PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE DE LA CHOROÏDE
Les affections de la choroïde sont très variées, et l'influence qu'elles exercent sur la vitalité des milieux réfringents de l'œil est telle, qu'on peut alfirmer qu'aucune autre maladie oculaire ne peut réagir d'une manière aussi puissante sur la conservation de l'organe.
Les altérations de la choroïde se présentent sous trois formes différentes : les unes sont de nature atrophique; d'autres donnent lieu à une exsudation plastique ou purulente; d'autres, enfin, sont caractérisées plus spécialement par une eœsudation séreuse qui, en se répandant dans le corps vitré, augmente son volume et amène les signes de compression intra-oculaire observés plus spécialement dans e glaucome.
Chacune de ces affections reconnaît pour cause inlime une altération d'un système nerveux différent ou des parois des vaisseaux. On sait, en effet, que la choroïde est très riche en fibres nerveuses constituées par les nerfs dé la cinquième paire, le grand sympathique et les filets de la troisième paire.
Selon Claude Bernard (1), les désordres de nutrition produits par la section de la cinquième paire, sont analogues à ceux de l'irido-choroïdite. D'autre part les expériences faites sur le grand sympathique par cet éminent physiologiste établissent que la section de ce nerf dans la région cervicale augmente la colorihcat.on de toute la moitié de la tète, et, par conséquent, de l'œil. L'ablation du ganglion ophthalmique a une influence marquée sur la sécrétion de 1 humeur aqueuse ; et, lorsqu'on l'excite pendant longtemps, on augmente la densité du globe.
Prenant en considération le rôle que jouent les nerfs dans la nutrition de la choroïde, nous croyons :
^ 1° Que les maladies du grand sympathique donnent lieu dans certains cas a des choroidiles séreuses, glaucomateuses ;
2« Que les maladies des trijumeaux peuvent amener des irido-choroïdites et irido-cyclites plastiques; ^luiuueb et
3° Que les atrophies choroïdiennes reconnaissent pour cause l'altération des parois des vaisseaux, leur état athéromateux ou leur oblitération 00"
Pour bien connaître les altérations choroïdiennes, il est indispensoSe de se fami lariser avec la coloration physiologique du fond de l'œil chez les individ blonds, bruns et savoir apprécier la pigmentation normale, pour ne pas il on fondre avec celle qu'on voit se développer dans les aflectio^s'choroïcUennes
1) Claude Bernard. Leçons s„r lesystème nerveiu: Pari., 1858, p. 62 .t 5-36.
La coiuuiissaiice insuffisante de ces variélés physiologiques a été probablement la cause de nombreuses descpiptions qu'on a faites des congestions choroïdiennes diagnostiquées avec l'ophlbulmoscope. Selon nous, il est impossible, dans l'état actuel de la science, de distinguer avec l'opbtbalmoscope une congestion de la choroïde de variétés dillerentes physiologiques du fond de l'œil; c'est pourquoi nous la rejetons de notre nomenclature.
Voici dans quel ordre nous étudierons les maladies de cette membrane :