‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 63 sur 245 · Conjonctivites spéciales non purulentes · texte numérisé non relu

Conjonctivites spéciales non purulentes

( simple.

{ lacrymale, f .catarrhale.

< phlycténulaire.

( exanthématique.

ides nouveau-nés.

purulente des adultes, dyphtéritique.

blennorrhagique.

leucorrhéique.

scrofuleuse, granuleuse.

CONJONCTIVITE SIMPLE.

ARTICLE PREMIER

CONJONCTIVITE SIMPLE.

La conjonctivite simple est celle qui se développe chez les individus de bonne constitution sous l’influence d’une cause d’irritation locale quelconque. Elle se présente .habituellement sous une forme chronique, mais quelquefois elle prend les caractères d’une conjonctivite aiguë et phlegmoneuse, surtout quand elle est occasionnée par une brûlure.

Symptomatologie. — Signes physiologiques. — Le plus souvent, cette forme de conjonctivite est chronique et peu développée : les malades se plaignent de pesanteur et de lourdeur des paupières, surtout le soir. En même temps ils éprouvent une sensation de chaleur dans les yeux, et de temps à autre il leur semble qu’un corps étranger s’est introduit entre les paupières.

Les yeux se fatiguent très-facilement au travail, et sont le siège de picotements et même de douleurs sourdes.

Signes anatomiques. — La conjonctive palpébrale est celle qui s’injecte la première; ses vaisseaux deviennent flexueux, sinueux, variqueux; les branches collatérales, ainsi que les capillaires, se remplissent outre mesure dans toute l’étendue du tarse, au point que les glandes de Meibomius et la couleur blanche du tarse ne sont plus visibles. La conjonctive scléroticale reste intacte.

Consécutivement à cette injection, la muqueuse oculaire gonfle; le tissu cellulaire sous-jacent se boursoufle, et si cet état se prolonge, la rougeur se communique au globe de l’œil, et l’on remarque alors une injection superficielle qui se déplace facilement en même temps que l’œil et les paupières.

Quelquefois, au bord de ces dernières, on aperçoit des petites taches d’un rouge jaunâtre, isolées, mais très-foncées, et qui sont dues, à une altération des glandes de Meibomius.

Un développement aussi marqué des vaisseaux de la conjonctive ne peut persister sans provoquer une élimination plus grande des cellules épithéliales, qui, mélangées aux larmes et à la sécrétion huileuse, dorment lieu à une sécrétion morbide. Le matin et le soir, vers les angles de l’œil, on aperçoit une matière blanche ou verdâtre, et l’on dit habituellement, dans ce cas, que les yeux sont chassieux.

L’exagération de la rougeur, l’augmentation de chaleur des paupières, la douleur et la sécrétion morbide sont autant de signes qui caractérisent l’inflammation. Pour nous, cet état est une phlegmasie simple de la conjonctive, et nous pensons qu’on se tromperait beaucoup de croire qu’une simple hypérémie peut donner lieu à ces symptômes. Les hypérérnies conjonctivales se rencontrent chez les sujets asthmatiques, pléthoriques, emphysémateux ; mais ces malades n’éprouvent aucun de ces symptômes, et il n’y a aucune sécrétion morbide.

Étiologie. — Les causes des conjonctivites simples sont très-variées ; elles sont souvent dues à des brûlures, à des blessures ou à des corps étrangers qui se trouvent d'ans le cul-de-sac conjonctival supérieur ou dans l’épaisseur de la conjonctive elle-même.

Certaines professions prédisposent à cette sorte de conjonctivite; ainsi, elle est fréquente chez les carriers, les sculpteurs, les maçons, et chez tous ceux qui vivent constamment dans une atmosphère remplie dépoussiéré. Cette dernière entre dans les yeux et provoque une irritation qui peut aboutir à une conjonctivite.

Le séjour dans un air vicié ou dans la fumée prédispose aussi à cette affection.

Les glandes de Meibomius peuvent s’hvpertrophier, s’engorger; leurs conduits peuvent s’oblitérer en partie ou en totalité, d’où s’ensuivra aussi une conjonctivite qu’on pourrait appeler glandulaire.

Enfin, le séjour prolongé des larmes occasionne également une conjonctivite que nous appelons lacrymale , dont nous nous occuperons spécialement dans un article à part.

Traitement. — Le premier soin est de rechercher la cause de la maladie et de l’éloigner si son action se prolonge encore. Ainsi, l’on examinera soigneusement le cul-de-sac conjonctival supérieur et inférieur, et l’on recherchera s’il n’v a pas de

corps étranger.

Les personnes qui travaillent dans un air vicié ou au milieu de la poussière et de la fumée doivent se soustraire à cet air nuisible, au moins pour f % le temps qu’exige le traitement.

