CONJONCTIVE
Krause, Breschet, etc., ont démontré que ces vaisseaux s’y rencontrent en grande quantité ; près de la cornée ils forment des arcs très-peu recourbés, que Teichmann appelait cercle lymphatique. Vers les angles externe et interne de l’œil les lymphatiques gagnent la face et se rendent dans les ganglions sous-maxillaires.
Nerfs. — Les nerfs proviennent des rameaux nasal, frontal et lacrymal de la branche ophthalmique de Willis. Papenheim a trouvé quelques rameaux nerveux ciliaires se rendant directement de la sclérotique à la conjonctive. Krause (1) a reconnu, en outre, des corpuscules claviformes, dans l’intérieur desquels viennent se terminer des fibres nerveuses. Ils sont placés immédiatement au-dessous de la couche épithéliale et sont beaucoup plus nombreux dans la conjonctive palpébrale que dans celle du bulbe de l’œil, ce qui explique la grande sensibilité de sa portion palpébrale. Les fibres du grand sympathique exercent aussi leur influence sur la circulation de la conjonctive. Claude Bernard a démontré qu’en coupant la portion céphalique du grand sympathique il provoquait immédiatement une rougeur excessive de cette membrane.
Glandes. — La conjonctive palpébrale contient dans son épaisseur deux sortes de glandes : les glandes en grappes et les follicules clos.
Les glandes en grappes, ou glandes en acinus, occupent les deux culs-de-sac conjonctivaux ; elles sont plus nombreuses en haut qu’en bas, et s’étendent d’un angle à l’autre. Les aeini, plus ou moins nombreux, se groupent autour d’un canal commun qui s’ouvre dans le cul-de-sac. Sappev les a décrites sous le nom de glandes sous-conjonctivales (fig. 75).
Fig. 75. — Glanges muqueuses où sous- Fig. 76. — Glandes de Meibomius. conjonctivales des paupières (*).
Les glandes folliculaires se trouvent surtout dans la moitié interne du cul-de-sac (voy. fig. 81). Elles sont constituées par une enveloppe celluleuse vasculaire, se prolongeant dans l’intérieur de la glande pourÿ constituer des cloisons. Ces follicules contiennent un liquide et n’ont point de canaux excréteurs.
Glandes de Meibomius. — Dans l’épaisseur du tarse, et au-dessous de la conjonctive, on trouve les glandes de Meibomius, qui sont au nombre de 30 à 40 pour la paupière supérieure, et de 20 à 30 pour la paupière inférieure (fig. 76).
En renversant là paupière saine, on les aperçoit sous forme de stries blanches, parallèles enire elles et perpendiculaires au bord libre. D’après Sappey, ce sont des glandes sébacée débouchant dans des canaux excréteurs communs (fig. 77), qui
(1) Krause, Die termimlen Kôrperchen der einfach sensiblen Nerven. Hanovre, 1860.
(*) i, I, corps (le deux glandes sous-conjonctivales, dont l’une est simple et l’autre bilobée; 2, 2, conduits excréteurs de ces glandes; 3, 3, embouchures de ceux-ci (Sappey).
152 MODE D’EXPLORATION DE LA CONJONCTIVE
s’ouvrent par des ouvertures isolées entre les deux crêtes du bord libre des paupières. Marc Sée et Ed. Cruveilhier n’ont jamais vu plus d’une rangée de ces ouvertures sur le bord libre.
Fig. 77. — Glandes de Meibomius (*).
Physiologie. — Le rôle de la conjonctive est aisé à comprendre ; elle facilite les mouvements des paupières et la lubréfaction de l’œil. D’un autre côté les nombreuses glandes qui se trouvent dans la conjonctive sécrètent des liquides de différente nature, et entretiennent l’humidité nécessaire à l’œil.
D’après Krause, les glandes acini sécrètent un liquide analogue aux larmes. Si cela est exact, il faut admettre que d’autres glandes fournissent une certaine quantité de sécrétion graisseuse au globe de l’œil, puisque en examinant la cornée à l’aide d’une loupe et à l’éclairage oblique, on constate facilement que sa surface est couverte d’une couche huileuse, sur laquelle on voit se répandre les larmes. D’où provient ce liquide graisseux ? C’est une question qui est encore à résoudre ; mais il ne me semble pas douteux que ce liquide huileux est sécrété par les glandes acini.