‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 75 sur 245 · KYSTES ET LITHTASES DE LA CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

KYSTES ET LITHTASES DE LA CONJONCTIVE

A. Kystes. — Les kystes transparents ou vésicules ne sont pas rares; leur volume est celui d’une grosse tête d’épingle ou d’un pois ; ils sont situés près du bord interne ou externe de la cornée. Le liquide qu’ils contiennent est limpide, transparent, aqueux, et il se reproduit très-rapidement après la piqûre.

Les kystes de la conjonctive sont de trois sortes; les uns sont transparents, comme des vésicules, placés sur le globe de l’œil ; les autres sont blancs, sébacés, développés sur la conjonctive palpébrale, et les troisièmes sont des hydatides.

En enlevant la paroi antérieure de ces kystes, on les guérit radicalement. Tous les autres moyens sont inefficaces.

Kystes sébacés. — On rencontre sur la conjonctive palpébrale des taches blanchâtres, plus ou moins grandes et qui font souvent saillie à la surface de la conjonctive. Ces taches ont été souvent confondues avec des lithiases. L’observation m’a démontré, au contraire, que les lithiases sont excessivement rares, et que, dans la majorité des cas, ce sont des kystes sébacés, développés soit dans les glandes superficielles de Meïbomius, soit dans les glandes en grappes du cul-de-sac conjonctival.

Kystes hydatiques. — Les cysticerques ont été rencontrés quelquefois sous la conjonctive oculaire ou palpébrale. Sichel a pu distinguer à travers ses parois un point jaunâtre qui correspondait à la tête et au cou de l’animalcule.

B. Lithiases. — Les lithiases ou concrétions calcaires peuvent se développer dans la conjonctive, dans une des glandes de Meïbomius ou une glande en grappe qui a été obstruée. Ces concrétions sont dures, anguleuses, blanchâtres ou jaunâtres; au bout de quelque temps, elles perforent la paroi du kyste et font saillie à la surface de la conjonctive.

Comme elles siègent habituellement à la surface conjonctivale de la paupière supérieure, elles frottent la cornée et produisent à sa surface des érosions et des ulcères. L’œil devient rouge, irrité ; la photophobie se déclare, et ces altérations durent tant que la pierre reste implantée dans la conjonctive.

Quelquefois ces petites pierres finissent par s’échapper toutes seules, et immédiatement tous les symptômes s’amendent et l’œil guérit. Mais il est le plus souvent nécessaire de faire l’énucléation de cette concrétion calcaire. C’est ainsi que j’ai guéri une jeune fille atteinte d’une kéralo-conjonctivite, qui m’avait été adressée parle docteur Raymond, de Paris. En renversant la paupière, j’ai trouvé une petite lithiase saillante, que j’ai extraite facilement d’une loge profonde et à parois rigides. Dès ce moment la malade guérit. L’examen de la petite pierre, fait par Corail, démontra qu’elle était composée de cristaux de sels calcaires.

Des faits analogues ont été rapportés par Weller, Walther, Desmarres et autres.

Bibliographie. - Desmarres, Traité des maladies des yeux , t. Il, p. 200 - Sichel, M nographie ophtalmologique p. 702'. - Bizet, Kyste pileux de la conjonctive ocul. (Annale. (Toculist. t. LV, p. 29). — Benedict, Handb. der prakt. Augenheilk., Thl. I, p. 266.

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