BLESSURES ET CORPS ÉTRANGERS DE L'IRIS
presque transparents; quant aux nsevi, ils sont diffus, peu limités et se développent d'une manière excessivement lente.
II est plus difficile de faire la distinction entre ces tumeurs et les condylomes. Ce n'est que la présence d'une inflammation plus ou moins intense de l'iris, et les antécédents des parents qui peuvent éclaircir le diagnostic, comme cela est arrivé chez un enfant de ma clinique. 11 portait deux tumeurs de l'iris, mais l'enfant était né d'un père syphilitique et il avait une iritis, ce qui permet d'admettre la cause syphilitique.
Traitement. — Au début de la maladie, lorsque la tumeur n'occupe qu'une partie bien limitée de l'iris, on excise cette membrane ainsi que la tumeur. Mais, aussitôt que la tumeur augmente de volume, on ne doit pas hésiter à faire une énucléalion de l'œil.
Bibliographie. — I. Kystes : Galezowski, Pupille arti/icielle dayis les kystes de l'h'is {Atmales d'oculist., 1862, t. XLVII,p. 139). — Stoeber, Annales docidist., 1865, t. LIV, p. 80; et Gazette hebdomadaire, 1865, p. 155. — Graefe, Arch. f. Ophthalm., Bd. III, Abth. II, S. 412. — Hulke, Roijal London Ophlhalmic Hospital Reports, t. VI, p. 12. — White Cooper, London med. Journal, September 1852. — Dixon in Wackenzie, traduit par MM. Warlemout et Testelin, t. II, p. 262. — Masse, De la formation par greffe des kystes et tumeurs perlées de l'iris. Communicidions à diverses sociétés savantes et brochure de Bordeaux, 1881. — II. Cysticerques : Graefe, Archiv f. Ophthalm., ]85i, Bd. I, Abth. 1, S 453. — Soemmering et Schott, in Sichel, Iconographie, p. 770. — Poncet, Tubercules primitifs de l'iris {Progrès médical, p. 475, 1882).
BLESSURES ET CORPS ÉTRANGERS DE l'iRIS.
A. Blessures. — Les blessures de l'iris sont très fréquentes; elles sont produites, soit avec des aiguilles, des ciseaux, des canifs, des plumes métalliques, soit avec d'autres instruments qui, en traversant la cornée, atteignent cette membrane ainsi que le cristallin. Il s'ensuit habituellement une contraction de la pupille et une adhérence de l'iris avec la capsule ou avec la cornée. Pendant les premiers jours on peut voir aussi du sang épanché dans la chambre anté- I ieure, ce qui constitue Yhyphéma.
Quelquefois la blessure laisse une cicatrice plus ou moins large qui entraine très fortement la pupille dans le sens de la cicatrice.
L'inflammation qui suit ces blessures n'est pas grave, et le plus souvent mêm^e i'œil est peu injecté et se guérit tout seul.
La piqûre peut quelquefois être faite avec un instrument assez volumineux pour qu'il en résulte une seconde pupille.
B. Déchirures. - Les déchirures de Tiris sont beaucoup plus graves que les l'iessures simples. Elles se produisent à la suite de fortes contusions, ou pen-
ant la discision de la capsule dans les opérations de la cataracte, lorsque cette lorn.ere est faite avec un crochet. 11 s'ensuit, dès le troisième ou le quatrième our, uneintis traumatique violente qui ne cède que difficilement au traitement . iutiphlogistique.
7/ suite des coups de poing ou d'autres contusions du ,lobe, 1 ins peut se détacher de son grand cercle ciliaire. La pupille se déplace
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alors du côté opposé au bord décollé, et il n'est pas difficile d'apercevoir deux pupilles : une normale, au centre de l'iris, et l'autre à l'iMidroit du décollement. L'examen ophthalmoscopique permet de voir le fond de l'œil par les deux ouvertures, et les malades perçoivent deux images avec l'œil blessé. Il y a une forme toute particulière de la dépression de l'iris dans une partie limitée.
D. Corps étrangers. — La présence d'un corps étranger dans l'iris présente une gravité considérable; ce sont des paillettes de fer, des éclats de capsule, des morceaux de verre, des grains de plomb, etc. Ils se logent ordinairement dans l'iris après avoir traversé la cornée. Chez un jeune homme que j'ai opéré au mois de juillet 18G9, un morceau de capsule avait traversé la paupière supérieure et la cornée, s'était logé dans la partie inférieure de l'iris, et y était resté pendant vingt-quatre heures sans occasionner la moindre souffrance.
