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ATROPHIE DE LA PAPILLE DU NERF OPTIQUE

L’atrophie de la papille est un état dans lequel l’extrémité intra-oculaire du nerf optique se transforme lentement et progressivement en un disque blanc nacré ou blanc grisâtre. La nutrition capillaire du nerf optique a complètement cessé, et avec elle disparaît la teinte rosée caractéristique qui dénote la vie de la substance nerveuse.

nerf optique.

Avec l’oblitération des vaisseaux capillaires dans le nerf, les fonctions de ce dernier ne peuvent plus s’accomplir; les fibres nerveuses, se transformant en tissu "raisseux ou cellulaire, ne peuvent plus transporteries impressions lumineuses au sensorium commune; la vue s’affaiblit de plus en plus, et bientôt une cécité complète se déclare. C’est l’ amaurose cérébrale ou la goutte sereine des anciens, schwarze Staar des Allemands, cécité nerveuse ou anesthésie optique de fiomberg.

L’atrophie de la papille peut être de forme et de nature très-variées. Tantôt cette affection est progressive et reconnaît pour cause une affection du cerveau ou de la moelle épinière ; dans d’autres cas, elle est consécutive aux affections oculaires ou aux maladies des vaisseaux.

Nous reconnaissons quatre variétés différentes : 1° atrophie de la papille progressive cérébrale ou spinale 5 2° atrophie par altération des vaisseaux; 3° atrophie consécutive à la névrite optique, et 4° atrophie consécutive à une rétinite pigmentaire congénitale ou acquise.

A. ATROPHIE PROGRESSIVE DE LA PAPILLE. — Symptomatologie. — Signes ophthalmoscopiques. — La papille présente des changements très-marqués que nous étudierons successivement :

1. Coloration. — Un des changements les plus caractéristiques que subit la papille atrophiée consiste dans la coloration blanche, nacrée, crayeuse, réfléchissant fortement la lumière. Quaùd l’atrophie est complète, cette coloration blanche est uniforme, quelquefois tirant sur le bleu ou le gris. Le réseau de la lame criblée qui, à l’état normal, se voit ordinairement au centre de la papille, disparaît totalement.

Si l’on observe l’atrophie à son origine, alors qu’une moitié seulement de la papille est atteinte, on remarque un contraste frappant entre la couleur de la partie atrophiée, blanche, et la partie encore saine, rosée et vasculaire.

2. Contours. — Les contours de la papille atrophiée se montrent fortement tranchés sur le fond rouge de l’œil; ses limites sont nettement accusées, et ses bords se détachent franchement : on ne remarque pas à sa circonférence ces demi-tons blancs rougeâtres que l’on constat^ dans l’état normal. Quelquefois on observe, près du bord externe (image droite), un second contour formant une zone semi-circulaire, qui dépend de la limite choroïdienne du trou à travers lequel passe le nerf optique. Le contour peut devenir un peu plus distinct et s’étendre davantage, mais ce n’est pas un fait constant. On le rencontre le plus souvent chez les sujets âgés, où la choroïde, en s’atrophiant, laisse entrevoir une plus grande surface de la sclérotique.

3. Forme. — Elle n’accuse aucun changement pathologique; elle s’atrophie en conservant en générai sa configuration normale. Ainsi, dans la majorité des cas, elle est ovale comme la papille physiologique, le grand diamètre se trouvant disposé verticalement. Si elle était ronde avant la maladie, effe conservera cette même configuration dans une atrophie. Souvent on remarque sur la circonférence de la papille atrophiée des échancrures à bords bien tranchés attribués par quelques observateurs à l’affection atrophique du nerf. Nous sommes d’un avis contraire et nous pouvons affirmer que les échancrures, lorsqu’on les rencontre dans une papille atrophiée, existaient à coup sûr avant la maladie et constituaient

ATROPHIE L'E EA PAPILLE DU NERF OPTIQUE, une sorte d’anomalie. Noos avons eu l’occasion d’observer les yeux d’un malade atteint d’atrophie de la papille de l’œil droit ; dans l’espace de deux semaines, la papille gauche, qui était saine auparavant et présentait une échancrure bien marquée à sa circonférence, s’est aussi atrophiée en conservant la même forme échancrée.

4. Grandeur. — Nous avons indiqué à l’aide de quels moyens il est possible de déterminer la grandeur de la papille.

Les dimensions d’une pupille atrophiée sont les mêmes qu’à l’état normal ; ou, s’il y a quelque différence, elle est si peu marquée qu’il n’y a pas besoin de s’en occuper. On comprend facilement que le trou sclérotical ne pouvant pas se réduire, il faut que les fibres nerveuses saines, ou modifiées par une dégénérescence quelconque, le remplissent complètement. Elle paraît quelquefois plus petite à l’ophthalmoscope, mais cela tient à une contraction morbide du muscle accommodateur rendant au cristallin une forme plus bombée.

5. Vaisseaux de la papille. — L’état du système vasculaire de la papille peut aider considérablement au diagnostic de la maladie qui nous occupe. Si elle existe, il y a une atrophie et disparition de tous les capillaires, notamment de tous ceux qui établissent une communication intime entre le système circulatoire du cerveau et de la rétine.. C’est ce réseau fin et capillaire qui donne une teinte rosée à la papille, et sa disparition coïncide avec la coloration blanc nacré du nerf optique. L’artère et la veine centrales, au contraire, conservent très-souvent le même volume et la même direction qu’à l’état normal; quant aux branches latérales de la papille elles sont en grande partie atrophiées.

Il n’est donc pas nécessaire de chercher l’explication de l’atrophie progressive dans la diminution des vaisseaux centraux qui restent, quoi qu’on en ait dit, trèssouvent et pendant longtemps intacts. L’absence des vaisseaux capillaires indique seule, d’une manière certaine, l’existence de l’atrophie.

6. Sous l’influence de ces altérations, le nerf optique devient opaque et, par suite de la sclérose de ses tissus, sa transparence physiologique disparaît. Les vaisseaux ne peuvent plus être aperçus dans leur trajet intra-nerveux, et la surface de la papille seule réfléchit fortement la lumière.

7. Cette forme d’atrophie de la papille est consécutive à une affection cérébrale ou spinale, c’est pourquoi elle existe ordinairement dans les deux yeux. Toutefois, on la voit se limiter pendant plusieurs années à un seul œil, et ne se communiquer que très-tardivement à l’autre.

La papille du nerf optique est la seule partie du fond de l’œil qui présente des désordres appréciables; la rétine, au contraire, semble conserver son aspect physiologique, et reste complètement transparente.

8. La pupille présente des changements très-variés; le plus souvent elle est peu mobile et irrégulière ; et, Comme les deux yeux ne sont pas souvent affectés au même degré, il s’ensuit qu’une des pupilles est souvent plus large que l’autre. Sa dilatation exagérée, raydriasique, est rare, tandis qu’on voit souvent un myosis très-prononcé, surtout si l’atrophie progressive est consécutive à une ataxie locomotrice.

Symptômes fonctionnels. — 1. Le début de l’affection est ordinairement lent, et le malade s’aperçoit que sa vue s’affaiblit petit à petit, progressivement, pendant des mois et des années.

NERF OPTIQUE

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