MODE D'EXPLORATION DE LA CHOROÏDE
Tonomètre de Monnik. — C'était autrefois le meilleur instrument avec lequel on pouvait mesurer la tension de l'œil. La figure 377 représente le mécanisme, qui se trouve enfermé dans une boîte
Fig. 377. - Touomètre de Mouuik. quent le degré de pression. Les tiges mécanisme. 6 et c sont celles qui appuient sur le
globe. Le cadran contient deux divi-
sions, dont chacune représente un dixième de millimètre. Le ""cercle interne représente les divisions en grammes, et chaquejdixième de millimètre correspond à i gramme. Ainsi, lorsqu'on presse sur le globe avec les tiges b, c et/", il arrive que la tige du milieu /' produit une dépression sur la sclérotique plus ou moins profonde, et cette dépression exige une force définie représentée en grammes avec la tige t a (1).
Bowman (2) a fait des recherches très intéressantes sur le degré de tension du globe oculaire. Pour lui, il y a utilité à distinguer neuf degrés de tension, qu'il désigne pour plus de facilité par la lettre T. Les nombres qui suivent cette lettre indiquent le degré d'augmentation de la tension. Si le T est précédé ou suivi du signe — , cela indique une diminution de la pression. Ainsi on lira :
T. N. : Tension normale.
T. i : Premier degré de tension, ou augmentation légère.
T. 2 : Second degré, ou tension considérable.
T. 3 : Troisième degré, ou tension extrême.
T. d ? : Doute sur l'augmentation de tension.
~ T, 1 ? : Doute sur la diminution de tension.
— T. i : Premier degré de diminution de la tension.
(1) Ou trouve cet instrument chez le fabricant Verlaau, k Utrecht, près de Kathavnenpoort.
(2) Bowman, Sur les affections glaucomateuses et leur traitement par Viridectomie [Annales d'ociUistic/ue, 1863, t. XLTX, p. 241; et British medicalJournaL 1862. voL 11 p. 378).
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— T. 2 : Second de^^ré de diminution de tension.
— T. 3 : Dépression complète et alfaissement sous la pression du doigt. C'est dans le glaucome surtout et dans l'irido-choroïdite que la définition de la
tensionjoue un rôle important.
On a cherché à déterminer plus exactement que par la formule de Bowman latension oculaire. Maklalcolta construit dans ce but un instrument dont il donne la description dans les Archives d'ophUialmoloyie d'avril 1885. Cet ophthalmotonomètre nous paraît pouvoir donner une assez grande précision, mais c'est là un instrument d'étude qu'il serait difficile'd'introduire dans la pratique courante.
J'ai décrit récemment (1) les ophlhalraotonomètres de de Graefe.Hamer, Dor Monnik, Veber, Lazerat Maklakoff; le principe sur lequel repose le fonctionnement de ces instruments est défectueux et c'est à peine si la forme du dispositif change selon les inventeurs. Une lige mue par un ressort appuie sur le globe oculaire, plus la tension intraoculaire est diminuée plus sera grande la profondeur de la dépression sclérale.
Mais en exerçant ainsi une pression d'avant en arrière sur le globe de l'œil, peut-on juger du degré de la tension? connaît-on la position qu'occupe l'organe dans la cavité orbitraire? Cette position est-elle fixe? Évalue-t-on la force dépensée pour refouler l'œil en arrière et l'immobiliser sur le coussinet adipeux qui l'entoure? Ce sont là autant de points défectueux que je me suis forcé d'éviter dans la construction de l'ophthalmotonomèlre que j'ai présenté au Congrès français d'ophlhalmologie. Il est basé sur un tout autre principe. Il a la forme d'une pince qui saisit l'œil entre ses deux branches : puis, par une pression douce et méthodique, on définit la force employée pour obtenir un certain degré de dépression du globe oculaire tenu entre les branches. A l'aide de cet instrument, on peut avoir la comparaison entre la résistance que présente l'œil malade par rapport à l'œil sain ; de plus, son application est facile et ses résultats certains.
Les deux branches de l'instrument sont fixées à un mécanisme d'horlogerie et à un ressort, qui, en se resserrant, fait mouvoir une aiguille sur un cadran qui définit la force employée et le degré de résistance du globe.
C'est la maison Roulot qui s'est chargée de l'exécution de mon ophthalmotonomètre; simple dans sa construction, il est d'une facile application, et je crois que bientôt il entrera dans la pratique journalière et pourra rendre, au point de vue de la précision dans le diagnostic, de grands services.
D. Exploration à l'œil nu. — Les altérations de la choroïde amènent des perturbations plus ou moins notables dans la circulation de l'hémisphère antérieur de l'œil. Il s'ensuit que les vaisseaux ciliaires antérieurs deviennent tortueux et gorgés de sang, et une sorte de cercle vasculaire se forme autour de la cornée.
La sclérotique elle-même change de coloration, par places elle devient foncée, grisâtre. L'examen de tous ces phénomènes, de même que l'examen attentif de la cornée, de l'iris et de la pupille, qui peuvent subir des altérations notables dans les inflammations choroïdiennes, joint aux symplémes fonctionnels propres à certaines formes de choruïdites, sont autant de moyens d'investigation qui peuvent nous assurer le diagnostic certain des maladies de la choroïde.
(1) Galezowski, Archives slaves de biologie, 15 juillet 1886.
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E. Examen des signes fonctionnels. — Les alleclious de la choroïde amènent souvent une diminution du champ visuel périphérique et des scotomes périphériques. Il faut rechercher, en outre, la brisure des objets, les cercles lumineux et colorés autour des lumières et dr s névralgies ciliaires périorbitaires.