QUINZIÈME PARTIE
Anatomie. — L œil est place avec ses muscies ei uw» u«u» une cavité osseuse qui est appelée orbite. Elle a la forme d’une pyramide quadrangulaire, dans laquelle on distingue quatre parois, une base et un sommet.
\ . La base de l'orbite , appelée autrement rebord orbitaire , n’est autre que l’onverture de la cavité. En haut, elle est constituée par l’os frontal, fortement proéminen
Fie. 377. — Face antérieure de Forbite ( ).
et qui prend le nom d’arcade orbitaire (fig. 377, 6) ; en bas .et en dedans par le bord
ORBITE
«xterne de l’apophyse montante du maxillaire supérieur; en bas et en dehors, par le bord interne, et antérieur de l’os malaire. Selon le professeur Richet, le diamètre transversal prédomine constamment sur le vertical dans la proportion de 4 5. à 3 1/2. FF.,.
2. La paroi supérieure est constituée par deux os, le frontal (fig. 377, 1 ), à la partie antérieure et la petite aile du sphénoïde en arrière. Elle forme une voûte fortement excavée, surtout du côté externe, où se trouve la fossette lacrymale pour loger la glande de ce nom. A la partie antérieure de cette paroi, on trouve en dedans une échancrure (7) pour la poulie cartilagineuse du muscle grand oblique. Sur le bord orbitaire lui-même il existe une autre échancrure ou plus souvent le trou sus-orbitaire (8) pour le passage de l’artère et du nerf sus -orbitaires.
Au niveau de la suture fronto-ethmoïdale, on trouve deux trous ethmoîdaux : l’antérieur communique dans la cavité crânienne avec les gouttières ethmoïdales et donne passage à l’artère ethmoïdale antérieure et au filet ethmoïdal du rameau nasal du nerf ophthalmique de Willis. Le postérieur laisse passer l’artère ethmoïdale postérieure.
3. La paroi inférieure est plane et présente une légère inclinaison en bas et en dehors. Elle est formée par l’os malaire (17), le maxillaire supérieur (1 2) et la facette orbitaire du palatin. La gouttière sous-orbitaire la traverse d’avant en arrière, et se transforme près du bord antérieur en un canal du même nom (13).
4. La paroi interne se compose d’avant en arrière de l’apophyse montante du maxillaire supérieur (1 2), de l’os unguis, de l’os planum de l’ethmoïde et d’une petite portion du sphénoïde. Cette face est légèrement convexe et présente près du bord antérieur une forte dépression, appelée gouttière lacrymale (23), et qui se transforme en bas en canal nasal. Sur le côté, cette gouttière est limitée par deux crêtes saillantes, formées par l’apophyse montante du maxillaire supérieur et par l’os unguis.
5. La paroi externe est la plus résistante de toutes ; dans sa portion antérieure, elle est constituée par l’os malaire (17), et dans sa partie profonde postérieure par fa grande aile du sphénoïde (20). Elle répond à la fosse temporale et au sommet de la fosse zygomatique.
L’angle externe inférieur présente dans sa moitié postérieure une fente appelée sphéno-maxillaire, conduisant dans la fosse ptérygo -maxillaire. Elle se prolonge en avant jusqu’à 1 centimètre et demi du rebord orbitaire externe.
6. Le sommet de la cavité orbitaire est occupé par la fente sphénoïdale (21). Cette dernière présente sur le bord supérieur une saillie osseuse pour le tendon de Zinn, et sur le bord inférieur une autre saillie qui sert de point d’insertion au muscle droit externe.
Au-dessus et un peu en dedans de cette fente, on voit le trou optique (22) par lequel passent le nerf optique et l’artère ophthalmique.
Rapports de la cavité orbitaire avec les autres cavités. — La cavité orbitaire est séparée des cavités voisines par des lamelles osseuses qui constituent ses parois. C’est ainsi que la paroi supérieure supporte le lobe antérieur du cerveau, dont les circonvolutions se moulent sur les impressions digitales qui s’y distinguent. Cette lamelle osseuse est tellement mince, que les inflammations du périoste peuvent se transmettre aux enveloppes du cerveau. Près de l’angle interne et supérieur, •cette paroi correspond aux cellules du sinus frontal. La paroi inférieure correspond au sinus du maxillaire supérieur. Du côté externe, la paroi osseuse sépare la cavité orbitaire de la fosse temporale et, un peu en arrière, de la fosse moyenne du crâne où vient •se loger le lobe moyen du cerveau. Du côté interne, l’orbite se trouve au voisinage des cellules ethmoïdales et de la partie supérieure des fosses nasales, dont elle n’est séparée que par la paroi interne la plus mince de l’orbite.
Parties molles intra-orbitaires. — Les parties molles qui remplissent cette cavité sont: 1° le périoste orbitaire; 2° le tissu cellulo-graisseux ; 3° les vaisseaux; 4° les muscles et les nerfs
1 . Périoste orbitaire. — Le périoste orbitaire est la continuation de la duregàlezowski.
OjRBITli.
mère qui entre dans cette cavité par le trou optique et la fente sphénoïdale pour tapisser toutes ses parois. Arrivée vers la base de l’orbite, elle se divise, comme nous avons vu plus haut (1), en deux feuillets, l’un qui se prolonge sur les os du contour de l’orbite, et l’autre se porte vers le tarse et le globe de l’œil pour constituer une membrane toute particulière appelée aponévrose orbito-oculaire, et qui sépare le globe de l’œil des parties remplissant la partie postérieure de l'orbite.