« % Les conjonctivites occasionnées

par les brûlures faites avec des Il caustiques doivent être soignées

par des compresses imbibées d’eau froide. Ôn aura soin, en même temps, de laver les yeux une ou WJBt==/ deux fois par jour en dirigeant gul, jeg paUpières un jet d’eau con- Fig.79. Appareil de Follin pour les douches oculaires. tjnu au moyen d’une petite seringue ou d’un appareil de Follin pour i les douches oculaires (fig. 79).

„ J Pour cela, j’ai fait adapter à un

~ tHë® irrigateur ordinaire un tube en

3 caoutchouc muni d’un robinet et '^1 Ui 1 -d’une œillère (fig. 80). Au fond

| m ~ F-jjj ! I de cette dernière se trouve une

H K p IIJI I plaque ronde percée de nombreux

li j|||j )|| 1 trous qui laissent passer l’eau sous

J) |jjjj| Les douches sont prises d’abord

H sur les paupières fermées, et puis,

petit à petit, le malade s’habitue à Fig. 80. — Irrigateur à douches oculaires. recevoir le jet d’eau directement sur l’œil. Chaque douche ne dure qu’une demi-minute ou une minute, et on la renouvelle deux ou trois fois par jour.

- Irrigateur à douches oculaires.

CONJONCTIVITE LACRYMALE. <

Quant aux collyres, on ne recommandera que des lotions légèrement astringentes, dont voici les formules :

“2f Eau distillée . 100 gr. J Eau distillée . 100 gr.

Borax . 1 Sous-acétate de plomb

Eau de laurier-cerise. . 5 1 liquide . 5 gouttes.

Dans les affections des glandes de Meibomius, on devra faire des scarifications sur la conjonctive palpébrale, au niveau des glandes, et l’on appliquera ensuite des compresses froides.

Il arrive quelquefois que les orifices de ces glandes étant en grande partie obstrués, les bords des paupières deviennent secs et les cils cassants ; les glandes elles-mêmes s’engorgent et amènent des conjonctivites. Dans ces cas, j’ai pour habitude de prescrire aux malades des frictions une fois par jour sur les*bords libres des paupières avec la pommade dont voici la formule :

Oxyde de 2inc. . 0,25 cent. | Axonge fraîche . 6 gr.

Ces frictions ont pour effet de déboucher les orifices des glandes de Meibomius, à la suite de quoi l’irritation et la conjonctivite diminuent.

Bibliographie. — Carron du Villards, Guide pratique des maladies des yeux , t. II, p. 14. Paris, 1838.— Desmarres, Traité des maladies des yeux. Paris, 1855, t. II, p. 43. — Stellwag von Carion, Syndesmitis genuina, oder Entzündung der Bindehaut ( Die Ophthalmologie , Bd. II, Abth. Il.Erlangen, 1858, p. 760). — Gosselin, Blépharitè muqueuse simple ( Nouv . Dict. de méd. etdechir., t. V, p. 272. Paris, 1866). -

ARTICLE II

CONJONCTIVITE LACRYMALE.

Le séjour prolongé des larmes dans le cul-de-sac conjonctival peut entraîner uné irritation et une inflammation de la conjonctive, dont les caractères diffèrent tellement des autres conjonctivites que nous avons cru nécessaire de lui donner une dénomination particulière : celle de conjonctivite lacrymale (1).

Elle peut se présenter sous deux formes : aiguë ou phronique.

La seconde est la plus fréquente; elle est caractérisée par la chronicité excessive et la persistance des mêmes symptômes pendant des mois et des années.

Symptomatologie. — Signes physiologiques. — 1. Tous les matins, les yeux sont chassieux; les cils sont collés ou couverts de mucosités.

2. En se réveillant, le malade a les veux tellement sensibles à la lumière dit jour qu’il a beaucoup de peine à les ouvrir. Il existe une véritable photophobie qui dure cinq, dix ou quinze minutes. Aussitôt que les yeux sont lavés avec de l’eau fraîche, la sensibilité disparaît.

3. Dans la journée, le malade se trouve ordinairement très-soulagé, et ne se plaint point; mais en sortant au grand jour, au soleil, la photophobie reparaît. De

(1) Galezowski, Essai sur la conjonctivite lacrymale et son influence sur la vue (Gazette des Hôpitaux. 1868, p. 430). •

là la nécessité de porter des conserves foncées. De temps en temps il se manifeste

une sensation de gravier entre les paupières.

h. Le larmoiement n’est pas constant ; il existe par des temps froids et humides, lorsque les yeux sont exposés au vent ou au soleil.

5. Vers le soir, et àla lumièrevivedelalampe, les mêmes symptômes reviennent: photophobie, sensibilité des yeux, sensation de gravier entre les paupières, rougeur conjonctivale très-prononcée simulant complètement une conjonctivite catarrhale.

6. Tout travail le soir devient impossible. Il y a une sensibilité telle qu’on ne peut rien fixer ; les lettres se doublent, et tous les objets que 1 on veut fixer appaî-aissent comme à travers un brouillard.

