BLESSURES ET BRULURES DU SOURCIL ET DES PAUPIÈRES
Les blessures de la région orbitaire, superficielles ou profondes, ont une importance plus grande, que celles qui sont situées dans d’autres parties de la face, à cause du voisinage des organes et des nerfs qu’elles peuvent intéresser. En effet, lorsqu’elles ne guérissent pas par première intention et qu’elles entraînent une suppuration abondante et une rétraction cicatricielle, elles offrent une certaine gravité, et donnent naissance, soit à l’ectropion, soit au ptosis, etc. Lorsque, à la suite de la blessure ou de la contusion, uné altération se déclare simultanément et par contre-coup dans l’intérieur de l’œil, les suites sont très- sérieuses, et il peut survenir consécutivement un affaiblissement ou une perte de la vue de l’œil correspondant.
C’est sous ces trois points de vue qu’il faut envisager les blessures et les plaies des paupières et du sourcil, et ne formuler le pronostic qu’aprèsun examen attentif de toutes les parties externes et internes de l’œil.
Nous pouvons, à cet égard, donner les indications suivantes :
1. Les blessures, les coups et les chutes sur la région orbitaire sont très-facilement suivis d’une extravasation du sang dans le tissu cellulaire sous-endermique. Ces ecchymoses ne sont pas graves, leur absorption demande de deux à trois semaines. Mais elles sont quelquefois consécutives aux fractures de l’orbite ou du crâne; dans ce cas, le pronostic devient plus sérieux.
Les ecchymoses se produisent à la suite d’applications des sangsues et des opérations pratiquées sur l’œil.
2. Les plaies et les blessures de la région sourcilière ne sont graves que lorsqu’elles ont porté sur le nerf sus-orbitaire. Consécutivement à cette lésion, il se manifeste souvent des douleurs névralgiques très-violentes, des altérations concomitantes des membranes' internes de l’œil, et quelquefois la perte de la vue. Ainsi, Denonvilliers et Gosselin (1) rapportent un fait observé par Dupuytren, dans lequel la piqûre du nerf frontal avait amené des douleurs excessives et causé la perte de la vue du côté blessé. L’incision de la plaie et la section complète du nerf firent cesser les douleurs, mais la vue ne fut pas rétablie.
Des faits de ce genre ne sont pas rares, mais rien ne prouve que la perte de la vue soit due* à l’irritation d’une branche de la cinquième paire transmise au gan-
(1) Denonvilliers et Gosselin, Traité des maladies des yeux. Paris, 1855 p. 3.