu, p. 162. l'aris, 1836.
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