‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 9 sur 245 · PHLEGMON ET ABCÈS DES PAUPIÈRES · texte numérisé non relu

PHLEGMON ET ABCÈS DES PAUPIÈRES

La marche de cette affection est très-rapide ; la tuméfaction gagne la face et le cou, et quelquefois la mort survient au bout de trois ou quatre jours. Dans d’autres cas, la paupière se détruit, et l’œil se trouve, suivant Lisfranc (1), complètement perdu. L’indication principale, pour le traitement de cette affection, est, on le conçoit, de s’opposer avec la plus grande rapidité possible à l’absorption du pus vénéneux. Lisfranc cautérisait avec le fer rouge toute la partie gonflée, ainsi que la pustule. Bourgeois (d’Etampes) préfère employer la potasse caustique.

Le traitement tonique, le vin et le rhum devront être prescrits à l’intérieur.

Affection farcineuse. — On a confondu l’ulcération farcineuse des paupières avec la pustule maligne. Mackenzie dit avec raison que le diagnostic devient facile lorsqu’on se rappelle que, dans la morve, une affection constitutionnelle ayant quelque analogie avec le rhumatisme précède les symptômes locaux. Dans la pustule maligne, au contraire, l’affection débute par le mal local.

Rayer et A. Tardieu ont rapporté des faits très- intéressants de l’affection farcineuse des paupières, et dernièrement mon excellent confrère et ami, le docteur Tarnawski, a cité un cas d’affection morveuse des paupières et de l’œil, que j’ai pu observer moi-même sur un malade de l’Hôtel-Dieu.

En jugeant d’après ces quelques faits, ou peut conclure que l’affection farcineuse des paupières atteint de préférence les angles, qu’elle apparaît sous forme du pustules ou d’abcès, se transformant très-rapidement en croûtes desséchées. La gangrène n’est pas ici fréquente; mais la suppuration se transmet à la conjonctive et à la cornée, comme cela est arrivé chez le malade de Tarnawski.

L’affection générale est très-grave et presque constamment mortelle.

Il arrive quelquefois que la morve et le farcin sont accompagnés de tuméfaction excessive des paupières; avec exophthalmie pldegmoneuse. De Graefe (2) en a rapporté un cas analogue, et l’examen ultérieur fait par Virchow a fait découvrir des nodosités morveuses dans la choroïde.

Pour traitement local, je conseille le chlorure de zinc en une faible solution pour la conjonctive, et comme agent caustique pour la paupière.

Bibliographie. — Elliotson, Médico-Chirurgical Transact., vol. XVI, 1830 et 1833. — Rayer, De la morve et du farcin chez l’homme ( Mém . de l’Acad. de mèd., 1837, t. VI, p. 733). — Vigla, Thèse de Paris , 1839. — A. Tardieu, De la morve et du farcin chronique , thèsp de Paris, 1843. — Bourgeois d’Étampes, Arch. génèr.'de mèd., 1843, et Traité de la pustule maligne, 1861. — Raimbert, Traité des maladies charbonneuses, 1859, et Nouveau Dictionn. de mèd. et de chirurg. prat., Paris, 1867, t. VII, .p. 143, art. Charbon. — Tarnawski, De la morve et du farcin chronique chez l’homme, et de leurs complications, thèse de Paris, 1867.

ARTICLE IV

Page 1