Immédiatement après l'entrée d'un corps étranger dans l'iris, on observe peu de réaction et pas de douleurs; toutefois l'inflammation ne tarde pas à envahir l'iris tout entier; la pupille se resserre, des synéchies postérieures en obstruent: l'ouverture et amènent, au bout de quelque temps, une irido-choroïdite de l'œil I blessé et une ophtbalmie sympathique de l'autre œil.
Quelquefois le corps étranger se trouve implanté à moitié dans l'iris et à moitié • dans le cristallin; une cataracte en est la conséquence.
Diagnostic. — Il est habituellement facile de reconnaître la présence d'un , corps étranger dans l'iris, ce qui se présente sous forme d'une tache noire ou brunâtre, quelquefois luisante. Pour ne pas confondre la tache produite par la présence d'un corps étranger avec une tache pigmentaire congénitale, on doit la comparer avec d'autres taches de l'iris. Le changement de la couleur de cette membrane et les autres signes d'irilis, de môme que la plaie de la cornée, dis- • siperont tous les doutes à cet égard.
Mais dans quelques cas le diagnostic est plus difficile ; il en est ainsi lorsque le* corps étranger a la couleur de l'iris, qu'il est trop petit, que le malade vient à la consultation après avoir attendu quelques jours, et que l'iris enflammé a changé de couleur. Nous avons observé un cas de ce genre très intéressant : une barbe ■ d'épi de bU très fine et longue de 4 millimètres avait traversé la cornée et s'était logée dans l'iris parallèlement aux fibres radiaires. Le diagnostic une fois fait, Desmarres pratiqua une incision dans la cornée, et enleva le corps étranger avec une partie de l'iris.
Si l'on a quelques doutes sur la présence du corps étranger dans l'iris, on fera bien d'examiner toute la surface de cette membrane, à l'aide de l'éclairage oblique et d'une loupe de Brlicke, qui permettra de voir ces petits objets avec un très fort grossissement.
Pronostic. — Autant les blessures simples et les contusions de l'iris avec ou sans décollement de son bord sont peu graves, autant le danger est imminent pour un œil qui contient un corps étranger dans une de ses membranes internes, et notamment dans l'iris. On connaît, il est vrai, des faits d'enkystement des corps étrangers dans l'iris; Ammon et Cunier en ont rapporté les détails. iMais il n'est pas douteux que l'œil courrait beaucoup de risques si le corps étranger n'était pas enlevé.
Traitement. — Le traumatisme de l'iris, quelle que soit sa nature, exige, au début, un repos absolu du malade et l'application de glace sur l'œil. Dans le cas oiv la blessure est suivie d'une inflammation trop vive, on doit insfituer un trai-
DÉCOLLEMENT DE L'IRIS.
temenl antiphlogistique, purger le malade, appliquer dix à quinze sangsues à la tempe, et instiller fréquemment des gouttes d'atropme.
La présence du corps étranger une fois constatée, on ne doit pas hésiter a faire l'excision de la partie de l'iris qui le contient.
Lorsque, après la blessure, l'iris reste hernié, il faudra s'assurer, avec une sonde si la plaie ou l'iris hernié ne contient pas de corps étranger, et ce n est nue dins ce dernier cas qu'on fera son excision. Autrement, il sera beaucoup plus prudent de ne point pratiquer d'opération et de se contenter de 1 application d'un bandage compressif. Quand la cicatrisation complète aura eu lieu, on pourra pratiquer une iridectomie, si l'état de l'œil et celui de la cicatrice 1 exigent.
Bibliographie. - Galezowski, Pupille artificielle [Ann doculist \m, ^LV", p 2T0 - Hulke, Ophth. Hosp. Reports, t. VI, p. 292. - Law^^^' «''t/^/^ti^' Oriu etc p 1- 3. - HorneV, Fremde Korper inder Iris iKhn. Monatsbl t. 1, 1863, p. 395). - Birobacher, Extraction d'un éclat de fer logé dans Viris depuis 25 ans [Centralbl. /'. pr. augcnheilk., août 1885).
DÉCOLLEMENT DE l'iRIS.
Les adhérences physiologiques de l'iris à sa grande circonférence sont tellement faibles, qu'il arrive bien souvent que ce diaphragme se décolle, soit en