Muscle droit e«^eme(fig
7 et 11). — Il naît par deux faisceaux, l'un inférieur, provenant de l'anneau de Zinn, et l'autre supérieur, naissant, d'après Sappey, de
Fig. 360. - Muscles de l'œil gauche (*). ^^^"^ ^'^^^"^^ "^^^
sieme paire. De la, le muscle se porte en avant et en dehors, en longeant la paroi externe de l'orbite, contourne la partie
{*) \, nerf optique ; 2, glande lacrymale ; 3, gaîne du nerf optique ; 4, anneau de Zinn; 5, orifice pour le passage des nerfs moteurs, oculaire commun et externe du nerf nasal ; 6, orifice pour le passage d'une veine ; 7, insertion du droit externe ; 8, releveur de la paupière supérrëure ; 9, droit supérieur; 10, droit interne; M, droit externe ; 12, grand oblique ; 13, son tendon plectis ; 14, sa poulie de réflexion (Beaunis et Bouchard).
MUSCLES DE l'OEIL.
saillante du globe de l'œil, et s'atlache à la sclérotique à 7 millimètres de la cornée. Ce muscle est le plus long de tous les muscles droits, et envoie, d'après Tenon et Richet, un faisceau musculaire accessoire, qui va s'insérer à l'angle externe de l'orbite.
4. Muscle droit supérieur (fig. 360, 9). — Il prend son origine à la gaîne fibreuse qui entoure le nerf optique, et à la partie interne de la fente sphénoïdale. Transformé comme les autres muscles en un faisceau aplati, il contourne la partie équatoriale de l'œil, et, à 6 millimètres de la cornée, il s'attache à la sclérotique par un tendon Jarge de 7 millimètres, dont la plus grande partie se trouve en dedans de la ligne médiane.
6 . Muscle petit oblique ou ""^ ' ' '"^'^ ' \MLJ\] oblique inférieur (fig. 361, Fig. 361. — Muscles de l'œil, couche profonde (*). i 0). — Il s'insère sur le plancher inférieur de l'orbite, un peu en dehors du sac lacrymal et tout près du bord orbitaire inférieur; de là il se porte en dehors et en arrière, glisse entre le globe de l'œil et les muscles droit inférieur et droit externe ; puis il va s'insérer par une large aponévrose au quart supérieur externe et postérieur du globe, au voisinage du bord externe du droit supérieur, et presque en face de l'insertion du grand obHque.
7. Muscles orbitaires. — Des quatre muscles droits et du petit oblique, on voit, d'après Sappey, se détacher autant de prolongements se rendant aux parties correspondantes dn bord orbitaire. Ils portent, d'après cet auteur, les noms de muscles ■orbitaires externe, interne et inférieur.
8. Aponévrose orbito- oculaire ou capsule de Tenon. — Elle est constituée par une membrane fibreuse provenant d'un dédoublement du périoste. Tenon (1) était le premier qui l'avait décrite avec soin, puis elle a été mieux étudiée par Hélie (2) et Richet (3). Selon Sappey (4), l'aponévrose orbitaire s'irradie, au contraire, du globe de l'œil comme d'un centre, sur les muscles qui le meuvent^ puis s'étend jusqu'aux parois de l'orbite et aux bords adhérents dos paupières.
Le périoste orbitaire, en sortant du trou optique (a, fig. 362), tapisse la cavité or- Wtaire jusqu'à sa base 6; là, il se dédouble en deux feuillets, l'un qui se porte en haut sur le front et en bas sur l'os maxillaire, et l'autre qui s'engage dans l'épaisseur de ia paupière jusqu'au tarse, pour constituer son ligament suspenseur. En se réflécliis-
(1) Tenon, Mém. d'anat. et de physioL, 1806, p. 200.
(2) Hélie, thèse de Paris, 18/il.
(3) Vàchti, Anat.7néd.chirur g., Paris, 1860, p. 326.
(4) Sappey, Traité d'anat. descript., t. II, 1^^ part., p. 115, 1868.
{*) 8, pyramidal; 9, sourciller ; 10, muscle petit obliqiie de l'œil ; tt, muscle grand oblique ; 18, transverse du nez.
