DIX-SEPTIÈME PARTIE
MÉDKCÏNE LÉGALE
Les maladies (h; Torgano de la vue sont celles qui échappent le plus facilement à l'attention du médecin, surtout lorsqu'elles occupent les membranes internes de l'œil, ou quand les signes anatomiques font complètement défaut. Mais la difficulté du diagnostic devient bien plus grande quand on est appelé à se prononcer non plus sur une maladie réelle, mais sur une maladie supposée, affectant des symptômes plus ou moins caractéristiques de l'amblyopie et de l'amaurose.
De tout temps les blessures de l'œil ont été la cause de procès devant les tribunaux; les conseils de revision sont constamment appelés à se prononcer sur l'amaurose ou l'amblyopie simulée. Dans ces circonstances, les médecins sont appelés à donner leur avis sur l'état de l'œil blessé, et à prononcer en toute conscience s'il est perdu ou seulement affaibli dans ses fonctions, et jusqu'à quel point ces symptômes amaurotiques peuvent être rattachés à l'accident. Un soldat qui aura perdu la vue par une blessure a droit à une indemnité ou à une pension; un particulier reçoit une blessure par imprudence ou par malveillance d'un autre individu, et il demande des dommages-intérêts. C'est le médecin oculiste qui est appelé à se prononcer en dernier ressori, et il doit s'assurer, par les moyens que lui donne la science, si réellement l'œil blessé est compromis et à quel degré.
L'examen méthodique de toutes ces questions constituera une des parties les plus importantes de ce chapitre. Ma tâche en cette matière sera d'autant plus difficile que ces questions n'ont été jusqu'à présent traitées complètement dans aucun ouvrage de médecine légale. En se basant sur les faits et les observations qui nous sont personnellement connus, et sur les détails recueillis dans quelques ouvrages périodiques, nous avons pu rédiger cette partie intéressante de notre travail. Les conseils bienveillants de M. le professeur Ambr. Tai'dieu et les travaux de M. Chauvel m'ont été fort utiles pour résoudre nombre de questions difficiles et délicates se rapportant à ce sujet. J'ai profité aussi des renseignements qui m'ont été fournis par Le Roy de Méricourt et Walthcr en ce qui concerne les prescriptions dans le service do l'armée de mer.
Je dois ajouter que cette partie du travail a été mise au courant des règlements et prescriptions nouvelles par mon excellent confrère et ami le docteur Ch. Schmit, auquel je suis heureux d'exprimer ici toute ma gratitude.
CHAPITHK PREMIEK