KYSTES ET TUMEURS DE L'IRIS
Traitement. — L'extirpation de la tumeur avec excision de la partie correspondante de l'iris peut seule amener la guérison. Desmarres père a pratiqué plusieurs fois cette opération et toujours avec succès. Cependant, dans un cas d'iridectomie avec excision du kyste, de Graefe vit une irido-cyclite se déclarer et entraîner la perle de l'œil.
La ponction et la dilacération de l'enveloppe du kyste sont toujours suivies de récidive et exposent le malade à des inflammations consécutives et à des abcès de l'iris, comme cela est arrivé à Dixon et à Wharton-Jones. C'est pour cette raison que ce procédé doit être complètement abandonné.
Stoeber a broyé le kyste avec des pinces introduites par une ponction faite à la cornée; mais la maladie récidiva.
B. Cysticerques de l'iris et de la chambre antérieure. — L'existence de cet animalcule dans la chambre antérieure, avec ou sans adhérence à l'iris, est démontrée par plus de vingt observations recueillies et publiées par divers auteurs. Les faits les plus remarquables ont été décrits par de Graefe (1), et Teale (2).
Cet entozoaire se présente ordinairement sous forme d'une petite vésicule transparente, laiteuse, et dont l'extrémité forme un prolongement plus ou moins fin qui se termine par une sorte d'ampoule. Cette ampoule constitue la tête de l'animalcule (fig. 184); son cou s'allonge ou s'élargit indépendamment
Fig. 183. — Cyslicerque de l'iris. Fig. 184. — Tète du cysticerque.
de tout mouvement de l'œil. L'animalcule se meut en masse, se place en face de la pupille ou bien descend vers le grand cercle de l'iris (fîg. 183), ce qui s'observe surtout pendant les contractions et les dilatations de la pupille.
Le cysticerque est le plus souvent adhérent par sa surface postérieure à l'iris au moyen d'un prolongement ou d'une exsudation, comme dans le cas rapporté par de Graefe. On trouve aussi, au bout de quelque temps, une ou plusieurs synéchies postérieures.
Le séjour prolongé d'un cyslicerque en contact avec l iris amène fréquemment des attaques d'iritis ou d'irido-cboroïdite, suivies d'infdtration blanchâtre de la surface postérieure de la cornée.
Traitement. — L'extraction du cysticerque se fait de deux manières : après
(1) Graefe, Archiu f. Ophthalm., 1854, Bd. I, Abth. l, S. 453.
(2) Teale, Opiith. llosp. Reports, t. V, p. 320.
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avoir pratiqué une incisio.i linéaire dans la cornée, en face du bord de la pupille moderen.entd.latee, on introduit la pince dans la chambre antérieure et ïon retire le parasite. '
Desmarres pére et Teale indiquent un autre procédé qui consiste à faire une lu-eTcise" ' '''' P'"^^ i'"-. et
C. Tumeurs solides. - Les nœvi matemi de l iris se rencontrent rarement e nous ne connaissons qu'un seul fait observé par Mooren. La tumeur étaii située a la partie externe de l'iris, ressemblait à une mûre, s'étendait au devant de la pupille et touchait la surface postérieure de la cornée. Elle élait sillonnée de nombreux vaisseaux très larges. Une hémorrhagie se déclara dans la chambre antérieure, et se renouvela pendant une année. La vue centrale diminua sensiblement, et la dureté de l'œil augmenta; la pupille devint excavée, ce qui détermina le malade à se faire opérer. Mooren pratiqua l'iridectomie et enleva la tumeur. Le second œil fut pris au bout de quelque temps d'une irido-cho-
n Vh"'^^^''"^"^' laquelle l'iridectomie fut pratiquée.
D. Tubercules. — Les tubercules de l'iris ne sont pas fréquents. Outre l'oi.servation de Gradenigo et les deux cas intéressants de Desmarres père se rapportant à des malades atteints d'éléphantiasis des Grecs, j'avais eu pour ma part l'occasion d'observer une irilis en apparence scrofuleuse, chez une fille de dix-huit ans, qui est morte à la suite d'une phtisie galopante, et chez laquelle a l'autopsie nous avons trouvé dans l'iris des granulations qui ont pu être reconnues par Legros pour des tubercules. Aujourd hui, grâce aux progrès de l'anatomie pathologique et surtout à la possibilité d'inoculer aux animaux les tumeurs suspectes, les observations certaines de tubercules primitifs de l'iris ne sont plus une rareté. Elles ont trait surtout à des enfants ou à des jeunes gens. Citons les cas de Wolf (1), Poncet, Wadsworth, Schel (2), Alexander (3), etc..
E. Sarcomes. — Les tumeurs sarcomateuses, développées primitivement dans l'iris, sont très rares, et l'on n'en connaît à peine quelques observations positives. Citons les cas publiés par Knapp, Lebrun, Hirsberg qui n'apportent pas cependant une parfaite conviction à l'esprit.
Nous pourrions citer ici les tumeurs de la chambre antérieure, constituées par les plaques à noyaux multiples ou myéloplaxes, que Desmarres a enlevées chez plusieurs malades après qu'elles avaient rempli la chambre antérieure. Ch. Robin, ayant examiné ces productions, les a rapportées à des affections de la cornée, et pense que, bien qu'elles soient adhérentes k Tiris, leur origine et leur point d'implantation sont le point de jonction de la cornée et de la sclérotique. Cette maladie a été observée surtout chez les enfants.
Récemment, j'ai observé une tumeur analogue chez un enfant de dix-huil mois; la tumeur paraissait être locaUsée et j'ai voulu l'exciser avec l'iris, mais ce dernier était ramolli et se déchirait par morceaux.
Le diagnostic des tumeurs cancéreuses peut présenter au début beaucoup de difficultés, à cause de la ressemblance qu'elles peuvent avoir avec les kj^stes, les nsevi malerni ou les condylomes. Mais les kystes sont lisses à la surface et
(1) Wolf, Uber iris tuberculose [Centralb. f. pr. augenheilk., juillet 1882).
(2) Wadsworth et Schel, Transactions of the americ. ophth. society, 1883.
(3) Alexander, Ceiitralb. f. pr. augenheilk., juin 1884.