7. Le phénomène des cercles irisés, colorés, pareils aux cercles d’arcs-en-ciel autour d’une flamme, peut se manifester; mais il n’est pas constant. Il est dû à l’accumulation des larmes au bord des paupières, qui jouent le rôle d’un prisme.

8. La conjonctivite lacrymale, avec tous ses signes, dure des mois et des années; les malades s’habituent même, jusqu’à un certain point, aux phénomènes morbides qu’ils éprouvent, et ce n’est que par moments que leur état s’aggrave et devient intolérable.

9. La conjonctivite lacrymale, en se développant chez lessujets âgés, dont les paupières sont flasques, occasionne des ectropions. La blépharite ciliaire est aussi la conséquence de cette maladie.

Signes anatomiques. — 1. Les conjonctives palpébrale et oculaire sont injectées, surtout dans les deux angles de l’œil, et l’on y remarque souvent des traînées vasculaires s’étendant jusqu’au bord de la cornée, ce qui fait croire à l’existence de phlyctènes.

2. Les bords des paupières sont ordinairement rouges, surtout du côté de l’angle externe de l’œil.

B. Dans cette affection, la coloration rouge varie d’une manière très-sensible : quelquefois elle n'existe que dans les angles de l’œil et sur le bord libre des paupières. La caroncule paraît d’une teinte rouge uniforme; en même temps, le bord libre et l’angle externe sont très-injectés, on y constate souvent de l’érythème.

Dans d’autres cas, c’est surtout la conjonctive palpébrale qui est malade; elle est irritée, enflammée; les vaisseaux capillaires sont très-développés, et forment un lacis fin et uni. On remarque même le boursouflement notable de toute l’épaisseur de la conjonctive et du tissu sous-conjonctival, et des plis plus ou moins épais apparaissent dans le cul-de-sac conjonctival inférieur.

Cette même portion de la conjonctive présente un engorgement des glandes folliculaires (fîg. 81) et des acini tellement considérables, qu’on les prend très facilement pour des granulations. J’ai vu plus d’une fois des ophthalmologistes très-renommés prendre ces glandes engorgées pour des granulations, et aggraver la maladie par des cautérisations répétées.

Ces mêmes glandes se gonflent quelquefois à la suite de l’usage prolongé de l’atropine, ce qui a fait dire à tort à Wecker que l’apparition des granulations est due à l’action d’atropine. L’atropine provoque quelquefois le larmoiement en suspendant toute aspiration des larmes qui séjournent longtemps dans le cul-desac, et amènent une irritation des conjonctives et des glandes, mais il n’a aucun pouvoir de faire naître des granulations.

CONJONCTIVITE LACRYMALE. 159

Tels sont les signes de la conjonctivite qui se développe consécutivement à une affection des voies lacrymales.

La conjonctivite chronique peut se transformer subitement en une inflammation subaiguë ressemblant beaucoup à une conjonctivite catarrhale. C’est ce qui fait que tous les auteurs ont confondu jusqu’à présent les deux maladies, et ont décrit à tort la conjonctivite catarrhale et la conjonctivite lacrymale comme une seule et même maladie.

Fig. 81. — Glandes folliculaires engorgées.

Les paupières se gonflent, en effet; d’une manière très- sensible; les conjonctives deviennent rouges, boursouflées, et sécrètent une grande quantité de mucosités, surtout la nuit. La conjonctive oculaire s’injecte fortement ; il y a des ecchymoses, etc., et tous les autres signes de la conjonctivite catarrhale.

C’est à cette forme de conjonctivite que nous devons aussi rapporter la conjonctivite' angulaire et du cul-de-sac conjonctival, dont Gosselin et Lannelongue (1) , ont dernièrement fait une très-belle description. L’une et l’autre conjonctivite sont occasionnées par les altérations des voies lacrymales.

Étiologie et pathogénie. — Le nom qüe nous avons donné â la maladie prouve que sa cause principale est dans l’appareil lacrymal. En effet, le séjour . prolongé des larmes dans le sac conjonctival ne peut exister sans amener des désordres, surtout si les larmes changent de composition, de neutres qu’elles devraient être, deviennent fortement alcalines. Les recherches que j’ai faites m’ont démontré que les larmes sont très-fortement alcalines toutes les fois qu’on trouve une conjonctivite lacrymale.

Le séjour d’un liquide neutre entre les paupières ne produirait probablement pas d’altération, tandis que les larmes alcalines sont la cause d’une irritation dans la conjonctive, ce qui arrive d’autant plus facilement que la sécrétion graisseuse des glandes de Meibomiüs, qui se répand aussi à la surface de l’œil et le garantit contre l’action irritante des larmes, se transforme ’ par le mélange avec les larmes alcalines en une sorte de savon: La nouvelle quantité de larmes qui s’écoule ensuite, trouvant la cornée et la conjonctive complètement sèches et non graissées, les irrite d’une manière plus ou moins prononcée.

