CONTRACTIONS SPASMODIQUES DES PAUPIÈRES
dépendre d’une inflammation du nerf facial, ou bien elle peut être provoquée par une action réflexe de la cinquième paire. Les muscles d’une moitié de la face se contractent alors spasmodiquement.
Dans d’autres cas, l’affection est box-née à un seul muscle orbiculaire et ce sont ]es branches périphériques de la septième paire qui souffrent.
symptomatologie. — 1. Le malade tient les paupières fermées en partie ou en totalité.
2. Par moment, le spasme disparait spontanément et l’œil reste ouvert durant des heures entières; mais aussitôt que le malade essaye de travailler, de lire ou d’écrire, etc., le tremblement des paupières appai-aît ; puis celles-ci se ferment.
3. Le blépharospasme est ordinairement accompagné d’une sensibilité excessive pour la lumière, l’œil devient larmoyant et ne peut rien fixer.
k. Quelquefois le blépharospasme est accompagné ;de douleui-s névralgiques de la face, il est alors consécutif à la névralgie trifaciale. Un pareil fait a été observé, il y a peu de temps dans le service de Gallard, à la. Pitié. Cet éminent praticien nous a montré ce cas qui était des plus intéressants, et ce n’est qu’avec beaucoup de peine que le diagnostic de la maladie a pu être posé. L’ensemble des symptômes a seul permis de constater une névralgie.
' 5. Les névralgies dentaires ou celles des autres branches de la cinquième paire peuvent donner lieu aux mêmes contractions spasmodiques. On reconnaît cette forme, en opérant une compression soit dans le point d’émergence du nerf sus ou sous-orbitaire, soit du nerf dentaire inférieur (de Graefe) au-dessous de l’alvéole de la dernière molaire.
B. Tressaillement des paupières. — Le tressaillement ou tremblement de la paupière se présente aussi à des degrés variés, et devient quelquefois très-désagréable pour les, malades.
A divers moments de la journée, les malades ressentent un tremblement dans une des paupières souvent si léger qu’il txe se manifeste même pas à l’extérieur.
Dans d’antres cas ii est, au contraix-e, très-prononcé; la paupièi-e est agitée d’un mouvement très-x-apide, et il existe dans celte membx-ane un vrai tic, qu’on peut facilement apercevoir à l’œil nu.
C. Clignement morbide. — - Une troisième forme de spasme des pauplèi-es est le clignement morbide (nictitàtio). Le plus souvent les deux yeux en sont atteints; il se rencontre chez les sujets nerveux et hystériques.
Etiologie. — L’affection spasmodique des paupières peut être provoquée par des causes très-diverses :
1- Un blépharospasme accompagné de contractions spasmodiques de tous les muscles de la face, est toujours dû à une affection idiopathique du nerl facial. On le rencontre chez les personnes hystériques et nerveuses, prédisposées à des névroses de toute sorte.
2. Les affections du tube digestif peuvent quelquefois provoquer une irritation spasmodique de la septième paire, Claude Bernard a démontré la communication 1 !lecle de ce nerf avec le pneumogastrique.
syphilis, selon Macnamara, donne lieu quelquefois à un blépharospasme.
4. Les névralgies de la cinquième paire peuvent entraîner aussi le spasme de orbiculaire. Belligneri ale premier signalé çles faits de ce genre. Soit que le nerf
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de la cinquième paire eût été blessé, soit qu’il souffre par suite d’une carié %. taire, l’action réflexe peut entraîner des spasmes dans les muscles de la face.
5. Les affections herpétiques de la cornée, telles que phlyctènes ou kératites lymphatiques sout suivies aussi de blépharospasme, qui est ordinairement passa, ger. Il en est de même de la présence de corps étrangers de la conjonctive ou de blessures de l’œil qui amènent la sensibilité de cet organe, et consécutivement un blépharospasme.
J’ai vu souvent de petits insectes, entrés dans le cul-de-sac conjonctival, donner lieu à une sensibilité excessive et à des contractions dans les paupières tellement violentes, qu’il était impossible d’ouvrir l’œil.
