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RÉFRACTION DE L’OEIL

Il importe maintenant d’étudier la réfraction de l’œil, et de voir en quoi elle diffère 4e celle des lentilles.

716 RÉFRACTION et accommodation.

1. Réfraction des rayons lumineux dans les différents milieux de ^

Un rayon lumineux passant de l’air dans l’œil subit dans la cornée le plus fort degré de réfraction, à cause de la différence très-grande qui existe entre la densité de ces deux milieux.

Ces mêmes rayons subissent des déviations nouvelles en passant par l’humeur j aqueuse et le cristallin. Mais les différences dans la direction des axes et la grandeur des images de toutes ces surfaces sont si minimes, qu on est convenu de ne les considérer que comme constituant un seul système optique centré ou une seule lentille.

2. Axe et centres optiques. — L’axe du système optique oculaire, appelé axe de l’œil, coïncide en avant avec le centre de la cornée, et en arrière avec le centre de la tache jaune. ÎJous appelons centre optique de l’œil, un point par lequel tous les rayons venant d’un objet quelconque passent jusque sur la rétine sans se briser.

Les points nodaux ne sont, à proprement parler, que les centres optiques de divers milieux qui composent ce système optique, et où se croisent les rayons lumineux avant d’arriver à la rétine.

3. Œil schématique de Listing. — Pour arriver à des résultats plus certains

dans la déduction des données optiques de l’œil, Listing a construit un œil schématique (fig. 331), en se basant sur les indices de réfraction des différentes surfaces sphériques de l’œil -et les valeurs de toutes les constantes optiques. 1

Fig. 331. — Œil schématique de Listing (*).

Voici les résultats obtenus par Listing, qui expriment en millimètres les diverses dimensions de son œil schématique :

(*) £”, premier foyer principal; F”, deuxième foyer principal-, h’, pr principal; k\ premier point nodal; k’\ deuxième point nodal;G”, lieu d

d ; h’’, deuxième point iœmmering (PolaiHpn>

BÊFRACtlON^DË L’OEIL.

F', premier foyer principal, est a 12mm,8326 en avant de la cornée.

F", deuxième foyer principal, est à 14mta,6470 en arrière de la surface posté¬

rieure du cristallin.

K', premier point nodal, à 0mm,7580 en avant de la surface postérieure du cristallin.

K", deuxième point nodal, à 0mm,S62ü en avant de la surface postérieure cristallin.

U. Formation des images sur Une. — Les rayons lumineux venant d’un objet quelconque, en traversant les milieux réfringents, se portent jusque sur la rétine pour y former une image.

Supposons que nous voulons construire une image sur la rétine dans le plan principal passe et le centre optique se point S envoie un faisceau lumineux SDD'. La ligue SD, parallèle à l’axe optique principal XX', traverse le foyer principal F'. Un second rayon lumineux SK, passant par le centre optique, ne se brise point et se rencontre avec le premier en S', formant ainsi l’image du point S. La même chose aura lieu avec les rayons provenant du point ils iront faire leur image en T'. Ce qui s’est produit avec les points extrêmes l’image S et T, se rapporte aussi aux points intermédiaires, de sorte que tout l’objet ST se dessinera sur la rétine de l’œil sous forme d’une image renversée T'S'.

5. Angle visuel. — On appelle angle visuel , l’angle compris entre les deux rayons qui viennent des extrémités de l’objet au point nodal ou centre optique K (fig. 332). On comprend facilement que plus l’objet est éloigné de l’œil, plus l’angle visuel qui l’embrasse est petit; d’autre part, un objet MN, plus petit que TS, mais se trouvant plus rapproché de l’œil, aura le même angle visuel que celui de l’objet plus grand, mais plus éloigné.

Fig.. 332.

L’angle visuel SKT est tout à fait égal à S'KT', et l’on peut, par des calculs, déterminer la grandeur de l’image rétinienne S'T'. C’est en se basant sur ces

RÉFRACTION ET ACCOMMODATION

calculs que Giraud-TeuloR et Snellen ont construit leurs échelles typographiques

En général, la grandeur de l’image rétinienne est en raison inverse de la disl tance de l’objet.

6. Quelle est la direction des rayons venant de l’infini dans un œil normal ?

— L’œil normal est construit de telle façon que les rayons lumineux venant de l’infini, c’est-à-dire les rayons parallèles, en traversant les milieux réfringents se rassemblent sur la couche la plus externe de la rétine. Nous savons, d’autre part, que les rayons parallèles, en passant par une lentille convexe, se réunissent dans un point qui est appelé foyer principal ; il en résulte que l’œil qui voit distinctement au loin, est construit de telle sorte que sa rétine se trouve dans le foyer principal de son appareil lenticulaire. Il ressemble donc, sous ce rapport, à la chambre obscure des cabinets de physique et à la chambre noire des photographes.

Un œil ainsi construit est appelé, d’après Donders, œil emmétrope (de modum tenens, et w^, oculus) (fig. 333, A).

Mais tous les yeux n’ont pas la même mesure exacte, et il arrive que le foyer est plus long ou plus court que le diamètre antéro-postérieur du globe; cet état est alors appelé, d’après Donders, amètropie. Tantôt, en effet, les rayons parallèles se réunissent, soit en avant, soit en arrière de la rétine. Dans le premier cas, l’eeit ayant le diamètre antéro-postérieur allongé ef la distance focale relativement trop

courte, est appelé, par i Donders brachymê-

et porte habituellement le nom d ’œîl myope. Dans le second A cas, la distance focale est trop longue par rapport au diamètre antéro-postérieur, son foyer principal se B trouve en arrière de la rétine et au delà de la mesure; c’est pourquoi l’œil est appelé hypermétrope (ùnept au delà, et perfiov, mec sure).

On pourra mieux juger de la différence qui existe entre les trois variétés de ré- Fig. 333. — Œil emmétrope, myope et hypermétrope. fraction par la figure

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