Au bout de quelque temps, celte irritation donne lieu à une conjonctivite suivie

(1) Gosselin et O. Lannelongue, Nouveau Dictionnaire de méd. et de chirurgie •pratiques. 1868j t. IX, p. 52. Art. Conjonctive.

de la sensation de sécheresse et de chaleur dans l’œil. L’action de l’air frais et humide sur la conjonctive et la cornée qui est privée de son enduit graisseux est facile à comprendre ; les nerfs trophiques de la conjonctive sont excités comme dans une kératite ou un iritis, ce qui amène une photophobie.

La photophobie s’observe surtout chez les personnes qui habitent les grandes villes ou les pays sablonneux, où la réverbération de la lumière est très-forte.

Les enfants qui ne peuvent pas travailler le soir au gaz et les personnes qui, par leur état, doivent lire et écrire beaucoup, se fatiguent immédiatement par l’exagération de la sensibilité. En examinant leurs yeux, on trouve le plus souvent de la conjonctivite lacrymale.

Différentes altérations des voies lacrymales peuvent occasionner cette conjonctivite: les points lacrymaux sont obstrués ou déviés, ou bien un rétrécissement occupe l’entrée dans le sac ou le canal nasal. L’injection avec la seringue d’Anel et le cathétérisme permettent de reconnaître la cause qui s’oppose à l’aspiration des larmes.

Les tumeurs lacrymales aiguës ou chroniques donnent aussi lieu à la conjonctivite lacrymale.

La fréquence des conjonctivites lacrymales est excessivement grande, et sur 809 malades atteints .des conjonctivites, que j’ai eu, l’occasion de soigner dans ces dernières années., j’ai pu constater 176 cas de conjonctivites lacrymales.

Diagnostic ctifférèratiei. — Jusqu’à ce jour la conjonctivite lacrymale a été méconnue par tous les auteurs : à peine signalé- t-on la possibilité d’une hypérémie conjonctivale dans les affections des voies lacrymales.

Cette maladie a jusqu’ici toujours été confondue, soit avec la conjonctivite catarrhale, soit avec la conjonctivite granuleuse.

Plusieurs symptômes, en effet, qui se rencontrent dans la conjonctivite lacrymale se montrent aussi dans l’affection catarrhale.

L’hypertrophie et le gonflement des glandes dans le cul-de-sac conjonctival que l’on observe dans la conjonctivite lacrymale, peuvent être aussi facilement confondues avec des granulations.

On distinguera une conjonctivite lacrymale d’une conjonctivite catarrhale, aux. signes suivants :

1° La conjonctivite lacrymale du rendes mois et des années, revient à chaque saison. Par le beau temps, ainsi que dans la journée, les malades ne se plaignent point, mais ils souffrent surtout le soir ;

2° Les bords des paupières sont légèrement déviés en dehors, ce qui n’a pas lieu dans la conjonctivite catarrhale ;

3° La conjonctivite catarrhale a une durée limitée : quelques semaines, ün ou deux mois ;

4° Dans les cas difficiles et embarrassants l’injection des voies lacrymales décide la question.

Pour distinguer l’affection dont nous nous occupons de la conjonctivite granuleuse, il faut examiner la paupière supérieure. Dans celle-ci les granulations sont ordinairement plus développées, tandis que dans la conjonctivite lacrymale les petites saillies que l’on prend pour des granulations occupent surtout le cul-de-sac inférieur; la portion palpébrale de la conjonctive n’est que légèrement injectée.

CONJONCTIVITE LACRYMALE.

Traitement. — Dans cetle affection, de même que dans beaucoup d’autres maladies oculaires, la conduite du médecin doit varier selon les symptômes que le malade accuse.

L’affection des voies lacrymales une fois reconnue, il est urgent de rétablir le cours naturel des larmes, en faisant avec la seringue d’Anel des injections d’eau tiède ou de collyres astringents par les points lacrymaux ; puis, aussitôt que les circonstances le permettent, il faut recourir à la dilatation des conduits lacrymaux au moyen de mon dilatateur, ou bien à l’incision du canal lacrymal et à l’introduction des sondes graduées dans le canal nasal, comme nous l’avons dit plus haut, en parlant des affections des voies lacrymales. La suppression du larmoiement ■amène la guérison de la conjonctivite lacrymale.

Mais en dehors du traitement chirurgical, qui n’est pas toujours accepté par le malade, il faut savoir trouver les moyens capables de calmer les symptômes principaux de la maladie.

C’est ici que l’usage des compresses froides sur les yeux peut apporter un soulagement réel, tandis que les cataplasmes et les compresses d’eau chaude, qui font beaucoup de bien dans la conjonctivite catarrhale, aggravent ordinairement la conjonctivite lacrymale.

La pommade de concombre fraîche réussit à adoucir les paupières irritées et prévenir leur agglutination pendant la nuit.