MUSCLES DE L'OEIL
sant sur elle-même (le l'œil en avant, jusqu'au
voisinage de
FiG. 362: — Aponévrose orbito-oculaire
la capsulé double le cul-de-sac conjonctival, se porte sur le globfr la cornée (c). Ici elle revient de nouveau sur elle-même, et se porte en arrière pour recouvrir l'hémisphère postérieur du globe, auquel elle n'est unie que par uu' tissu cellulaire lâche. Arrivée vers le nerf optique e, elle s'épaissit rapidement, et se confond intimement avec la gaîne externe, qui peut être considérée comme sa continuation directe.
Il résulte de cette exposition que i'a- " ponévrose orbito-oculaire forme une sortede cavité close postérieure qui renferme le tissu cellulo-adipeux, les muscles de l'œil, les vaisseaux et les nerfs. En avant de cette aponévrose se trouve une autre cavité qui est uniquement occupée par le globe de l'œil. Les muscles de l'œil (m^m) sont situés dans la cavité postérieure, au milieu du tissu cellulo-graisseux^ etils ne peuvent s'insérer à la sclérotique qu'après avoir franchi la capsule.
Lorsqu'on examine ces organes en détail, on voit que chaque muscle, en sortant de la capsule, est entouré, sur une certaine étendue, d'une gaîne aponévrotique; le prolongement de la capsule elle-même.
On comprend dès lors que, pour fairela section d'un de ces muscles, il faut ouvrir préalablement la capsule.
Nerfs moteurs de Vœil. — Les muscles de l'œil sont pourvus de nerfs qui président à leurs mouvements. Les droit interne, droit supérieur, droit inférieur et le petit oblique, reçoivent leurs fibres nerveuses de la troisième paire, tandis que le droit externe possède le nerf de la sixième paire, et le grand oblique le nerf pathétique ou quatrième paire. Examinons chacun de ces nerfs.
1 . Nerf oculo-moteur commun {troisième paire). — Ce nerf naît, en apparence, à la faee interne du pédoncule cérébral, près de l'espace inter-pédonculaire. L'origine réelle de ces nerfs est située, d'après Stilling, dans la protubérance, tout près de son bord antérieur et un peu au-dessous de l'aqueduc de Sylvius (fig. 363, 5) . Les fibres de ces deux nerfs s'anastomosent sur la ligne médiatie, comme cela avait été démontré par Vul-
c est
FiG. 363. — Coupe horizontale pratiquée à la naissance des pédoncules cérébraux. Origine de l'oculo-moteur commun, d'après Stilling (**).
(*) a^b,c,e, aponévrose orbito-oculaire ; cavité postérieure de l'orbite ; mm, muscles de l'œil.
(**) 1, Espace interpédonculaire ; 2, coupe de l'aqueduc de Sylvius ; 3, raphé médian ; 4, masses de fibres couplées transversalement et comprenant dans leurs intervalles des cellules nerveuses, ces fibres appartiennent aux pédoncules cérébelleux supérieurs au-dessus de leur décassation ; 5, racines du nerf oculo-moteur commun ; 6, noyau de ce nerf; 7, coupe du tubercule quadriiumeau antérieur; 8, pédoncule cérébral: 9, substance noire- Incvs. ni'jer).
MUSCLES DE L'OEII..
pian; elles se portent vers la surface des pédoncules cérébraux, où elles se réunissent en un cordon nerveux. De là ce nerf se porte en avant et en dehors, chemine dans ^ la paroi externe du sinus caverneux, au-dessus du moteur oculaire exierne, en ! dedans du nerf pathétique et de rophthalmique de Willis. Il pénètre ensuite dans l'orbite en traversant la fente sphénoïdale, entre les deux tendons du droit externe. C'est dans son trajet du sinus caverneux que le nerf moteur oculaire commun s'anastomose avec l'ophthalmique de Willis, et avec le grand sympathique.
Arrivé dans l'orbite, il se divise en deux branches : la supérieure, qui se rend au droit supérieur, et l'élévateur de la paupière supérieure, et la branche inférieure, fournissant des filets nerveux aux droit interne, droit inférieur, petit oblique et au ganglion ophlhalmique, — Comme nous verrons plus loin, d'après les faits pathologiques, il doit exister un filet spécial se distribuant dans les fibres inférieures du droit interne et les fibres internes du droit inférieur.
