RÉTINITE ALBUMINURIQUE
conjonclif. Il s'agirait donc dans celle maladie d'une sclérose interstitielle générale s'emparanl des différents organes, reins, cœur, rétine, etc..
Marche. — La rétinite albuminurique a une marche qui lui est propre ; elle débute le plus souvent par de petites héniorrhagies isolées et des taches exsudatives disséminées çà et là sur la rétine; ces désordres existent sans aucun trouble delà vue, à peine les malades se plaignent-ils de fatigue ou de presbytie (Trousseau). L'altération rétinienne s'étend lentement; le trouble s'accentue de plus en plus, mais rarement jusqu'à la cécité complète. Très souvent la vue s'améliore pour quelque temps, et la rétinile entre dans la voie de la résolution ; puis arrive une nouvelle rechute et aggravation aussi bien dans la santé générale que dans l'état de la vue. Nous pouvons dire que la rétinite albuminurique suit la marche de la santé générale.
Pronostic. — La rétinite albuminurique, de même que la maladie néphrétique elle-même, est excessivement grave. Il est vrai que, d'après les belles recherches de Jaccoud (1), l'albuminurie présente des variétés très nombreuses, dont les unes ne sont que passagères el sans gravité, tandis que les autres au contraire sont le symptôme d'un mal trop souvent incurable.
La même chose peut être dite au sujet des rétinites albuminuriques. Elles sont guérissables lorsque la maladie générale n'est qu'accidentelle et passagère, et nous avons, pour notre part, observé plusieurs cas d'amélioration notable qui s'est soutenue pendant longtemps, et trois cas de guérison complète. Une malade du professeur Grisolle, à l'Hôtel-Dieu, fut prise, pendant la grosesse, d'une albuminurie des plus graves, accompagnée d'une rétinite double. A.près l'accouchemenl, l'albuminurie et la rétinite ont complètement disparu.
Une malade de N. Gueneau de Mussy est devenue albuminurique par suite de uppression des règles, elles deux yeux furent atteints de rétinite. Le traitement, ustitué rétablit la santé générale , et fit résorber toutes les exsudations et lémorrhagies rétiniennes.
Un troisième fait se rapporte à un malade de ma clinique, employé des postes ui, à la suite d'un accident (un lourd fardeau tombé sur les reins), fut pris 'albuminurie. Bientôt la vue se trouble, el la rétinite albuminurique double evient tellement grave, que le malade avait déjà de la peine à se conduire^ ous l'influence du traitement que nous avons institué de concert avec le docteur 'eter, il a recouvré la santé, el la vue se rétablit au point qu'il a pu reprendre es occupations. La papille est devenue un peu blanche, mais toutes les exsudaions rétiniennes se résorbèrent. Pendant la période de convalescence, el au tiomenl où la réline reprenait sa transparence, nous avons pu voir une atrophie horoidienne périphérique se déclarer, mais elle s'arrêta assez facilement et n'a as empêché le rétablissement de la vue.
Malheureusement les terminaisons favorables sont rares, el, dans la majorité es cas, l'affection générale et l'affection oculaire sont l'une et l'autre funestes ans leur issue.
Traitement. — Le traitement local n'a aucune valeur pratique; ni les eplélions sanguines, ni les vésicatoires volants, ne peuvent avoir aucune me. C'est contre la cause générale, et surtout contre l'affection des reins u on doit diriger la médicalion. '
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Lorsque l'albuminurie est aiguë, le traitement doit ôlre, d'après Peler, aclif et énergique aussi longtemps que durent les accidents d'acuité : les émissions sanguines au moyen de ventouses scarifiées sur la région lombaire, plusieurs fois renouvelées, sont particulièrement utiles. Des boissons adoucissantes, tièdes, un régime tonique, le repos absolu des yeux, aideront efficacement le traitement.
On devra en outre avoir recours aux bains de vapeur et aux bains sulfureux, que j'ai vus agir d'une manière très efficace dans cette maladie. Le docteur Gueneau de Mussy administrait en outre, avec succès, la teinture d'iode à l'intérieur à des doses successivement croissantes. Peter recommande des doses élevées • d'iodure de potassium, etc.
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