2. Tissu cellulo-graisseux. — Le globe de l’œil repose en arrière sur une sorte de coussinet moelleux, qui est constitué par du tissu cellulaire jaunâtre, graisseux, trèsmou, plus ou moins abondant et qui est très-élastique. Ce tissu permet à l’œil de se laisser refouler en arrière et éviter de cette façon les contusions et les compressions auxquelles cet organe est exposé par sa position superficielle.
Le tissu cellulo-graisseux forme des mailles plus ou moins serrées (fig. 378), et constitue par cela même une masse assez résistante. Ces paquets adipeux enkystés par des parois lamineuses sont constitués par la réunion des vésicules sphéroïdales comprimées (fig. 379). Enfermé en arrière dans la cavité osseuse, il ne peut en augmentant
Fig. 378. — Tissu adipeux (*);. Fig. 379. — Cellules avec la gou'telette
graisseuse (*).
de volume que se porter en avant et refouler le globe de l’œil, comme cela a justement lieu dans les inflammations de ce tissu. La cavité postérieure de l’orbite communique avec la fosse zygomatique par l’intermédiaire de la fente sphéno-maxillaire et avec le tissu cellulaire de la paupière supérieure par l’intermédiaire de la gaine du. muscle releveur. Ces communications nous expliquent les infiltrations des paupières dans les cas de phlegmons de l’orbite, et la propagation de divers autres processus pathologiques de cette cavité vers la fosse zygomatique.
C’est au milieu de ce tissu cellulo-graisseux que se trouvent placés les muscles de l’œil, les vaisseaux et les nerfs ophthalmiques.
3. Vaisseaux de T orbite. ■ — V artère ophihàlmiqüè naît delà carotide interne au moment où cette dernière sort du sinus caverneux (fig. 380, 3). Accolée au côté, externe du nerf optique, elle pénètre dans l’orbite par le trou optique, de là elle se porte en haut entre le droit supérieur et le nerf optique, pour se rapprocher de la poulie du grand oblique où elle se divise en deux branches terminales. Les branches musculaires (4 et 8) proviennent de l’ophthalmique de même que les artères ciliaires courtes (6) et longues (7), et se trouvent disséminées au milieu du tissu cellulograisseux.
La veine ophthalmique est constituée par un tronc unique, apparaissant à la base
(1) Voyez p. 761.
(*) Vésicules prenant la forme polyédrique en raison de leur pression réciproque (300 diamètres'.
(**) yésienles adipeuses isolées, prises snr un indiTidn émacié, offrant de face et de côté des" cristaux de
ORBITE
de 1 orbite près de la poulie du grand oblique, elle accompagne l’artère du même nom jusqu au sommet de la cavité, où elle se sépare pour traverser la fente sphénoïdale et se jeter ensuite
dans la partie antérieure du [
sinus caverneux. D’après See-
mann, outre la veine décrite plus haut, il y aurait encore une autre veine ophthalmique inférieure qui s’ouvrirait tantôt isolément dans le sinus caverneux, tantôt dans la veine ophtba/mique supérieure et offrirait en ce point une valvule. Selon les recherches de Sappey, la veine ophthalmique ne présente point des valvules dans son trajet. Cet éminent anatomiste ne les a trouvées que dans les veinules destinées aux muscles de l’œil.
Il est important de connaître les rapports exacts de l’artère et de la veine ophthalmiques avee l’artère carotide et les sinus caverneux.
Le sinus caverneux est situé sur le côté de la selle turcique et communique avec le sinus pétreux supérieur et inférieur et le sinus circulaire. C’est dans sa partie antérieure que s’ouvre la veine ophthalmique. L’artère carotide interne traverse le sinus
Artère ophthalmique (*).
caverneux, où elle s’infléchit
deux fois et offre dans ce trajet des parois très-minces. D’après Trolard (1), la carotide est séparée des parois osseuses de ce canal par un sinus qu’il appelle sinus carotidien. C’est en sortant du sinus que la carotide interne fournit l’artère ophthalmique.
4. Muscles et nerfs. — Les muscles de l’orbite sont ceux qui concourent aux mouvements de l’œil. Nous les avons étudiés ailleurs (voy. Muscles de l’œil). Les nerfs de l’orbite sont très-nombreux, et, à l’exception des nerfs optiques, ils ont des connexions intimes avec les sinus caverneux. Ces nerfs sont : moteur oculaire commun pathétique, moteur externe, nerf optique et la branche ophthalmique de Willis avec le ganglion ophthalmique. Ils se trouvent placés au milieu du tissu cellulo-graisseux de l’orbite. Le nerf sous-orbitaire se trouve placé au-dessous du périoste dans une rainure osseuse qui lui est propre.
(1) Trolard, Thèse de Paris, 1868.
(*) 1, carotide int( 6, ciliaires courbes ; antérieure ; 11, artè
erne ; 2, méningée moyenne ; 3, artère ophthalmique ; 4, musculaire inférieure ; 5, lacrymale ; 7, ciliaires longues ; 8, musculaire supérieure ; 9, ethmoîdale supérieure ; 10, ethmoîdala ire sus-orbitaire ; 12, frontale intern 13, nasale; 14, palpébrale.
ORBITE