Parmi" les collyres qui peuvent être avantageusement employés, je considère celui qui contient du sulfate de zinc comme le plus efficace pour combattre la phlegmasie lacrymale des conjonctives. Le.sous -carbonate de soude et le borax en solution sont non moins utiles. Voici les formules dont je me sers habituellement, en faisant bassiner les yeux deux fois par jour :

2£ Eau distillée. . . . . 100 gr. I Eau distillée. .... 100 gr. I If Eau distillée . 100 gr.

Sulfate de zinc .. . 25 c. t Borax . 1 Sous-carbonate de

1 Eaudelaurier-cer. 5 | soude . 5 gr.

Ces mêmes astringents peuvent être employés sous forme de collyres en instillation.

"if Eau distillée. ....... 10 gram.

Sulfate de zinc . 0,05 cent.

(Instiller une goutte dans l’œil une ou deux fois par jour.) ;

Dans une conjonctivite lacrymale subaiguë j’emploie avec beaucoup de succès les cautérisations des paupières avec un cristal de sulfate de zinc qu’un jeune chimiste, Tabenski, élève du professeur Fremv, m’a préparé. Je ne cautérise habituellement que la conjonctive de la paupière inférieure près de l’angle interne de l’œil.

Bibliographie. — Galezowski, Essai sur la conjonctivite lacrymale et son influence sur la vue ( Gazette des Hôpitaux, 1868, p. /i33.) — Etchecoin, De la conjonctivite lacrymale, thèse de doctorat de Paris, 1868. — Fitz Gerald, Lacrymal conjonctivitis and its influence on the Sight (The Dublin Quarterly Journal of Medical science, nov. .1869,

^ Eau distillée . . 10 gram.

Borax . 0,25 cent.

Eau de laurier-cerise. . 1 gram.

(Instiller une fois par jour.)

galezow ski.

ARTICLE III

CONJONCTIVITE CATARRHALE.

La conjonctivite catarrhale est un véritable catarrhe de la muqueuse de l’œil. Ce catarrhe se développe très-souvent en même temps que le rhume de cerveau, le catarrhe bronchique, etc., les précède ou les suit de près, mais il petit se déclarer aussi d’une manière insolite.

C’est une des affections des conjonctives les plus fréquentes après la conjonctivite lacrymale et la conjonctivite granuleuse.

Contrairement à l’opinion de quelques auteurs, la conjonctivite catarrhale n’est point une phlegmasie simple; c’est une inflammation sui generis, et la sécrétion morbide qu’elle fournit présente tous les caractères de la spécificité, et se transmet souvent par contagion, comme l’a démontré Gosselin (1).

La conjonctivite catarrhale se manifeste sous l’influence des causes atmosphériques, de l’humidité, des miasmes méphitiques.

Symptomatologie. — Symptômes anatomiques. 1 . L’affection catarrhale des conjonctives se déclare le plus souvent d’emblée; le soir, le malade s’aperçoit d’une lourdeur ou pesanteur des paupières ; il ressent quelques légères cuissons, et le lendemain il se réveille avec un œil collé et les paupières gonflées. Un ou deux jours après l’autre œil est pris ; toutefois, les deux yeux peuvent être atteints en même temps.

2. Dès l’origine de la maladie les paupières sont gonflées, leurs bords libres et le grand angle sont rouges. La paupière supérieure ne peut plus se relever aussi facilement que de coutume.

3. La conjonctive palpébrale est très-fortement congestionnée et elle prend une teinte rouge ; elle est boursouflée, ses papilles sont épaissies au point qu’on ne peut plus apercevoir ni le tarse ni les glandes de Meibomius.

En examinant attentivement avec un verre grossissant la surface de la conjonctive, on reconnaît des réseaux vasculaires très-nombreux, dont les branches principales traversent toute l’étendue de la portion palpébrale et se recourbent dans le cul-de-sac pour se porter sur le bulbe. Ici leur nombre diminue; ils deviennent plus fixes et plus rares et s’arrêtent le plus souvent à une certaine distance du bord de la cornée. Quelquefois pourtant la rougeur se développe à un fort degré sur le globe de l’œil et gagne même le bord de la cornée sur une étendue de 2 millimètres.

U. La muqueuse palpébrale présente une multitude de villosités ; épaissie et d’un aspect veloutée, elle est parsemée d’inégalités qui ressemblent quelquefois à des granulations. Dans le cül-de-sac supérieur et inférieur, elle est tellement boursouflée qu’on y distingue une série de plis épais et rouges, parallèles entre eux.

5. On remarque très-souvent sur la conjonctive oculaire des ecchymoses plus ou moins étendues sous forme de plaques rouge orangé, à contours très-mal accusés. Desmarres père a même vu le sang s’extravaser en telle quantité que les malades semblent avoir reçu un coup.

(1) Gosselin, Mémoire sur l’origine par contagion des conjonctivites catarrhales (Archives gén. de medecine . 1869, avril). .

CONJONCTIVITE CATARRHALE.

