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ALTÉRATIONS DE LA RÉTINE DANS LA POLYURIE, ETC

bation du système nerveux, qui retentit sur les fonctions digestives et sur la sécrétion hépatique, il n’y a aucun doute que l’observation d’un régime particulier et l’usage de quelques moyens thérapeutiques puissent contribuer au rétablissement de la santé générale et à l’amélioration de la vue.

L’alimentation aussi azotée que possible doit être recommandée de préférence. Mais si le régime animalisé est de tous le plus profitable, il faut pourtant y associer quelques légumes et, d’après l’avis de Bouchardat, ceux qui contiennent une proportion considérable de chlorophylle, tels que les épinards, l’oseille, les choux, le cresson, etc.

L’usage des féculents doit être complètement défendu, ou au moins diminué dans une grande proportion, et c’est dans ce même but qu’on doit interdire le pain de romentou de seigle, et le remplacer par le pain de gluten.

Parmi les moyens pharmaceutiques, les alcalins agissent d’une manière trèsefficace, et c’èst dans ce but que nous recommandons l’usage des eaux de Vichy ou de Vais. Bouchardat a mis en usage les préparations arsenicales, qui, en agissant sur le système du grand sympathique, peuvent activer avec avantage la circulation et modifier la nutrition générale de l’organisme.

A ces moyens nous devons ajouter l’influence incontestable de l'hydrothérapie et de l’exercice méthodique et modéré.

Quant au traitement local, il est de peu d’efficacité, et nous n’y avons point recours.

Bibliographie. — Desmarres, Amblyopie causée par la glycosurie (Traité des maladies des yeux, t. III, p. 521, 1858). — Lecorché, Gazette hebdomadaire, 1861, p. 720. — Galezowski, Rétinite glycosurique ( Compte rendu du Congrès d’ophthalmologie de Paris, 1862, p. 110), et Diagnostic des maladies des yeux par la chromatoscopie rétinienne, 1868, p-. 182. — Edouard von Jaeger, Entzündung der Netzhaut bei Diabeles Mellitus (Ophthalmoskopischer Hand-Atlas, Wien, 1869, p. 99). — Ossowidzki, Ueber die bei der Zuckerharnrulir vorkommenden Augenkrankheiten (inaugural Dissert., Berlin, i869). — Noyés, Retinitis in Glycosuria ( Transactions of the American ophthalmologica'l Society, New- York, 1869, p. 71).

ARTICLE V

ALTÉRATIONS DE LA RÉTINE DANS LA POLYURIE, L’ HÉMOPHYLIE, LA LEUKÉMIE, L’ANÉMIE AIGUE.

A. Polyurie. — Sous le nom de polyurie ou de diabète insipide, on désigne un état morbide caractérisé par une émission exagérée et non passagère d’urines d’un poids spécifique faible, sans sucre ni albumine.

Il résulte des recherches du professeur Sée (1) que la polyurie simple peut durer longtemps sans porter le moindre trouble dans la santé. Et, en effet, si les taches de scorbut ou de purpura ont été signalées à la surface de la peau, elles sont en général, d’après Lancereaux (2), très-rares et peu nombreuses.

La vue, chez ces malades, est généralement intacte, quoique, chez quelques-

(!) Sée, Leçons de pathologie expérimentale, p. 89. Paris, 1866.

(2) Lancereaux, De la polyurie, thèse de concours pour l’agrégation, 1869.

g02 RÉTINE.

uns d’entre eux, nous ayons pu découvrir la présence de taches hémorrhagiques disséminées sur la périphérie de la rétine. Ces taches étaient très-petites, arrondies, grosses comme une tête d’épingle, et ne gênaient en aucune façon la vision.

Jusqu’à présent je n’ai observé que deux faits de ce genre : un dans le service du docteur Hérard, à l’Hôtel-Dieu, en mk, et l’autre sur un malade du professeur Lasègue, en 1869, à l’hôpital Necker. A l’examen ophthalmoscopique, on trouvait dans chaque œil de trois à huit taches hémorrhagiques régulièrement arrondies. A part ces hémorrhagies, il n’y avait point d’altéi’mion ni dans la papille, ni dans aucune membrane de l’œil. On trouvera, dans notre Atlas ophthalmoscopique , une figure reproduisant cette forme d’altération.

B. Hémophilie ou pübpüra hæmorrhagica. — Elle peut amener des hémorrhagies dans les deux rétines à la fois. Cette même affection frappe souvent le cerveau et les nerfs optiques. C’est ainsique nous avons observé, en 1862, dans le service du professeur Trousseau, à l’Hôtei-Dieu, un malade qui était atteint d'hémophilie très-grave suivie -de per-te de connaissance, de coma et d’autres symptômes graves cérébraux, dont il succomba. L’examen ophthalmoscopique, fait en présence du docteur Dumontpallier, nous révéla de larges taches rouges apoplectiques dans plusieurs endroits des deux rétines.

Un autre fait non moins intéressant se préseuta à notre observation en 1870, sur un malade du service du professeur Ambroise Tardieu, à l’Hôtel-Dieu. Agé de cinquante ans, il était arrivé, par des excès alcooliques, à une émaciation extrême. Des taches hémorrhagiques, taches de purpura, s’observaient surtout le corps, et l’examen ophthalmoscopique, fait en présence du docteur Havem et de l’interne de service Rue, nous permit de constater de larges plaques ecchymotiques qui recouvraient presque tout le champ rétinien, et envahissaient h mûcullx dans l’œil droit. Les détails de cette observation ont été rapportés par le docteur Rue (1).

C. Anémié aigue. — Le professeur Béhier a attiré l’attention des praticiens sur une maladie particulière, qu’il appelle anémie aiguë , qui a, selon lui, une grande analogie avec V anémie du cheval. Chez ces malades, l’émaciation arrive à un degré extrême, la diarrhée persistante paraît en être la cause; et sous l’influence d’une hydrémie et d'une fluidilication extrême du sang, le corps tout entier est œdématié, et la rétine se recouvre de taches ecchymotiques très-nombreuses, larges, situées sur le trajet des veines. Un cas analogue se présente à notre observation en 1870, dans son service à l’Hôtel-Dieu, et l’examen ophthalmoscopique, fait en présence du professeur, nous a permis de constater des hémorrhagies dans les deux yeux; les deux papilles étaient infiltrées d’une exsudation séreuse, et dans différents endroits on constatait des taches exsudatives blanchâtres.

Cette forme d altération rétinienne ressemble, sous tous les points, à celles que nous avons observées et décrites dans l’hémophilie.

D. Le urémie ou leücocythémie. — Cette affection est, comme on sait, caractérisée par une augmentation considérable de la quantité des globules blancs dans le sang. Chez quelques-uns de ces malades, Liebreich a constaté une forme

(1) Rue, Union médicale, 1870.

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