KYSTES DE LA GLANDE LACRYMALE. (DACRYOPS
Les kystes se développent rarement dans la glande lacrymale; ils se forment ordinairement aux dépens des vésicules de cette. glande qui se distendent considérablement.
Symptomatologie. — C’est une tumeur fluctuante, qui atteint la grosseur d’une petite noix et même d’un œuf de pigeon. Faisant saillie à la partie supérieure de la paupière, le kyste se porte tout entier en avant. Lorsqu’on renverse la paupière, on constate une saillie presque transparente et fluctuante. À sa surface ou au voisinage, on aperçoit deux ou trois petits orifices qui sont ceux des conduits excréteurs de la glande.
Ces kystes se portent rarement vers l’intérieur de l’orbite, probablement à cause de la facilité avec laquelle le liquide peut se frayer un passage vers la paupière. Dans d’autres cas, et ceux-là sont les plus fréquents, ces .tumeurs se montrent dans les glandules palpébrales, et par conséquent se localisent tout entières dans l’épaisseur de la paupière supérieure.
En exposant l’œil malade à l’action des rayons solaires, on peut faire sortir par les petits orifices de la glande un liquide aqueux et transparent. Ce fait a été mis hors de doute par Broca, qui l’a observé chez un de ses malades.
Selon Soelberg Wells (1), la sécrétion des larmes augmente toutes les fois que le malade pousse des cris, ou quand la conjonctive, est irritée.
La ponction exploratrice, pratiquée au moyen d’un petit trocart filiforme, fait sortir le liquide transparent, qui n’est autre que les larmes; ce que Reveil a constaté par l’analyse chimique, dans le cas publié par Broca (2). Immédiatement après cette ponction, le kyste s’affaisse, mais il ne manque pas de se reproduire au bout d’un temps relativement très-court.
Étiologie. — Ces kystes sont formés dans une des vésicules de la glande con glomérée lacrymale (portion palpébrale); ils se produisent consécutivement à une obstruction d’un de ses conduits. Telle est l’opinion de Broca, que nous partageons complètement. Schmidt et Jones ont vu des- kystes bydatiques se développer dans la glande lacrymale. Quelquefois ces kystes lacrymaux s’ouvrent spontanément à travers la peau ; cette ouverture reste alors presque toujours fistuleuse, et constitue le dacryops fistuleux de Bowman.
Traitemeait. — Pour la guérison de ces kystes, deux méthodes peuvent être préconisées : l’extirpation et l’établissement d’un orifice artificiel.
If extirpation doit être pratiquée, selon les procédés que nous avons indiqués plus haut, en fendant préalablement la commissure exlerne de l’œil. Il n’est pas
(1) Wells, Treatiseon the Diseases ofthe Eye. London, 1869, p. 607.
(2) Broca, Union médicale, avril 1861, p. 159.
MALADIES DE LA GLANDE LACRYMALE
toujours possible d’enlever le kyste tout entier, surtout s’il est multiple et constitué par des hydalides, comme dans le cas de Jones. On se contente alors d’extirper la partie antérieure, et on laisse suppurer la paroi postérieure.
Dans un cas, Wecker a obtenu un succès complet par l’extirpation.
Graefe. propose d’établir une ouverture en passant un fil à travers l’orifice naturel de la glande et le faisant sortir à travers la paroi interne du kyste. Le fil étant lié, il s’établit une fistule, et plus tard ou peut même couper le petit pont qui en résulte. Nous pensons qu’il est difficile d’obtenir un résultat favorable par l’emploi de ce procédé.
L’extirpation de la glande lacrymale peut être pratiquée dans le cas des fistules qui accompagnent quelquefois les kystes ou les blessures de cette glande. C’est ainsi que A. Graefe a été obligé, dans un cas, d’enlever la glande lacrymale elle-même. Bowman procède autrement’: il pratique d’abord une ouverture artificielle du côté de la conjonctive au moyen d’un séton filiforme; après quoi il ferme l’orifice cutané.
Szokalski (I) a proposé de lier en masse les conduits excréteurs de la gland-' dans le but de provoquer l’atrophie de la glande; mais, à mon avis, cette opé ration doit offrir de nombreuses difficultés, et son succès est incertain.
Bibliographies — Schmidt, Ueber die Krankheiten der Tranenorgans, S. 63. Wien, 1803 ,
— Beer, Lehre von den Àugen Krankheiten, Bd." U, S. 597. Wien, 1817. — Hayne-* W'alton, Med. Times and Gazette, n° 196, 1854, p. 318. — Jarjavay, Mémoires de laSocièt de chirurgie, 1853, t. III, p. 501, et Gaz. des hôpit., 1854, nJ 124. — Bérard, Ann. d’oculist., t. XII, p. 259. — Hulke, Ophthal. Hosp. Reports, 1857-1859, vol. I, p. 285.
— Bowman, Ophth. Hosp. Reports, Md.] p. 286. — Broca, Union méd., avril 1861, p. 159
— Graefe, Archiv fur Ophthal. , 1861, Bd. VIII, Àbth. I, S. 279. — Jones, Brit. Med. Jour nal, 1864, p. 675. — Wecker, Klinische Monatsbl., 1867, S. 34.
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