6. La conjonctivite catarrhale se complique souvent de l’infiltration séreuse, qui envahit le tissu cellulaire sous-conjonctival sur toute l’étendue du globe de l’œil, ce qui constitue un étatparticuüerdeboursouflement que nousappelons chémosis séreux. C’est un bourrelet gélatiniforme, demi-transparent, qui entoure la cornée, et souvent il est produit par une infiltration plastique.

7. Les paupières elles-mêmes sont le siège d’un gonflement œdémateux tellement considérable, que le malade a beaucoup de peine à tenir les yeux ouverts.

8. Au début, la sécrétion est transparente, et elle contient en suspension des flocons de mucus. Mais bientôt elle devient abondante et est constituée par un liquide louche, albumineux, se transformant ensuite en un liquide muco-purulent, verdâtre ou jaunâtre, qui s’accumule surtout la nuit entre les paupières et les agglutine.

Des filaments de ce mucus souvent s’amassent dans le cul-de-sac ; quelquefois on constate leur présence sur la cornée.

9. Cette sécrétion s’écoule par le grand angle et le long du bord libre; le matin, les yeux sont collés et les cils agglutinés ; sur le bord libre l’on trouve de fortes croûtes, jaunâtres, friables, desséchées.

10. Les cils eux-mêmes sont collés par cette sécrétion et réunis sous forme de pinceaux. On reconnaît que ce liquide ne provient pas d’une blépharite, parce que les croûtes ne se trouvent pas à la base des cils, comme dans cette dernière maladie, mais plus près de leur extrémité.

Symptômes physiologiques. — Le premier phénomène que les malades éprouvent est la sensation de pesanteur et de lourdeur des paupières qui s’aggrave constamment le soir. En même temps, ils ressentent des picotements ainsi que la sensation de graviers dans les yeux. Ce phénomène est dû aux lambeaux de l’épithélium conjonctival en partie détachés ; ces lambeaux s’enroulent sur euxmêmes, et, tant qu’ils ne sont pas détachés, produisent cette sensation. On peut s’en convaincre en renversant la paupière et en l’examinant avec un verre grossissant. Quant à l’explication donnée par quelques auteurs, que ce sont les anses vasculaires gonflées contenues dans les papilles qui frottent contre la conjonctive bulbaire, elle est inadmissible. En effet, on ne comprend pas comment ces anses ne produiraient cette sensation que de temps en temps, et le plus souvent d’une manière insolite.

Par moments l’œil est sec, surtout au début ; mais bientôt les larmes coulent en abondance : un larmoiement très-fort se manifeste ; l’œil devient sensible au toucher et à l’action de la lumière. Le malade éprouve une sensation de chaleur dans les paupières ; il ne peut rien fixer ; tous les objets paraissent voilés ; le soir, la lumière semble entourée de cercles colorés, d’arcs-en-ciel, ce qui .tient à la décomposition des rayons lumineux à travei's une couche de larmes accumulées sur le bord libre des paupières, et non point à une élimination des cellules épithéliales de la cornée, comme le pensent quelques auteurs.

Tous ces symptômes s’aggravent le soir, et il survient quelquefois un peu de fièvre et de l’inappétence.

Les mouvements des paupières sont gênés à cause de leur roideur; celles-ci sont lourdes et s’ouvrent' difficilement; les malades ont de la tendance au sommeil.

Marche, durée, terminaison. — La conjonctivite catarrhale présente des

46k MALADIES DE LA CONJONCTIVE.

variétés très-nombreuses ; tantôt elle a une forme très-aiguë et se développe avec une rapidité extrême. Trois ou quatre jours après le début, les yeux se gonflent au point que le malade ne peut les ouvrir. D’autres fois, et c’est le cas le plus fréquent, elle prend une marche chronique.

Comme toutes les autres phlegmasies, cette affection s’aggrave le soir; elle augmente pendant quelques jours, reste ensuite stationnaire pour disparaître complètement ou se transformer en une conjonctivite chronique. Cette dernière issue s’observe surtout chez les personnes qui n’ont pu suivre leur traitement jusqu’à la guérison complète, ou bien chez tous ceux qui habitent des logements humides et insalubres.

Denonvilliers et Gosselin, qui divisent celte affection en trois périodes, ont calculé que la première se prolonge rarement au delà de 2 ou 3 septénaires ; la seconde est de 4 ou 5 jours, et enfin la période de résolution est la plus longue ; de sorte que la durée totale est de 30 à 40 jours.

Depuis que nous avons introduit le traitement abortif, cette durée n’est plus que de 4 à 10 jours.

Diagnostic différentiel, -r Rien n’est plus facile que de reconnaître la conjonctivite catarrhale à la sécrétion transparente mélangée de filaments de mucus, à la rougeur de la conjonctive, qui diminue au fur et à mesure qu’on s’approche de la cornée et à l’absence de douleurs circumorbitaires.

On pourrait la confondre avec :

1. La conjonctivite lacrymale ; mais l’examen des voies lacrymales et la chronicité de la maladie empêcheront toute erreur.

