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CHAPITRE m

TUMEURS DE LA CONJONCTIVE

Les tumeurs de la conjonctive sont relativement très-rares, surtout celles qui ont leur origine dans la muqueuse oculaire. Nous pourrons les diviser en tumeurs solides, bénignes ou malignes, et en kystes.

Les tumeurs solides bénignes sont : les pinguécula, les lipomes, les dermoïdes, les polypes, les végétations charnues. D'autres sont malignes, telles que l'épilhélioma et le cancer.

Les kystes de la conjonctive sont les vésicules ou kystes iransparent-s, les kystes sébacés, les lithiases et les hydatidcs»

ARTICLE PREiMIElL

PINGUÉCULA.

On désigne sous le nom de pinguécula une petite tumeur d'un blanc jaunâtre, située dans le diamètre transversal de l'œil, soit du côté interne, soit du côté externe delà cornée, à 1} ou U millimètres de celte tunique.

C'est une sorte de petit lobule graisseux, aplati, peu saillant, mais dont le volume varie entre celui d'un grain de chènevis et d'une tôle d'épingle. Jaunâtre ou blanchâtre, il est ,lrès-inlimement attaché à la sclérotique, et sillonné

(1) Szokalski, Archiv f. PhysioL Heilkunde, 1845, 2^ partie.

IhO TUMliUUS Dli L\ CONJONCTlVi:.

do quelques vaisseaux qui viennent de la caroncule. Pourvu que le nombre ces vaisseaux soil un peu grand, la petite tumeur, ainsi vascularisée, peut ressembler d'une manière frappante à un plérygion, d'où le nom ào ptcrijçjiuni pinfjw (pi'ou lui donnait autrefois.

La pinguécula ne constitue point de maladie et n'amène aucune gêne pour les malades, ftlais si l'œil est un peu rouge et irrité, la pinguécula devient plus apparent et eiïraye les malades, qui croient avoir à faire à une tumeur grave. J'ai éh' fréquemment consulté par des personnes qui n'avaient aucune affection, mais auxquels ces petites tumeurs causaient de riiiquiétudc.

La pinguécula est souvent confondue avec un ptérygion ou une plilyclène. L'examen attentif de la conjonctive, à son voisinage, et la durée relativement ancienne de cette grosseur, facilite le diagnostic.

La pinguécula peut être enllamméc et hypertrophiée. Elle augmente alors trèsnotablement de volume, devient rouge, boursouflée, gêne le malade et amène uik; conjonctivite. Cet éiat peut durer longlenjps et nécessite quel([uefois son extirpation.

Anatomic pathologique, — Sou aspect jaunâtre lui a valu le nom de tumeur graisseuse, dans la pensée où l'on était qu'elle était constituée parla graisse. i\Liis l'analyse faite par Weller, et les recherches microscopiques de Ch. Robin ont démontré que cette soite de tumeur est une hypertrophie du tissu conjonctif condensé et de l'épithélium pavimenteux, dont les cellules sont à la surface plus grosses qu'ailleurs.

Traitement. — D'ordinaire aucun traitement n'est nécessaire contre cetl maladie. Pourtant, dans des cas exceptionnels, la pinguécula devient tellement volu mineuse et enflammée qu'on doit l'extirper. Ch. Magne a pratiqué une extirpaiioii de ce genre, et moi-môme, j'ai dû dans un cas, procéder à son extirpation totale.

Bibliographie. — Robin in Desmarres, Traité des maladies des t/eiix, t. II, p. 233. Weller, Krankheiten des menscidichen Anges, p. 196. — Magne, Ablation d'une pinguécu très-volumineuse, examen micrugraphique et chimique de la tumeur {Union médicale). Annales d'oculist., d853, t. XXIX, p. 218. — Beer, vol. II, pl. IV, fig. 6. — Siebel, Icon ophlhalmologique. Paris, 1852-1859, pl. XXVIII, fig. 2.

ARTICLE XL

LIPOMES UE LA CONJONCTIVli;.

Les tumeurs graisseuses de la conjonctive ne sont pas fréquentes; on les ren-contre surtout dans sa portion bulbaire. Tantôt elles sont situées dans le voisinag de la cornée, près de son bord externe ou interne ; tantôt, au contraire, elles s ■ trouvent cachées dans l'angle externe de l'œil, au voisinage de la glande lacrymale.

En général ces tumeurs sont assez mobiles et peu adhérentes à la sclérotique; elles sont lisses, unies, à demi transparentes et blanchâtres, sans aucun mélange de couleur jaune, sinmiant beaucoup les kystes.

Situés près de la cornée, les lipomes n'occasionnent point de souffrance aux nialades; mais lorsqu'ils sont dans l'angle externe, qu'ils acquièrent (|uelque dévcl loppement, ils gênent les mouvements de l'œil, sorlènt de l'angle et a|)|)araissciil

sur le globe comme un voile blanchâtre.

POLYPES, VÉGÉTATIONS CHARNUES DE lA CONJONCTIVE. 241

Uti lipome de ce genre s'est présenté en 1868 à ma clinique : la tumeur ressorit (le l'angle externe sous la forme cFune troisième paupière ; elle était blanche, )aisse et h bord bien arrondi ; je l'ai extirpée jusqu'à la région de la glande lacryale, et la malade a guéri. L'examen microscopique de la tumeur, fait par Cornd, •montra qu'elle était de nature graisseuse. Graefe a extirpé aussi, avec un succès implet, une tumeur lipomateuse tout h fait semblable à celle que nous décrivons.

Il n'est pas nécessaire, dans l'extirpation d'un lipome, de conserver la conjonctive li l'enveloppe. Ce n'est que dans les lipomes Ircs-larges occupant l'angle externe

l'œil qu'il est préférable de faire la dissection préalable de la conjonctive, et

appliquer, après l'exlirpation de la tumeur, une ou deux sutures.

Bibliographie. — Kanka, Tumeur lipomateuse de la conjonctive oculaire [Zeitsckrift r Nafur und Heilk. in Unrjarn, 1853, n" h; Prag. Vierfe/j., 1853, t. IV, et Annales oculist,, 185.'), t. XXXI, p. 105). — Graefe, Archiv f. Ophthahnologie, t. VII, Ablh. II,

6, — Alessi, Lipome sur riiémisphère antérieur de l'œil (Annales d'oculist,^ 1862, ■XLVH, p. 41).

ARTICLE IIL

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