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2. Le malade cesse d’abord de distinguer les caractères fins de l’échelle typographique; plus tard il éprouve de la difficulté à lire les grosses lettres; ensuite il perd la faculté de se conduire; enfin, toute perception lumineuse disparaît. Ces symptômes sont presque constants dans une atrophie progressive de la papille, et il est excessivement rare que l’acuité visuelle normale se conserve longtemps.
3. Dans la majorité des cas, le champ visuel périphérique n’est point diminué au début; mais avec le progrès de la maladie il se rétrécit concentriquement ou dans un sens plus particulièrement
Nous avo'ns observé une fois l’atrophie de la papille très-avancée, avec diininntion du champ visuel périphérique, malgré que le malade pouvait lire pendant plusieurs mois les caractères les plus fins. Cette atrophie était de nature syphilitique.
L’hémiopie latérale, homonyme ou croisée, lorsqu’elle existe dans cette maladie, est rarement très -accentuée, et il est plus fréquent de l’observer avec un rétrécissement simultané du champ visuel dans tons les sens.
A. Tous les malades atteints d’atrophie de la papille, soit commençante, soit avancée, accusent, avec l’affaiblissement de l’acuité visuelle, la . perversion des 'facultés chromatiques de l’oeil. Nous avons démontré, en effet, qu’une forme pari ticulière de dysçhrqmatopsie est propre aux atrophies de— La, papille, d’origine .^cérébrale. Ainsi, dès le début, les malades ne reconnaissent plus les teintes secondaires des couleurs, nos 5 et 1 de mon échelle. D’autres perdent, au commencement même, la faculté de distinguer les couleurs verte et rouge-carmin,
La couleur jaune est celle qui se conserve, chez ces malades, tant qu’il reste la moindre perception lumineuse. La couleur bleue se conserve aussi pendant trèslongtemps.
Les faits de cécité des couleurs ont été indiqués en premier lieu par moi (1) dans des cas isolés et ensuite par Benedict (2). Plus tard j’ai démontré combien ce phénomène était constant, et qu’il pourrait être pris comme un signe caractéristique de l’atrophie de la papille au début, au moment où les signes ophthalmoscopiques ne permettent encore de rien préciser.
Les recherches de Leber, de Bénédict, de Szelske et d’autres auteurs, m’ont complètement donné raison à cet égard. Nous pensons qu’il y a un avantage réel pour le diagnostic d’atrophie de la papille d’examiner les malades au moyen de l’échelle des couleurs.
5. Parmi les symptômes physiologiques de l’atrophie de la papille, nous devons signaler les diverses impressions fausses qu’éprouvent les malades. Ce sont des photopsies ou sensations lumineuses en forme d’éclairs, d’étincelles, d’étoiles brillantes, quelquefois un scintillement pareil à celui que produisent des flocons de neige ou des paillettes d’or ; souvent même ce sont des feux de différentes couleurs comparables à des feux d’artifice ; des chrupsies qui font voir les objets entourés d’auréoles colorées de diverses façons. Un de mes malades se plaignait des lumières excessivement vives, blanches, bleues et rouges, qui lui apparaissaient soudaine-
(1) Galezowski, Ann. d’ocul t. XLIXp 94, 1868 ; et Du diagnostic des maladies des yeux par la chromatoscopie retimenne, 1868, p. 210.
(2) Benedict, Archiv f. Ophthalm:, Bd. X, Abth. 2, S. 185, 1864.