‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 109 sur 245 · MODE D’EXPLORATION DO CRISTALLIN · texte numérisé non relu

MODE D’EXPLORATION DO CRISTALLIN

Rien n’est plus facile que d’apercevoir les cataractes commençantes, lorsqu’elles gagnent le centre de la pupille. Elles se présentent alors comme des taches on des stries noires au milieu du fond rouge. II n’en est pas de même quand il s’agit des opacités corticales périphériques, situées vers le grand cercle du cristallin. Cachées par l’iris, elles peuvent très-souvent échapper à l’examen le plus minutieux, surtout si la pupille est très-resserrée.

Pour obvier à cette difficulté, on doit projeter la lumière de manière qu’elle aille éclairer les parties les plus périphériques du cristallin situées immédiatement . derrière l’iris. A cet effet, on recommande aux malades de porter successivement regard en haut et en bas, à droite et à gauche, et pendant ce temps, le chirurgien doit projeter la lumière du réflecteur de bas en haut, ou bien de droite à gauche, et ainsi de suite.

Les opacités de la périphérie du cristallin ont ordinairement la forme de lignes disposées en rayons, de stries, ou de triangles.

Dans l’étal physiologique, on n’aperçoit pas ordinairement le bord du cristallin ; quelquefois pourtant il apparaît sous la forme d’un anneau très-peu étendu, grisâtre ou noir, et à contours mal définis ; dans d’autres cas, il se présente sous forme d’un anneau muni de petits prolongements qui ne sont dus, d’après Mauthner(l), qu’au plissement de la zonule de Zinn. Ce bord opaque du cristallin se voit distinctement quand la pupille est dilatée par l’atropine, ou lorsqu'on a fait une excision de l’iris. Le cristallin luxé offre le même rebord opaque.

Pour le diagnostic des cataractes commençantes, il importe de savoir si les opacités que l’on constate avec l’ophthalmoscope sont situées dans le cristallin, la cornée ou le corps vitré. Rien n’est plus facile que de s’assurer de l’état de la cornée au moyen de l’éclairage oblique. Quant aux opacités du corps vitré, elles ne sont pas fixes, et se déplacent dans tous les sens ; leurs rapports avec le bord pupillaire varient â chaque mouvement de l’œil ; tantôt elles apparaissent au centre de la pupille, tantôt elles ne peuvent être retrouvées.

Après avoir constaté la présence d’opacités dans le cristallin, on doit chercher à préciser le siège qu’elles occupent, c’est-à-dire si elles se trouvent dans le segment antérieur ou postérieur de la lentille. Ce résultat peut être obtenu au moyen d’un procédé ingénieux, mis en pratique par Desmarres père et qui a été trèsbien décrit par de la Galle (2). On éclaire la pupille avec un miroir et l’on fixe l’opacité cristallinienne, puis on observe attentivement la direction que va prendre l’opacité pendant que l’œil du malade exécutera les mouvements en bas ou en haut, en dehors ou en dedans. Si l’opacité du cristallin suit les mouvements de l’œil, elle est incontestablement dans le segment antérieur ; au contraire, 'elle se déplacera dans la direction diamétralement opposée à celle qu’exécute l’œil, lorsqu’elle siège dans le segment postérieur de cet organe.

L’examen ophthalmoscopique permettra aussi de reconnaître avec la plus grande facilité les déplacements ou les luxations du cristallin. On verra dans ces cas son bord arrondi et grisâtre se placer, soit vers le milieu de la pupille, soit vers un de ses côtés.

D. Méthode de Sanson et Laugier. — La formation dans l’œil sain de trois images d’une bougie allumée a suggéré à Sanson l’idée de se servir de ce moyen

(1) Mauthner, Lehrbuch der Ophthalmoscopie. Wien, 1868, p. 150.

(2) Delà Calle, De rophtkalmoscope, thèse de Paris, 1856, p. 38.

MALADIES DU CRISTALLIN

pour reconnaître les cataractes complètes ou en voie de formation. Plus tard Laugier a étudié cette question d’une manière toute spéciale, et il est arrivé à des conclusions très-importantes au point de vue de l’application de ces expériences pour l’examen des cataractes. Le premier, il avait établi que, si l’image renversée disparait pendant que les deux autres existent, il y a opacité des parties profondes et centrales du cristallin avec conservation de la transparence dans ses couches antérieures.

Depuis les recherches ophthalmoscopiques, cet examen a perdu beaucoup de son importance pratique ; mais il aura sa valeur incontestable lorsqu’on voudra examiner la réfraction de la lumière dans les différentes couches du cristallin devenues opaques en partie ou en totalité, ou quand on voudra s’assurer de la présence ou de l’absence du cristallin.

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