2 . Nerf pathétique ( quatrième paire) (fig. 363, 3). — Né en apparence au sommet de la valvule de Vieussens, derrière les tubercules quadrijumeaux, il paraît provenir, d'après Vulpian, en partie du ruban de Reil et en partie du pédoncule cérébelleuxsupérieur. Après avoircontourné la protubérance et la face inférieure du pédoncule cérébral, il longe le bord interne de la grande fente de Bichat, et s'engage dans
l'épaisseur de la paroi externe du sinus caverneux, au-dessus de l'ophthalmique et en dehors du moteur oculaire externe. Il pénètre dans l'orbite par la fente sphénoïdale^ et se distribue au muscle grand oblique. Il est remarquable, d'après Claude Bernard, par l'anastomose qu'il offre avec la cinquième paire, que l'on peut distinguer sur la. figure ci-jointe (fig. 364).
3. Nerf moteur oculaire externe [sixième paire). — 11 prend naissance iuimédiatement derrière la protubérance, dans le sillon qui sépare cette dernière du bulbe rachidien. D'après Lockhart-Clarke (1) et Duchenne (de Boulogne), ces nerfs prennent
(1) Lockhart-Clarke, Rcsearches on the intimité structure of the Brain {Philosopkicaf transactions). Vart. ], 1868, p. 302.
(*) 1, ganglion de Gosser ; 2, nerf oculo-nioteur commun ; 3, nerf pathétique ; 4, nerf optique; 5, ncif frontal ; 6, nerf lacrymal; 7, nerf nasal; 8, brandie ellimoidale du nerf nasal ; 9, nerf trocliléateiir ; 10, ncif frontal interne ; 1 1 , nerf frontal externe ; 12, branches terminales cutanées du lacrymal ; 13, branches que c nerf fournit à la glande lacrymale ; 14, filet anastomotique du lacrymal sur le rcmeau oibitaire du maxillairesupérieur (Beaunis et Bouchard).
MUSCLES DE L'ŒIL
ïiaissance réelle dans les noyaux centraux, qui sont situés en arrière du point de la réunion des pyramides antérieures avec le bord inférieur du pontde Varole, près des fasciculus téres du plancher de quatrième ventricule. De cette façon, il se trouve d'une part au voisinage de la sixième paire du côté opposé, et de l'autre à côté de la septième paire. Vulpian a pu suivre ces fibres jusque dans l'épaisseur de la protubérance; peut-être sont-ce des communications avec le noyau de la troisième paire du côté opposé, et alors on s' expliquerait la simultanéité des contractions de la sixième paire d'un côté et de la troisième paire du côté opposé.
FiG. 365. — Anastomoses du nerf pathétique (*).
Détaché de la masse cérébrale, il se porte en dehors et en avant sur les côtés de la lame quadrilatère du sphénoïde, et s'engage ensuite dans le sinus caverneux entre la carotide interne et le pathétique. Dans l'orbite, il pénètre à travers la fente sphénoï- •dale, entre les deux tendons du droit externe, dans lequel il se distribue tout entier. Dans des cas exceptionnels, il envoie des ramifications au petit oblique et au ganglion ophthalmique.
Ce nerf s'anastomose dans le sinus caverneux avec le plexus de ce nom et l'ophthalmique.
Physiologie des muscles et des nerfs moteurs de l'œil. — Les trois paires de nerfs crâniens que nous venons de décrire sont destinées à animer les six muscles 'qui concourent aux mouvements de l'œil.
Le nerf moteur oculaire commun fait contracter les muscles droit interne, supérieur, inférieur, le petit oblique et l'élévateur de la paupière supérieure. Les deux troisièmes paires peuvent agir simultanément et faire converger les yeux vers un point qui se trouverait situé sur la ligne médiane ; lorsque, au contraire, on regarde soit à droite, soit à gauche, il y a simultanément contraction de la troisième paire dans un œil et de la sixième paire dans l'autre.
Pour bien comprendre l'action des muscles oculaires, il faut envisager l'œil comme une sphère suspendue dans l'orbite et exécutant les mouvements de rotation autour de son centre. Dans tous ces mouvements, le méridien vertical des deux yeux reste toujours parallèle, mais il peut conserver sa direction verticale, ou devenir oblique, comme nous le démontrerons bientôt.
L'action des muscles oculaires est complexe; ils n'agissent jamais isolément, mais par groupes qui sont en antagonisme les uns des autres. Voici les différentes directions dans lesquelles l'œil exécute ses mouvements :
1° Le mouvement de Vœil en dedans et dans le plan horizontal s'exécute à l'aide àe trois muscles : droit interne, droit supérieur et droit inférieur; ces deux derniers, comme nous avons vu, s'insèrent par la plus grande partie de leurs fibres en dedans ée l'axe optique, et se contractent avec le droit interne.
