‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 35 sur 245 · AFFECTIONS DOULOUREUSES DE LA CINQUIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DOULOUREUSES DE LA CINQUIÈME PAIRE

Les névralgies de la cinquième paire peuvent se localiser dans différentes parties de l’œil ou de ses annexes. Les paupières et le sourcil, le front et les tempes, et même la moitié de la tête, sont souvent le siège de ces névralgies. Pour mieux en faire comprendre la pathogénie, il importe de bien connaître la disposition anatomique de ce nerf.

Anatomie du nerf de la cinquième paire. — Le nerf de la cinquième paire, composé de la racine sensitive et motrice, a son origine apparente sur le bord externe de la protubérance, mais il naît réellement, d’après Stilling, des corps rectiformes. La racine sensitive préside à la sensibilité des dents et de toutes les Parties de la face.

Les branches principales qui partent du ganglion de Gasser sont : l’ophthalmique de Wîllis, la maxillaire supérieure et la maxillaire inférieure.

Le nerf ophthalmique de Willis sç divise en lacrymal, frontal et nasal. Ce dernier donne des branches ciliaires et celles du ganglion ophthalmique représentées

dans la figure A6.

Le maxillaire supérieur envoie des filets à la partie la plus externe de la paujneve supérieure, un filet temporo-molaire et un filet temporal. Plus loin, il donne es rameaux dentaires postérieur et antérieur, et, enfin, à sa sortie du trou sous- ‘bitaire, il se divise en un pinceau des filets nerveux qui s’anastomosent avec

PAUPIÈRES ET SOURCILS

ceux du facial. Ces filets vont à la conjonctive, à la peau de la paupière inférieure, à l’aile du nez et à la lèvre supérieure.

La troisième branche, le maxillaire inférieur, donne les branches temporale profonde et moyenne, massélérine, buccale, ptérygoïdienne interne, auriculotemporale, dentaire inférieur et nerf lingual.

Les expériences de . Magendie, de Claude Bernard et de Schiff ont démontré que de ce nerf dépend la sensibilité de l’œil, de ses annexes et de la face tout entière. Son irritation amènera l’exagération de la sensibilité ou des douleurs dans toutes les branches ou dans plusieurs d’entre elles.

Deux variétés de névralgies faciales peuvent se manifester : l’une, primitive, liée à une inflammation ou à une irritation quelconque du nerf lui-même ; l’autre, secondaire, consécutive à des affections de l’iris, de la cornée ou de la choroïde. Les symptômes de l’une et de l’autre se ressemblent d’une manière frappante, et lorsqu’on est appelé à examiner des malades atteints de ces névralgies, on doit s’enquérir s’il existe ou non une inflammation dans une membrane quelconque de l’œil.

Symptomatologie. — i. Les douleurs viennent, le plus souvent, par crises et s’exaspèrent surtout le soir. Leur siège est sur la partie moyenne du sourcil, sut

(*) 1 , 'nerf optique ; 2, nerf oculo-moteur commun ; 3, nerf oculo-moteur externe ; 4, nerf frontal ; 5, nel* nasal; 6, ganglion ophthalmique ; 7, racine courte et gros.se ou motrice ; 8, racine longue et grêle ou sensitive ; 9, racine sympathique; 10, nerfs ciliaires. (Beàunis et Bouchard.)

Page 1