‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 133 sur 251 · PERSISTANCE CONGÉNITALE DES VAISSEAUX HYALOÏUIE.NS · texte numérisé non relu

PERSISTANCE CONGÉNITALE DES VAISSEAUX HYALOÏUIE.NS

Le corps vitré est traversé, comme on sait, pendant la vie fœtale, par un cordon vasculaire se rendant à la fossette hyaloidienne et à la cristalloïde postérieure. Il se compose de l'artère et de veines qui proviennent de l'artère centrale, de la rétine, de môme que la veine aboutit dans la veine centrale, au centre de la papille. Ces vaisseaux disparaissent vers la fln de la vie fœtale; ils s'oblitèrent successivement, d'abord dans la cristalloïde antérieure, puis dans la postérieure, et, en dernier lieu, le corps vitré.

Mais il arrive quelquefois que ces vaisseaux ne s'oblitèrentqu'incomplètement, et l'on trouve alors dans l'intérieur du corps vitré un paquet de vaisseaux attaché à la papille et qui flotte dans l'intérieur de cette humeur.

Meissner a été le premier qui a rencontré, dans ses recherches anatomo-pathologiques, la persistance de l'artère hyaloidienne. Après lui, Sàmich a reconnu la même anomalie avec l'ophthalnioscope dans un œil hypermétrope. Zehender\ Toussaint et Mooren rapportèrent des faits analogues, et où l'on pouvait déjà apercevoir les mouvements oscillatoires.

Pour ma part, j'ai eu l'occasion d'observer un fait des plus intéressants, un cordon vasculaire hyaloïdien persistant dans les deux yeux, attaché aux deux papilles, et faisant saillie dans le corps vitré sur une étendue de 1 centimètre et demi, mais n'aboutissant point au cristallin. La malade conserva toujours vnvvue parfaite, et ne vint me consulter qu'à l'âge de cinquante ans, époque oii des épanchements de sang se sont produits dans le corps vitré de l'œil droit.

Cette observation est intéressante à plusieurs titres ; elle nous montre d'abord que ces vaisseaux peuvent rester pendant toute la vie sans gêner la vision. Un autre fait non moins caractéristique est la composition du cordon d'une artère et d'une veine enveloppés dans une membrane blanchâtre. Ces vaisseaux sont susceptibles de se rompre, et donnent lieu à des hémorrhagies.

Depuis j'ai eu l'occasion d'observer deux nouveaux cas de cette intéressante

et rare anomalie, dont on connaît à peine 26 exemples dans la science.

Les 2 figures 292 et 293 représentent la première (flg. 292) le fond d'^ l'œil d'un malade de 74 ans, venu me

Fig. 292. — Persistance de l'artère liyaloïdc.

Fig. 293. — Cataracte polaire postérieure formée par l'attache du vaisseau hj'aloïdien.

consulter le 9 septembre 1876. Un gros cordon blanchâtre (en o) se détache d'un des vaisseaux de la papille et se porte dans le corps vitré ; la seconde (fig. 293)

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