6. La cause du tressaillement des paupières paraît être la même que celle du blépharospasme ; mais, dans la plupart des cas, ce tremblement est dû à une affection ancienne ou récente des voies lacrymales, au rétrécissement ou à l’obstruction des points ou des conduits lacrymaux, comme il nous a été permis de le démontrer (1).
Pronostic. — Lorsque cette affection est liée à une cause accidentelle ou à une affection passagère de la conjonctive, de la cornée ou des voies lacrymales, elle ne présente ordinairement aucune gravité; mais, quand elle n’est qu’un des phénomènes de tic convulsif de la face, le pronostic doit être plus réservé. La durée de la maladie et l’âge doivent être pris en considération. Le blépharospasme invétéré résiste quelquefois à tous les moyens curatifs.
Traitement. — Lorsque la nature et le point de départ de la maladie auront été bien précisés, on agira suivant les indications de chaque cas particulier et suivant la cause qui l’a produit.
1. Le blépharospasme idiopathique, qui dépend de l’innervation défectueuse de la septième paire ou qui est dû à l’action réflexe de la cinquième, sera efficacement combattu par des injections hypodermiques de morphine'. Béhier, qui a préconisé le premier ce moyen, injecte de 10 à 20 gouttes de la solution suivante :
^ Hydrochlorate de morphine. 1 gramme. | Eau distillée . 100 grammes,
Noël Gueneaü de Mussy ajoute quelquefois 2 à 5 centigrammes d’atropine.
La petite seringue de Pravaz, modèle de Robert et Collin, suffit à celte opération, et chaque quart de tour correspond à une goutte.
Je pratique ordinairement l’injection dans l’endroit le plus rapproché du mal, sans cependant toucher aux paupières. Quelquefois, le point d’élection est le trajet des nerfs sous ou sus-orbitàires ; on s’en assure en exerçant une compression sur le trajet de ces nerfs; le spasme cesse immédiatement pour revenir ensuite. C’est au voisinage de ces nerfs qu’on fera alors des injections.
Dans un cas où les injections hypodermiques n’ont pas réussi, des petits vésicatoires, saupoudrés avec delà morphine, m’ont donné des résultats plus favorables.
2. L’électricité à courant interrompu peut aussi procurer de bons effets; mais il faut que les séances ne soient pas longues et que les rhéophores soient appliqués
(1) Galezowski, Troubles de la vue dans les affections des voies lacrymales (Gazette des Hôpitaux, 1868).
affections douloureuses de la cinquième paire. 95
dans le trajet des nerfs de la cinquième paire. Chez une malade jeune et nerveuse, où rien n’a pu réussir, nous avons obtenu, Desmarres père et moi, un succès complet au moyen de l’électrisation. Remak et Onymus appliquent avec avantage
le courant continu.
3. L’iodure de potassium doit être administré toutes les fois qu’il y a lieu de supposer la cause syphilitique.
lx. Les incisions sous-cutanées de l’orbiculaire d’après le procédé de Richet ou une incision de l’angle externe de l’œil, comme pour l’entropion, peuvent être avantageusement employées. Ces deux méthodes m’ont donné de bons résultats.
5. La compression méthodique du nerf facial, à l’aide d’une pelote et d’un bandage, 'a la région préauriculaire, ne doit être considérée que comme moyen palliatif.
6. Les affections de la cornée, de la conjonctive ou des voies lacrymales doivent être soignées, et la guérison de ces maladies fait disparaître le blépharospasme symptomatique ou le tressaillement des paupières.
Bibliographie. — Ch. Bell, Nervous System of ihe Human Body, appendice, p. 46. London, 1830. — Hays (de Philadelphie), Medical Gazette, London, 1841, p. 617. — François, Essai sur les convulsions idiopathiques de la face. Bruxelles, 1843. — ; Graefe, Archiv f. Ophthalm., Bd. 1, Abth. 1, p. 440, et Bd. 4, Abth. 2, p. 196. — Romberg, Lehrbuch der Nervenkrankheiten des Menschen, t. I, p, 350, 1853. — Donders, Annales d’oculist., t. LI, p. 236. — Mackenzie, Med.-chirurg. Transact., Londres, 1857, vol. XL, p. 175. — Remak, Berliner Klimsche Wochenschrift, 1864, n03 21 et 23.
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