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TRAITEMENT ORTHOPÉDIQUE DU STRABISME

ileau, de manière à fortifier par l'exercice l'œil dévié. Ce moyen donne en ■Ifet souvent des résultats assez satisfaisants pour qu'on ait le droit de le lonter. Roux, l'ayant expérimenté sur lui-même, en était grand partisan. J'y ai recours chaque fois que les pai-ents ne veulent pas se décider à une opération, mais je ne me contente pas de couvrir l'œil bon avec un verre opaque, je place en outre devant l'œil qui louche un verre convexe convenable, permettant de voir au loin. Je le fais décentrer progressivement afin que ce verre agisse non seulement par neutralisation de l'hypermétropie, mais aussi lians le sens de vei'res prismatiques.

L'occlusion de l'œil qui a le premier annoncé des tendances à la déviation doit être en effet un moyen efficace; il s'accorde avec toutes les théories : convergence pour mieux voir, pour ne plus voir, ou rétraction musculaire, photophobie et reflet, etc., bien faite et rigoureusement faite pendant un temps suffisant, l'occlusion aurait pour résultat d'empêcher la complication de l'amblyopie, puisque celle-ci ne tarde à suivre ni l'eft'orL pour mieux voir ni l'efl'ort pour ne plus voir. A cette conception théorique il ne manque en co moment que l'expérience longue et conflrmative.

Le procédé qui sert de base au traitement orthopédique du strabisme consiste à provoquer la diplopie pour solliciter ensuite le fusionnement des images ; pour cela il faut que l'acuité visuelle de l'œil dévié ne soit pas perdue. Dans certains cas, on peut au pi'éalable exciter, par certains exercices, le fonctionnement du mauvais oèil; puis chercher à donner à cet œil la notion de sa direction vicieuse au moyen du verre rouge interposé entre l'œil sain et la flamme d'une bougie. L'impression de la vision binoculaire étant produite, réveillée par la diplopie, il est indiqué de diminuer l'écartement des images à l'aide dos moyens suivants recommandés par différents auteurs : prismes, stéréoscope, etc.

Redressement du strabisme à l'aide des verres prismatiques. — De tiraefe et (iiraud-Teulon avaient essayé de redresser les strabismes au moyeji de verres prismatiques. On choisit le verre prismatique apte à réunir en une seule les deux images; mais si le prisme a plus de 10 degrés le procédé est impossible à cause du poids des verres. Dans le cas contraire on divise l'efTet prismatique nécessaire en deux en plaçant par exemple deux prismes de 9° sur chaque œil; au bout de quelques semaines on change les verres contre d'autres moins forts et ainsi de suite.

'■Stéréoscope. — E. Javal a eu recours àl'exei'cice des yeux au moyen d'un appareil stéréoscopique. Il commence d'abord par supprimer la neutralisation de l'œil dévié en le tenant bandé ou voilé pondant quelque temps, après quoi il cherche à fusionner les images doubles au moyen d'un appareil construit ad hoc, et dont voici la description :

L'instrument (tig, 454) se compose de quatre planchettes réunies par des charnières et formant une sorte de paravent ;;ies deux planchettes internes sont recouvertes des miroirs M; les deux autres planchettes, B et C, reçoivent des images identiques dessinées sur des cartons

Fig. 4.Î4. — Stéréoscope de Javal,

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et qui se reflètent dans les miroirs placés à un angle de 45 degrés. En regardant de chaque œil dans la glace correspondante, le malade aperçoit les deux images réfléchies, qu'il cherche à fusionner en rapprochant et écartant les images. Ces expériences souvent renouvelées peuvent faciliter l'exercice des muscles et peuvent surtout être utiles après les opérations de strabisme, pour le rétablissement de la vision binoculaire.

Plus simplement, on peut disposer une série de cartons ainsi préparés et destinés à être placés dans un stéréoscope ordinaire. Chaque carton est divisé en deux moitiés égales et chaque moitié porte un pain à cacheter noir. Ceuxci suivant les cartons sont séparés par une distance de 3, 4, o, 6, jusqu'à 12 centimètres; on cherche quel est le carton dont les images sont fusionnées avec un certain effort, et le malade s'exerce avec l'instrument plusieurs heures par jour. La guérison est obtenue dès que la fusion des images est possible à 6 ou 7 centimètres dans le strabisme convergent et à 4 ou 5 centimètres pour le strabisme divergent. Le port de verres appropriés suffira pour maintenir définitivement la disparition de la déviation.

Redressement du strabisme à l'aide de verres. — Le strabisme étant le plus souvent lié à ramétropic,le traitement parles lunettes doit donner et donne souvent de bons résultats. Il faut se hâter de reconnaître tout d'abord que le strabisme divergent dumyope est presque toujours rebelle au traitement optique.

Le strabisme convergent de l'hypermétrope se montre heureusement dans ; des conditions plus favorables, et il y a d'autant plus de chances de guérison que l'enfant est plus jeune, le strabisme plus récent, c'est-à-dire encore périodique ou alternant.

On se conformera aux indications suivantes :

1° Mesurer exactement le degré d'hypermétropie dès son apparition et pre crire le numéro des lunettes en conséquence;

2° Donner la forme ronde aux verres des lunettes et les rapprocher très fort ment du nez ; mais en veillant à ce que les cils ne frottent pas contre les verre

3° Selon le degré de déviation, on se servira des verres convexes plus oil moins décentrés et jamais colorés ;

4° L'enfant devra porter ces lunettes constamment, pour le travail aussi bien ' que pour jouer. Il ne quittera ces lunettes que pour la nuit.

5° L'usage de ces lunettes serarecommandépendanthuitmois, un anet plus.

Trop souvent, il faut le reconnaître, le traitement orthopédique reste inefficace et il faut recourir au traitement chirurgical. Mais c'est alors que le traitement orthopédique reprend une grande importance, car, il faut le dire l'opération n'amène que rarement à elle seule et d'emblée une vision binociilaira parfaite et irréprochable. Le résultat désirable n'est obtenu qu'après des exercices orthopédiques complémentaires, qui sont encore le plus sûr garant contre une réapparition de la déviation.

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