‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 128 sur 245 · MODE D’EXPLORATION DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

MODE D’EXPLORATION DU CORPS VITRÉ

L’examen du corps vitré ne peut se faire sans le secours de l’ophthalmoscope, et quoique, dans certaines altérations occupant l’intérieur du globe, on puisse apercevoir à l’œil nu la pupille miroiter, on ne peut rien conclure de ce reflet vague et incertain.

L’exploration de l’humeur vitrée peut être faite par trois procédés différents :

1. Par l’éclairage direct, on s’assure si le corps vitré reste complètement transparent, ou s’il contient des flocons flottants, qui se présentent comme des taches ou des filaments noirs au devant du fond rouge.

Après avoir soulevé la paupière supérieure avec le pouce de la main gauche, on projette avec le miroir concave, que l’on tient devant son œil, la lumière dans la pupille, et l’on fait regarder le malade en haut, en bas, à droite et à gauche. Dans ces mouvements, les opacités du corps vitré, nageant dans cette humeur ramollie, se déplacent avec une extrême rapidité, et on les aperçoit facilement.

Pour obtenir de cet examen un résultat satisfaisant, il faut que le corps vitré soit exploré méthodiquement dans toutes ses régions, ce qui ne peut avoir lieu que lorsqu’on arrive à concentrer le foyer lumineux dans les diverses couches de cet organe. On se rapproche donc de l’œil du malade avec le miroir, successivement à 10, 15, 25 et S0 centimètres, et pendant qu’on y projette la lumière on fait exécuter à l’œil les mouvements dans divers sens. De cette façon, la moindre opacité pourra être dévoilée.

2. On examine avec avantage le corps vitré à l’image renversée. A cet effet, on place la lentille convexe 2 1/4 de foyer à une distance un peu plus grande que celle qui est exigée dans l’exploration de la rétine, et on l’éloigne ensuite peu à peu de l’œil, jusqu’à ce qu’on aperçoive l’image renversée du champ pupillaire et de l’iris. Il arrive quelquefois que lorsqu’on examine la papille, on voit se promener devant elle un flocon ; il suffira dans ce cas de s’éloigner de l’œil avec la lentille pour qu’on distingue ce même flocon très-nettement,.

S. Les opacités très-fines, filiformes ou pointillées qui existent souvent dans le segment antérieur du corps vitré, peuvent être examinées de tout près au moyen d’un réflecteur muni d’une lentille très-forte, n° 3 ou 5, convexe placée derrière l’ouverture centrale.

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