MODE D’EXPLORATION DO CRISTALLIN
A. Exploration a l’oeil nu. — A l’état normal, le cristallin reste complètement limpide, transparent, et n’est visible ni à l’œil nu ni au moyen de l’éclairage artificiel. Avec l’âge pourtant, il prend une coloration légèrement jaunâtre,
(1) Ch. Robin, Notes sur la structure du cristallin ( Traité des maladies des yeux , de Desmarres, 2e édit., t. I, p. 35). — Ch. Robin, Mémoires contenant la description anatomopathologique des cataractes capsulaires et lenticulaires ( Mémoires de l’ Acad, de méd. Paris, 1859, tome XXIII, p. 205).
(2) Galezowski, Du diagnostic des maladies des yeux par la chromatoscopie rétinienne.
Paris, 1868, p. 7. #
.-*) A, B, C, études du développement. — 1, feuillet épidermique; 2, épaississement de ce feuillet; 3, fossette cristalline » vésicule oculaire primitive dont la partie antérieure est déprimée par le cristallin; 5, partie posture de la vésicule oculaire primitive et feuillet externe de la vésicule secondaire ; 6, endroit où le cristallin du feuillet épidermique ; 7, cavité de fa vésicule oculaire secondaire occupée par le corps vitré*
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ce qui fait qu’on aperçoit dans ces cas, derrière la pupillè, un reflet particulier qa} peut très-facilement simuler une cataracte ou une teinte glaucomateuse de l’œil.
Pour s’assurer s’il existe réellement une opacité quelconque dans le cristallin on place le malade tout près d’une fenêtre et, pendant cju’on abaisse et qu’on relève successivement ses paupières avec les doigts, on le fait regarder au loin et un peu de côté. Dans ces conditions, les pupilles s’élargissent et permettent au chirurgien de mieux explorer les parties qui se trouvent en arrière de l’iris. On voit alors un reflet profond légèrement grisâtre, mal défini et qui se déplace avec les mouvements de l’œil. C’est un reflet physiologique, bien différent du reflet net et tranché que donnent les opacités du cristallin.
Les opacités capsulaires, de même que les cataractes corticales antérieures, peuvent être reconnues à l’œil nu, lorsqu’elles arrivent dans le champ pupillaire.
Les unes et les autres se présentent comme des taches blanches; mais, tandis que les cataractes capsulaires apparaissent comme des points d’un blanc luisant, ordinairement rondes ou irrégulières, les opacités corticales affectent toujours des formes géométriques telles que des lignes, des triangles, etc.
Parmi les cataractes complètes, on reconnaîtra les dures de celles qui sont molles par les caractères suivants : les premières présentent au centre des couches corticales un noyau jaunâtre, tandis que les secondes sont d’un blanc laiteux et ont ' presque partout une teinte uniforme, sans ou avec des stries.
B. Exploration a l’éclairage oblique. — En projetant le sommet du cône lumineux de la lampe, au moyen d’une lentille biconvexe 2 1/4, comme nous Pavons indiqué plus haut (1), on apercevra les plus légères altérations de la surface du cristallin ainsi que celles qui peuvent exister dans les couches antérieures.
On sait qu’à l’état physiologique, la capsule et la lentille ont une teinte bleuâtre.
Au milieu de cette teinte bleuâtre les moindres opacités se dessineront comme des taches blanchâtres ou brunâtres.' En effet, les plus petits dépôts pigmentaires provenant d’une iritis seront aperçus sous forme d’un cercle ou de points bruns isolés. Les opacités de la capsule et du cristallin seront blanches. Avec la dilatation de la pupille, on verra facilement les opacités situés à la périphérie de la lentille.
C. Exploration a l’aide de l’ophthalmoscope. — L’examen du cristallin
à l’aide de l’éclairage ophthalmoscopique donne les résultats les plus satisfaisants . et les plus complets. On se sert à cet effet du miroir concave de l’ophthalmoscope, au moyen duquel on projette sur l’œil la lumière réfléchie de la lampe. En le plaçant devant son œil et appuyant légèrement contre la racine du nez et le bord orbitaire, le chirurgien examine la pupille à travers le trou central du miroir. La pupille éclairée au moyen de la lumière de la lampe réfléchie apparaît rouge écarlate (telle que la représente la figure 6, pl. I, de notre Atlas ophthalmoscopique)-, cette colo- ‘ ration sera d’autant plus apparente, que la pupille est plus large et que les milieux • réfringents conserveront une transparence plus parfaite. Elle dépend de la lu- [ mière projetée dans le fond de l’œil et réfléchie ensuite par la choroïde.
Les opacités peuvent occuper des éléments très-variés ; tantôt ce sont des stries et des points opaques dans les . douches antérieures ; tantôt le trouble siège dans le noyau, les couches corticales postérieures ou à la périphérie.
(1) Voyez : Cornée, p. 251.