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CONJONCTIVE

Dans cet espace on remarque une petite saillie arrondie et globuleuse qui remplit le fond et la partie interne du lac lacrymal : c’est la caroncule lacrymale (fig. 73, A) sur laquelle on peut distinguer des poils excessivement fins et les orifices de quelques follicules. Après l’avoir recouvert, la conjonctive se porte sur le globe de l’œil et forme en cet endroit un repli connu sous le nom de pli semi-lunaire. C’est le vestige de la membrane clignotante que l’on trouve chez les animaux.

L’angle externe n’offre rien de particulier, si ce n’est qu’on y aperçoit les ouvertures des conduits de la glande lacrymale.

4. En se réfléchissant sur le globe de l’œil, la conjonctive forme des plis plus ou moins nombreux et un cul-de-sac assez profond, que l’on désigne sous le nom de cul-de-sac ou sillon occulo-palpébral. D’après Richet (t), le fond de ce sillon est éloigné du bord libre de la paupière supérieure de 22 à 25 millimètres, et de \\ à 1 3 de l’inférieure.

Ce cul-de-sac est beaucoup plus profond en haut qu’en bas. Ici la conjonctive s’unit au ligament occulo-palpébral au moyen d’un tissu cellulaire à mailles trèslarges, ce qui lui permet de se distendre et de glisser sur le globe de l’œil.

5. La portion oculaire ou scléroticale de la conjonctive est mince et complètement transparente ; elle laisse voir la sclérotique et rend le globe de l’œil très-luisant. Elle adhère à la capsule de Tenon qui recouvre la sclérotique au moyen de mailles larges dans lesquelles on trouve des cellules graisseuses.

Près du bord externe et interne de la cornée, la conjonctive recouvre une petite élevure blanc jaunâtre qui n’est autre qu’un amas de tissu cellulo-graisseux plus dense, que l’on appelle pinguecula et qui adhère intimement à la sclérotique.

En se rapprochant de la cornée, la conjonctive s’amincit, adhère plus intimement à la sclérotique et empiète légèrement sur la cornée dans une étendue de 2 à 3 millimètres, la couche épithéliale seule se prolonge sur le reste delà cornée.

Structure. — La surface de la conjonctive est tapissée par des couches plus ou moins épaisses de cellules épithéliales. (Selon Ivrause, ces cellules sont cylindriques sur la portion palpébrale, et elles se transforment successivement sur la sclérotique en épithélium pavimenteux, épais de 0,06 millimètres.- Le tissu propre de la conjonctive, analogue au derme de la peau, est constitué par le tissu lamineux qui forme sur la portion palpébrale et dans le cul-de-sac des saillies en forme de papilles, ce qui a permis à Krause d’appeler ce tissu corps papillaire. Ce corps papillaire s’amincit très-sensiblement sur la sclérotique, et, d’après Kolliker, il .fait complètement défaut au delà du cul-de-sac. A peine visibles au voisinage des cils, les papilles deviennent plus saillantes au niveau du cartilage tarse (fig. 74); leur relief est moins prononcé au niveau du cul-de-sac conjonctival, mais leur base est plus large. Chacune des papilles est composée de tissu cellulaire, dans lequel s’incurvent de petites anses vasculaires.

Artères. — Les vaisseaux artériels de la conjonctive proviennent des branches musculaires lacrymales, ainsi que d'autres branches terminales de l’artère ophthalmique. Elles communiquent avec les artères palpébrales et la temporale

Fig. 74. — Papilles de superficielle. Les artères de la conjonctive bulbaire ont des la conjonctive. anastomoses avec les ciliaires antérieures.

Les veines de la conjonctive se rendent dans les veines ophthalmiques, faciales, temporales, etc.

Vaisseaux lymphatiques. — L’existence des vaisseaux lymphatiques dans la conjonctive est contestée par plusieurs anatomistes. Mais les recherches de Bruch (2),

(1) Richet, Traité d’anat. médico-chir., p. 357.

(2) Bruch, Zeitschrift für wissenschaflt. Zoologie, 1853, t. V, p. 227.

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