2. La conjonctive purulente. Celle-ci est accompagnée d’une sécrétion purulente dès le début, et elle est saisie, dès les premiers jours, d’un chémosis phlegmoneux.

3. La conjonctivite granuleuse subaiguë , consécutive aux granulations trèsnombreuses, que l’on retrouve surtout sur la conjonctive de la paupière supérieure.

4. L ’iritis, qui peut débuter quelquefois par une véritable conjonctivite catarrhale subaiguë. Mais la présence des douleurs circumorbitaires, la rougeur périkératique et la différence dans la coloration de deux iris, mettra le chirurgien sur la voie de la maladie réelle.

Ainsi, il s’est présenté cette année à ma clinique un malade atteint d’une véritable conjonctivite catarrhale de l’œil droit ; mais, par les signes ci-dessus mentionnés, nous avons reconnu une iritis. Deux semaines après, lorsque l’œil droit était guéri, c’était le tour de l’œil gauche, et l’affection avait débuté de même par une conjonctivite, comme cela a pu être constaté par les docteurs Paul et Daguenet.

Étiologie. Cette maladie est un simple catarrhe des conjonctives, qui se transporte très-souvent aux yeux des muqueuses voisines, du nez et de la gorge.

L’exposition au froid et à l’humidité est une des causes les plus fréquentes, ce qui explique pourquoi on les rencontre plus souvent en automne et au printemps.

Dans ces deux saisons, lorsqu’il y a des épidémies de grippe, les conjonctivites catarrhales ne sont pas rares. L’affection que l’on désigne en Angleterre sous le nom de hay-fever (fièvre de foin) se complique aussi, d’après Mackenzie, d’une conjonctivite catarrhale. N. Gueneau de Mussy a vu des faits analogues.

CONJONCTIVITE CATARRHALE. 165

Gosselin a démontré, en outre, que les conjonctivites catarrhales peuvent être engendrées : 1° par d’autres conjonctivites également Catarrhales et non purulentes; 2° par des conjonctivites franchement purulentes ; 3° par des conjonctivites ou des blépharites granuleuses, succédant ou noua des inflammations suppuratives.

Mais il n’est pas non plus douteux, que la conjonctivite catarrhale puisse devenir épidémique et régner pendant un certain temps dans les casernes ou d’autres endroits où il existe un grand encombrement.

Ces sortes d’épidémies ne peuvent s’expliquer que par la nature contagieuse de la sécrétion catarrhale ; mais la contagion peut se faire tout aussi bien par le contact direct que par l’air vicié. Tous les auteurs signalent des faits de transmission du catarrhe conjonctival par contagion ; pour ma part,- je connais plusieurs cas de conjonctivite catarrhale subaiguë transmise des enfants aux parents et autres membres de la famille. Ainsi j’étais appelé en consultation, au mois d’août 1869, par le docteur Mallet, auprès d’un négociant de Paris, atteint d’une conjonctivite catarrhale des plus violentes. Cette affection lui est venue d’un de ses enfants, et peu de temps après, tous les autres enfants de la maison ont été atteints de la même maladie. Il n’y avait là aucune trace de granulation, et cette petite endémie a disparu assez rapidement sous l’influence du traitement antiphlogistique et abortif.

Les vidangeurs et les égouttiers étaient autrefois sujets à des conjonctivites catarrhales. Aujourd’hui, avec l’admirable organisation des égouts de Paris, ces conjonctivites miasmatiques sont beaucoup plus rares.

La conjonctivite catarrhale est ordinairement binoculaire; elle commence dans un œil, envahit l’autre le lendemain ou le même jour.

Anatomie pathologique. — La conjonctivite catarrhale est une affection le plus souvent passagère qui ne laisse pas de désordres notables dans la muqueuse oculaire.

Pendant la période aiguë, il se manifeste un engorgement considérable des vaisseaux, dont plusieurs sont rompus. L’épithélium est enlevé sur une grande étendue, et par places j’ai trouvé même des ulcérations superficielles qui ont laissé plus tard des cicatrices.

Le tissu cellulaire sous-conjonctival, de même que les papilles de cette dernière membrane, sont boursouflés et œdématiés ; mais les papilles ne tardent pas à revenir à l’état normal.

A la suite d’un catarrhe de longue durée, les orifices des glandes de Meibomius se rétrécissent et se bouchent, d’où l’engorgement consécutif de ces glandes.

Examinée au microscope, la sécrétion présente une masse de cellules épithéliales détériorées, nageant dans le liquide louche albumineux; ces cellules sont agglutinées dans des filaments de mucus; on y trouve aussi des globules de pus.

Pronostic. — La conjonctivite catarrhale est une affection bénigne ; soignée énergiquement dès le début, elle guérit au bout de A à 6 jours. Abandonnée à elle-même ou soignée par de simples émollients, elle peut devenir chronique ; alors la guérison radicale est difficile, surtout chez les vieillards.

De fréquentes récidives de catarrhe conjonctival peuvent entraîner des altérations du côté des voies lacrymales, amener leur rétrécissement ou leur obstruction.

