DERMOÏDES, POLYPES ET VÉGÉTATIONS CHARNUES DE LA CONJONCTIVE
A. Dermoïdes. — Les dermoïdes sont des tumeurs qui se développent constamment au bord de la cornée. Elles sont d’une couleur gris jaunâtre, lisses, mais couvertes à la surface de nombreuses sinuosités, et souvent garnies -de poils. Le dermoïde atteint le volume d’une lentille et au delà ; Soelberg Wells dit avoir vu en 1860, dans la clinique de Graefe, un dermoïde qui recouvrait les deux tiers de la cornée.
Ces tumeurs sont élastiques, et se montrent au microscope composées d’éléments du tissu cellulaire élastique, au milieu duquel se trouvent, en plus ou moins grande .quantité, des follicules pileux, beaucoup de graisse et de nombreux vaisseaux.
Les dermoïdes sont le plus souvent congénitaux : ils se rencontrent simultanément avec des tumeurs de même nature, soit au sourcil, soit dans d’autres parties de la face. Dans le cas observé par Virchow, les deux yeux d’un malade présentaient la même altération.
L'extirpation doit être pratiquée avec soin, et il faut détacher soigneusement la tumeur dans son point d’implantation à la cornée.
B. Polypes. — Les polypes de la conjonctive, analogues à ceux que l’on rencontre dans les fosses nasales, sont excessivement rares. Ils sont constitués par de petites tumeurs pédiculées, d’un rose pâle, quelquefois avec une teinte légèrement jaunâtre.
Ces polypes sont peu volumineux et s’implantent en général près de la caroncule ou du pli semi-lunaire. Lawrence en a observé les premiers exemples, et depuis, Desmarres, Graefe et Arlt ont rapporté des faits analogues. L’excision simple avec un coup de ciseaux amenait habituellement la guérison ; mais, dans un cas, Arlt a été obligé de faire plusieurs excisions et des cautérisations successives, tant il y avait chez son malade de prédisposition aux récidives.
C. Végétations charnues. — On voit quelquefois à la surface de la conjonc-
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tiv6 des végétations charnues dont la cause est le plus souvent traumatique, tellgj que blessure, opération du strabisme, cautérisation et irritation permanente de la conjonctive par un œil de porcelaine. Ces végétations doivent être enlevées avec des ciseaux, mais il faut s’appliquer, en outre, à faire disparaître la cause de l’irritation.
Bibliographie. — Guépia, Annales d’oculist., vol. I, suppl., p. 101. — Ryba, Prager Vierteljahrschrift, t. III, 1853. — Virchow, Archiv f. pathologische Anatomie und Physiologie, 185 h, t. VI, p. 555.— Hayset Lawrence, Treatise on the Diseases of the Eye, Americ. edit. Philadelphia, 1854, p. 341. — Graefe, Ungewenliche Formen von Dermoïdes ( Archiv f. Ophthalmologie, Bd. XII, Abth. 2, p. 226). — Seitz, Handbucli der Ges. Augerdieilk. Erlangen, 1855, p. 90.
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