PARALYSIE DE L’ORBICULAIRE DES PAUPIÈRES
Le nerf facial communique par les deux nerfs pétreux ainsi que par la corde du tympan avec la cinquième paire ; avec le pneumogastrique dans le canal osseux du temporal, et, au sortir du crâne, par le trou stylo-mastoïdien, avec leglosso-pharyngien; puis il se distribue sur la face.
Les filets anastomotiques du pneumogastrique lui donnent une sensibilité directe, comme l’a prouvé Claude Bernard.
La connaissance de ces rapports anatomiques permet de diagnostiquer plus facilement le siège de l’altération.
1. Lorsque l’affection occupe l’origine du nerf ou un point quelconque de son trajet intra-crânien, il y a ordinairement affaiblissement ou perte de l’ouïe du même côté.
2. Quand c’est une partie du nerf facial située dans le canal de Fallope, soit au niveau du ganglion géniculé, soit au-dessus, qui est atteinte, on observe ordinairement la déviation du voile du palais.
3. Si la cause de la paralysie est au-dessous du ganglion géniculé dont se détachent les nerfs pétreux, le voile du palais n’est point paralysé.
h. Lorsque l’altération envahit le nerf facial dans la portion verticale de l’aqueduc de Fallope, le nerf du muscle de l’étrier qui s’en détache est le plus souvent atteint, ce qui donne lieu à une exaltation de l’ouïe, à des bourdonnements d’oreilles, etc. Ces phénomènes s’expliquent par une perturbation des mouvements des osselets du tympan.
5. La paralysie delà septième paire est accompagnée par moments de douleurs s’irradiant le long de ses branches terminales; le facial recevant sa sensibilité au niveau du canal osseux temporal et au sortir du crâne par ses anastomoses avec le pneumogastrique et le glosso-pharvngien, la sensibilité indiquera que l’altération ne dépasse pas le trou stylo-mastoïdien.
6. Dans cette région, le nerf peut subir la compression par suite de l’engorgenaent des ganglions ou de tumeurs, de périostoses syphilitiques, de caries ; il peut être blessé, contusionné, etc.
4 J j ganglion de Gasser ; 2, premier coude du facial et ganglion géniculé ; 3, nerf grand pétreux superficiel ; m’art Pétreux superficiel allant se jeter dans : 5, le ganglion d’Arnold ou otique ; 6, nerf du muscle du
eau dont on voit le tendon qui s’insère h cet osselet ; 7, corde du tympan (Beaunis et Bouchard).
PAUPIÈRES ET SOURCILS
7. Une névrite idiopathique du nerf facial peut aussi donner lieu à la paralysie plus ou moins complète de l’orbiculaire des paupières ; c’est ce qui arrive sixrtont à la suite des refroidissements causés par l’exposition à un courant d’air froid.
8. D’après Gubler, les paralysies de la face alternant avec l’hémiplégie sont dues à l’affection du pont de Varole.
9. Selon Mackenzie, cette affection est quelquefois congénitale.
10. La suppuration de l’oreille interne avec perforation du tympan peut entraîner dans certains cas une paralysie de la septième paire.
Pronostic. — Le plus souvent il est favorable, surtout si la maladie n’est pas due aux affections cérébrales, ni aux blessures.
Traitement. — Les indications du traitement dépendent de la précision du diagnostic, au point de vue du siège de l’altération et de sa nature.
1 . Dans la majorité des cas la cause est rhumatismale ; c’est pourquoi dès le début otrdûit employer des vésicatoires volants au pourtour de l’oreille, des frictions mercurielles, des purgatifs, des bains de vapeur et de Baréges.
2. Lorsque la cause est syphilitique, il y a lieu de prescrire le traitement mercuriel simple ou un traitement mixte.
3. Les injections hypodermiques de strychnine pourront être efficacement employées. Voici, la formule : Hydrochlorate de strychnine, 0,30 pour 30 gram. d’eau. Injecter de 2 à k gouttes.
h. L’électricité appliquée, d’après Duchenne(de Boulogne), au moyen des appareils à induction donnera des résultats favorables. Onymus m’a dit avoir retiré aussi des bons résultats par l’électrisation à courants continus.
5. Dans les affections cérébrales il faut agir contre la cause cérébrale.
6. Si la maladie a duré longtemps, et s’il en est résulté un ectropion, il faut avoir recours à un des procédés opératoires indiqués plus haut (voy. Ectropion).
Bibliographie. — Marshall Hall, Dublin Medic. Press, vol. XXIV, p. 185. Dublin, 1850.
— Davaine, Gazette médicale de Paris, 3 novembre, 1852 et suiv. — Romberg, Nervenkrankheiten, 1853, vol. II, p. 267. — Claude Bernard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux, t. II, p. 17. Paris, i8o8i — Graefe, Arcliiv f. Ophthalm., 1858, Bd. IV, Abth. 2, p. 208. -- Wells , Ophth. Hosp. Reports, 1860, vol. Il, -p. 299,
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