‹ Traité des maladies des yeux (volume 4)Chapitre 99 sur 122 · Tumeurs de l'orbite ^ ! Lipome · texte numérisé non relu

Tumeurs de l'orbite ^ ! Lipome

] i Périostoses, hyperostoses et

\ rr 3 ] exostoses.

V Tumeurs solides.... { ^^^^^^^^

Tumeur héléradémique.

Cancer encéphaloïde.

ARTICLE PREMIER

INFLAMMATION OU PHLEGMON DU TISSU CELLULAIRE DE l'ORBITE.

Le tissu cellulaire de l'orbite est placé dans une cavité close, ce qui le met à l'abri de l'influence des agents extérieurs. Pourtant cet isolement n'est pas absolu, et, comme dit justement Richet, « ce tissu communique, par l'intermédiaue de la fente sphéno-maxillaire, avec celui de la fente zygomaiique, par la gaîne des vaisseaux; d'autre part, malgré la présence du ligament suspenseur, il s'établit entre lui et le tissu cellulaire de la paupière, par l'intermédiaire de la gaîne du muscle releveur, une comiuunication naturelle. » Par suite de cette disposition, l'inflammation de difl'érentes régions voisines peut se transmettre à ce tissu et donner lieu au phlegmon de l'orbite.

Symptomatciogie. — 1. L'inflammation phlegmoneuse du tissu cellulaire de l'orbite s'annonce par des accidents généraux plus ou moins graves, tels que fièvre, anorexie, malaise général, et une douleur tantôt sourde, tantôt violente au fond de l'orbite et dans toute la tête.

866 ORBITE

2. xliissiiôt après on s'aperçoit d'une enflure des paupières, qui deviennent rouges et œdématiées. La conjonctive prend aussi une teinie rouge, surtout près du grand angle de l'œiL et dans le cul-de-sac conjonctival inférieur. A mesure que la maladie fait des progrès, on voit l'infiltration séreuse gagner toute fa conjonctive buibaire pour y former un chémosis séreux. Ce dernier symptôme augmente très-rapidement, et souvent, après trente-six ou quarantehuit heures, il atteint de telles proportions qu'on le voit faire saillie entre les paupières sous forme d'une tumeur rouge jaunâtre.

3. L'infdtration séreuse sous-conjonclivale et l'œdème palpébral sont occasionnés par la compression que subissent les veines dans l'intérieur de la cavité orbitaire. Sous l'influence de l'inflammation, en effet, tous les tissus gonflent, augmentent de volume, compriment les vaisseaux et refoulent le globe oculaire en

vaut. De là l'exophlhalmie avec diminution notable de la motilitédu globe, aboutissant au bout de quelque temps à une paralysie complète de tous les muscles.

/-!. Des douleurs sourdes apparaissent dès le début dans tout le pourtour de l'orbite; elles deviennent ensuite tensives et pulsatives, et se transmettent du fond de cette cavité jusqu'au sommet de la tête; l'œil semble être chassé au dehors. Au bout de deux ou trois jours, les douleurs deviennent aiguës ; elles se continuent sans relâche en s'aggravant surtout la nuit.

5. Le globe de l'œil lui-même ne prend pas une grande part dans cette inflammation. Ce n'est qu'exceptionnellement qu'on verra l'inflammation gagner la cornée, l'iris et l'intérieur de l'œil, et se terminer par la fonte purulente de l'organe. Desmarres père rapporte un cas de phlegmon très-grave des deux orbites chez une jeune fdle de quatorze ans, chez laquelle les deux yeux s'ouvrirent par suite de la mortification des cornées. La même issue peut être observée à la suite d'extirpation des tumeurs orbitaires suivies des phlegmons du tissu orbitaire et du globe de l'œil, comme cela est arrivé, d'après Sottereau (1), à une malade qui avait subi l'extirpation d'une tumeur de la glande lacrymale.

6. La vue reste pendant longtemps conservée, quoique sensiblement affaiblie. Mais, à un certain moment de la maladie, le nerf optique subit une telle compression qu'on voit survenir une névrite optique et une cécité complète.

7. L'inflammation du tissu cellulo-graisseux de l'orbite se termine rarement par une résolution ou un engorgement chronique de ces tissus; le plus souvent elle est suivie d'une suppuration. A mesure que la collection purulente ou l'abcès se forme, le malade ressent des frissons, ses douleurs diminuent d'intensité. On aperçoit alors la tuméfaction des paupières s'accentuer plus particulièrement vers un point quelconque du rebord orbitaire. Parla palpation, on sent la fluctuation, soit à travers la surface cutanée des paupières, soit du côté de la conjonctive. Enfin, l'abcès peut s'ouvrir spontanément en laissant s'écouler une quantité plus ou moins grande du pus mêlé à des bourbillons du tissu cellulaire mortifié. D'après Riberi et Demarquay, il s'ouvre à la paupière supérieure, près de l'angle interne. Souvent je l'ai vu se faire issue du côté de la paupière inférieure et près de l'angle externe.

8. La maladie peut avoir une issue plus funeste lorsque la suppuration des tissus de l'orbite aura gagné les méninges ; le pus va se transporter dans la cavité crâ-

(1) Sottereau, Tumeurs de la glande lacrymale , [hèse de Paris, 1870.

Page 1