(*) M, miiscle grand oblique dans lequel se distribue le nerf pathétique P, P'; nerf moteur oculaire externe; ■O, nerf optique ; G, nerf moteur oculaire commun, présentant là, dans le sinus caverneux, un aspect grisâtre, <:omme ganglionnaire ; tronc de la cinquième paire ; L, nerf maxillaire inférieur ; S, nerf maxillaire supé- Tieur; X, nerf frontal interne ; P, P', nerf pathétique ; A, anastomose en arcade de ce pathétique sur le frontal interne; F, nerfs frontaux de la branche ophthalmique v,Cl. Bernard).
MUSCLES DE L'OEIL
2" Le mouvement de l'œil horizontalement en dehors se fait par la contraction simultanée de (rois muscles, qui sont : le droit externe, le grand et le petit oblique.
3° Le mouvement de Vœil verticalement en haut est produit par l'action combinée du droit supérieur, de l'oblique inférieur et des fibres supérieures du, droit interne.
4® Dans le mouvement de Vœil verticalement en bas, il y a aussi trois muscles qui se contractent; ce sont : le droit inférieur, le grand oblique, et les libres inférieures du droit interne.
Dans tous ces quatre mouvements, le méridien vertical conserve sa direction verticale. Les quatre directions suivantes sont accompagnées d'inclinaison du méridien vertical soit en dedans, soit en dehors.
5° Le mouvement diagonal en haut et en dedans s'exécute au moyen de deux muscles : du droit supérieur et du droit interne (fibres supérieures). Le méridien vertical s'incline en dedans.
6° Bans le mouvement diagonal en haut et en dehors, deux muscles y prennent part; ce sont : le petit oblique et le droit externe. Le méridien vertical est incliné en dehors.
7° Le mouvement diagonal en bas et en dedans s'exécute par la contraction du droit inférieur associé au droit interne.
Il est plus que probable que ce ne sont que les fibres inférieures du droit interne" et les fibres internes du droit inférieur qui se contractent séparément de la masse dedeux muscles, et cette contraction doit s'exécuter au moyen d'un filet nerveux isolé» J'ai rencontré, en effet, deux cas dans lesquels il n'y avait que la paralysie de ces parties des muscles sans que les aiitres portions de la troisième paire aient été endommagées. Le méridien vertical était légèrement incliné en dehors.
8"^ Le mouvement diagonal en bas et en dehors exige la contraction simultanée du grand oblique et du droit externe. Le méridien vertical s'incline en dedans.
On voit, par cette exposition, que chaque mouvement de l'œil, dans une des directions verticale ou horizontale, se fait à 1 aide d'un groupe de trois muscles qui se contractent au même degré que les trois antagonistes se relâchent. Les mouvements obliques, en diagonale, ne se font que par la contraction des groupes de deux muscles, qui ont un nombre égal de muscles antagonistes; ces derniers se relâchent au moment 011 les autres se contractent, et vice versa.
Dans les mouvements associés des deux yeux, il y a constamment le même nombre de muscles qui agissent dans chaque œil. Si nous fixons, par exemple, un objet placé en face de nous sur la ligne médiane, il y a trois muscles dans chaque œil qui se contractent simultanément ; ce sont : les droits internes, les droits inférieurs et les supérieurs.
Quand nous regardons en bas et à gauche, il n'y a que deux muscles qui se contractent dans l'œil gauche ; ce sont : le grand oblique et le droit externe, et au même moment l'œil droit se tourne vers le côté gauche et en bas par la contraction du droit inférieur et du droit interne^ etc.
Ce n'est que dans ces conditions que la vision binoculaire peut se faire et l'objet, être vu simple, parce que^ sous l'influence de la force égale des contractions musculaires dans les deux yeux, l'image de l'objet frappe les points identiques des deux rétines et produit Teffet d'une vision simple. Mais il suffit que, dans un groupe quelconque, un des muscles manque pour que l'équilibre dans les mouvements des deux yeux cesse, et que la diplopie ou vision double apparaisse. L'œil, dans ce cas, prend une direction vicieuse, il se dévie soit en dehors, soit en dedans, ce qui constitue un état pathologique appelé strabisme.
MUSCLiiS DE l'cEIL.