Complications. — Des complications peuvent survenir du côté des conjonctives, de la cornée et de l’iris lui -même.

Sur la conjonctive bulbaire, une ou plusieurs phlyctènes peuvent se montrer. L’apparition de chacun de ces boutons amène une légère recrudescence de la maladie, qui ne dure que quelques jours et n’a aucune gravité.

Quelquefois la cornée est le siège d’abcès de nature phlycténulaire ou herpétique ; dans d’autres cas, ces abcès sont profonds et présentent de la gravité s’ils ne sont pas soignés immédiatement.

Les iritis se rencontrent rarement dans cette maladie ; je les ai vus se produire chez les individus scrofuleux ou syphilitiques, qui avaient été déjà atteints précédemment d’iritis.

En général, cette complication n’offre pas de gravité et peut être facilement guérie.

Traitement. — Beaucoup de remèdes et de méthodes curatives ont été préconisés pour la guérison du catarrhe conjonctival, mais le succès n’a pas été souvent aussi satisfaisant qu’on pourrait le désirer. Après les avoir expérimentés les uns après les autres, j’ai adopté une règle de conduite toute particulière qui m’adonné des résultats très-favorables.

i. Dans une conjonctivite subaiguë, accompagnée ou non de chémosis, on doit recourir dès le début au traitement abortif. La cautérisation des conjonctives avec un cristal de sulfate de cuivre nous a paru le moyen le plus sûr pour arrêter le mal. On touche la conjonctive palbébrale inférieure dans toute son étendue et l’on calme les douleurs consécutives avec des compresses d’eau froide, qu’il ne faut pas pourtant garder sur les yeux plus de cinq minutes.

Ces cautérisations seront renouvelées une fois tous les jours, pendant quatre ou cinq jours. Dans la majorité des cas, ce temps sera suffisant pour obtenir la guérison.

' 2. Lorsque l’affection a duré plusieurs jours, que les conjonctives et les paupières sont boursouflées, au point que le malade ne peut les ouvrir et qu’il souffre beaucoup, il est alors urgent d’appliquer près de chaque oreille huit ou dix sangsues chez un adulte, et deux- ou trois chez les enfants.

3. Des cataplasmes tièdes de fécule de riz ou de pomme de terre cuite, seront posés deux ou trois fois par jour et maintenus sur les yeux, chaque fois, pendant une heure. Ensuite, on lavera les yeux avec de l’eau de guimauve, de l’eau de laitue ou de la décoction de têtes de pavots. I/applicalion des émollients a toujours été recommandée par Desmarres. Je me suis convaincu que ce moyen soulage beaucoup les malades; mais je ne puis pas comprendre la préférence accordée par quelques auteurs, entre autres par Wecker (1), aux compresses imbibées d’eau froide. C est une pratique mauvaise : le froid, qui engendre souvent la conjonctivite catarrhale, ne peut que l’aggraver. Plusieurs malades qui, avant de me consulter, ont suivi ce traitement, s en sont mal trouvés, et il me semble très-naturel de voir le professeur Arlt (2) proscrire cette pratique comme nuisible.

U. Le malade sera purgé avec une dose de 25 à 30 grammes d’huile de ricin, ou une bouteille de limonade purgative (45 à 60 grammes).

5. Chez des malades fortement enrhumés, qui ont un coryza, avec fièvre, maux de tête, etc. , le sulfate de quinine, administré tous les soirs, à la close de 40 ou . 60 centigrammes, peut être très-avantageusement employé.

(1) Wecker, Traité des mal. des yeux. 1867, 1. 1, p. 25.

(2) Arlt, Die Krankheiten des Auges, für praktischê Aerzte geschildert. Prag., 1855.

CONJONCTIVITE LACRYMALE.

6. Pour la nuit, les paupières seront soigneusement enduites avec de la pommade de concombre fraîche.

7. Il arrive que les malades ne se laissent point cautériser les paupières, ou qu’il leur est impossible de venir tous les jours à la consultation.

Dans ce cas, je prescris l’instillation, une fois par jour, du collyre au sulfate de cuivre. Desmarres père emploie ce même médicament en pommade.

If Eau distillée . 10 gram. “if Axonge . 2 gram.

Sulfate de cuivre. 0,10 à 0,25 cent. Sulfate de cuivre . 25 cent,

(Galezowski.) (Desmarres.)

8. Quelquefois, 1 application sur les yeux de compresses imbibées dans la solu¬

tion d’acétate de plomb, peut donner de laisse entrer un peu de ce liquide dans les yeux, en entr’ouvrant ses paupières. On peut se servir de ce même collyre pour en baigner les yeux dans une œillère, (fig. 82).

7f Eau distillée . . 100 gr.

Sous-acét . de plomb liquide . 1

If Eau distillée . 100 gram.

Sulfate de cuivre. .... 10 cent.

bons résultats, pourvu que le malade

Fig. 82. — Œillère.

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