DES MALADIES OCULAIRES AU POINT DE VUE DE LA JURISPRUDENCE
ligent, très-travailleur, arrivé de Tours, me fut amené par le. docteur Maurice Raynaud. L’enfant se prétendait atteint depuis un mois environ de diplopie, de fatigue des yeux et de maux de tête. Ces symptômes persistant pendant un certain temps pouvaient faire craindre quelque processus morbide du côté des méninges, et il était important de s’assurer de sa réalité. De strabisme il n’existait pas de traces apparentes, les globes oculaires ne présentaient pas la moindre déviation. En présence de Maurice Raynaud nous avons soumis l’enfant à l’épreuve avec le verre rouge pour s’assurer s’il n’existait pas de diplopie aux images homonymes (strabisme convergent) ou aux images croisées (strabisme divergent). Mais les réponses de 1 enfant étaient tout à fait contradictoires, et sans aucun ordre ni suite, la diplopie était dès lors plus que suspecte. Pour démontrer la fraude nous avons fait regarder l’enfant à travers les luneties, soit rouges, soit bleues, ce qui nous a permis de lui faire à volonté accuser des images présentant des couleurs tout autres que celles des verres placés devant les yeux. C’est en voyant son oncle atteint de diplopie, pour laquelle il allait se soigner souvent à Paris, que l’enfant a conçu l’idée de simuler ce phénomène, espérant ainsi faire un voyage dans la capitale qu’il ne connaissait pas.
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