‹ Traité des maladies des yeux (volume 4)Chapitre 85 sur 122 · MODE D'EXPLORATION DES MUSCLES DE L'OEIL · texte numérisé non relu

MODE D'EXPLORATION DES MUSCLES DE L'OEIL

Il n'est pas toujours facile de reconnaître l'existence de certaines affections des muscles de l'œil, c'est pourquoi il est nécessaire de procéder, dans l'examen de ces maladies, avec ordre et méthode.

Les affections des muscles se traduisent habituellement soit par mi affaiblissement de contractilité, soit par une contraction exagérée. Dans l'un comme dans l'autre cas, il se produit une déviation de l'œil ou strabisme.

1. Dans un degré très-prononcé de strabisme, la déviation peut être remarquée avec facilité même à une grande dislance. Lorsqu'au contraire le strabisme est léger, on peut le reconnaître de la manière suivante : on ouvre un œil du malade en mettant la main au devant et on lui fait fixer de l'autre œil un objet quelconque que l'on lient en face de lui à la distance de 25 centimètres. Si pendant cette expérience l'œil caché se trouvait dévié, il fait un mouvement brusque pour se tourner soit en dedans, soit en dehors, dès qu'on le découvre. Ce mouvement tardif exécuté par l'œil dévié indique la présence d'un strabisme.

2. Les paralysies des muscles de l'œil se reconnaissent facilement lorsqu'elles sont complètes, leur diagnostic présente au contraire quelques difficultés lorsqu'il ne s'agit que d'un simple affaiblissement d'une paire de nerfs. Dans l une comme dans l'autre de ces variétés, l'examen fait à distance peut être d'une certaine utilité. C'est ainsi que, dans la paralysie de la troisième paire, la chute de la paupière supérieure sera remarquée de loin. Dans les paralysies de la sixième ou de la quatrième paire, le malade, pour éviter la diplopie, tournera la têle du côté opposé à la paralysie, chaque fois qu'il voudra fixer quelque chose ou qu'il s'avancera de face.

3. En faisant tourner fortement les yeux à droite ou à gauche, on verra qu'un des deux yeux n'atteint pas aussi facilement le coin de l'œil que l'autre.

U. Dans une paralysie récente, les malades se plaignent généralement de la diplopie, de la fatigue des yeux pendant le travail et le regard au loin ; les deux symptômes disparaissent dès qu'on cache un des deux yeux.

5. Si le malade ne se plaint point de diplopie, malgré la paralysie de l'un ou de l'autre muscle, il est nécessaire alors de la rechercher en se servant d'un verre coloré, rouge ou violet, que l'on place devant l'un des deux yeux pendant qu'il fixe une bougie allumée. En faisant porter la bougie à droite ou à gauche, en haut ou en bas, on fera apparaître au malade deux bougies, dont l'une sera rouge et l'autre blanche. Ce sera l'indice certain de l'affection d'un des muscles oculaires.

6. Le strabisme est souvent la conséquence d'une affection quelconque du globe de l'œil lui-même, et provient d'un affaiblissement ou d'une perle de la vue occasionnée par une cataracte, une atrésic pupillaire, ou une affection grave des membranes profondes de l'œil. On examinera à cet effet l'état des membranes internes de l'œil et, d'après les résultats obtenus^ on décidera s'il s'agit d'une

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affection idiopathique des muscles, ou si, au contraire, la déviation n'est qu'un phénomène secondaire et symptomatique d'une altération intra-oculaire.

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