CHAPITRE II
DES MALADIES OCULAIRES SIMULÉES
On est convenu d'appeler, en médecine légale, par le mot,smw/a/ion, toutes maladies qui sont, soit simulées, soit provoquées, soit dissimulées par un
individu. Eu ce qui concerne les yeux, il importe surtout de savoir si la maladie prétextées par le malade existe réellement, ou si elle ji'est que simulée. \ais jnaladios dissimulées ou cachées de l'œil sont tellement faciles à constater qu'il siiflit do s'assurer du degré d'acuitiî visuelle, et d'examiner réiatdcs membranes externes et internes de l'œil pour ([u'on puisse découvrir les moindres altérations de cet organe.
Les causes de simulation sont excessivement variées. Le service militaire csi incontestablement une des causes les plus fréquentes de simulation. Lorsqu'il s'agit, en effet, du choix annu(d dos jeunes gens appelés par la loi du l ecrulement à entrer dans les cadres de l'armée, ou de la réforme de ceux que des intirmités survenues depuis qu'ils sont au service rendent impropres à le continuer plus longtemps, les tentatives de simulation deviennent très fréquentes. L(; jeune soldat enlevé à son foyer cherche à tromper le conseil de revision })0ur retourner chez lui. D'autre part, tant que la loi de remplacement existe dans un pays, ou que l'armée accepte dans son sein des engagés volontaires, l(ïs conseils de revision ont mission d'éloigner tous ceux qui présenfenl des infirmités qu'ils veulent dissimuler.
Dans la vie sociale, il existe une foule de circonstances où les hommes oui Intérêt, soit à simuler certaines affections oculaires qu'ils n'ont pas, soit à attribuer à celles dont ils sont atteints beaucoup plus d'importance qu'ellos n'en peuvent avoir. C'est ainsi que certains individus A-^eulent simuler une amaurose complète pour être admis dans les maisons de bienfaisance ou èlir inscrits sur les rôles de pensions, tandis que l'on s'assure qu'ils n'ont qu'un affaiblissement de la Aaie, mais non une amaurose. Dans d'autres cas, le médecin oculiste peut être appelé à se prononcer s'il y a ou non cécité monoculaire après un coup, une chute, etc. Il arrive souvent, en effet, dans les fabriques, industries, ou de grandes administrations, que les ouvriers et les employés ayant reçu des blessures dans l'œil exagèrent les conséquences de cet accident, pour obtenir des dommages-intérêts ou une pension plus élevéi\
Les femmes nerveuses et hystériques peuvent quelquefois simuler des amaiiroses sans qu'on trouve une cause plausible de leur fraude. Tantôt c'est un caprice et une fantaisie que rien n'explique, tantôt, au contraire, c'est une sorte de vengeance innocente envers le mari ou l'amant, etc.
La responsabilité du médecin expert est différente selon la nature de cause et d'intérêt qui sont attachés à la fraude. La recherche et la découverte de ces simulations dépendent en partie de la sagacité du médecin, mais en grande partie elles reposent sur une connaissance exacte des maladies externes et internes de l'œil et de la différence qui existe entre les maladies vraies et simulées. Toutes ces questions présentent un intérêt réel, et nous chercherons à les exposer brièvement dans cet article.
A. Simulation des maladies externes de l'œil. — lih!pharoptosc.—E\ha été quelquefois imitée par la compression prolongée de l'œil au moyen d'un bandage, ce qui amène un léger abaissement. Mais il suffît de faire regarder l'individu en haut pour qu'on s'aperçoive que les mouvements d'élévation des paupières dans les deux yeux sont d'égale force. Do plus le mouvement d'élévation du globe entraînera la contraction du releveur de la paupière, lés deux muscles étant innervés par le même nerf oculo-moteur commun, il 'sera donc facile de reconnaître que le ptosis n'est que l'effet d'une contrae-
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tion prolongée de l'orbiculaire qui cessera dès qu'on aura empêché le inaladt' (le continuer la fraude. Enfin la compression par le bandeau aura souvent provoqué de l'œdème qui, développé sans cause (piqûre, furoncle, etc.), conlirinera la supercherie.
lilcpharite ciliairc. — C'est par Farrachcment des cils suivi ou non dti caulôrisation qu'on peut provoquer l'apparition des blépharites. Mais cette simulation est fort difficile à soutenir; l'inflammation ainsi causée volontairement l'st loin de présenter l'indolence, la rougeur uniforme, l'adhérence des cils, les ulcérations mucopurulentes qu'on découATc sur le bord palpébral des individus strumeux prédisposés à la blépharite.
La conjonctivite est développée par l'introduction de corps étrangers, tels que cendres de tabac, du sable fin, des charbons, et le lotionnement des yeux Mvec de l'urine, de l'eau de savon, de l'eau avec du sel marin, du jus de citron pur ou coupé avec de l'eau, les acides de toutes sortes, etc. Merchie (1) a observé de la conjonctivite provoquée par delà chaux vive ; sublimé, cantharide, I iiustiques divers, essence de térébenthine, suc d'euphorbe, etc., tels sont les irritants le plus ordinairement employés.
La première indication sera donc de rechercher dans le cul-de-sac conjonctival les débris des substances que le simulateur a pu y introduire. Si la rerlierche est vaine, ce qui arrivera souvent (cas de conjonctivites provoquées par les moyens physiques : exposition de l'œil à la chaleur d'un poêle ou au vent froid qui passe par l'ouverture d'une serrure), il faudra néanmoins se délier de toute conjontivite monoculaire, inexpliquée, rebelle au traitement et penser qu'elle est entretenue. L'occlusion en ce cas amènera la guérison.
D'après Marshall (2), un certain nombre de soldats anglais s'inoculent du j)us blennorrhagique dans l'œil, dans le but d'obtenir, soit leur renvoi, soit des pensions de retraite. Merchie cite aussi de nombreux cas de ce genre, l/attention devra être mise en éveil par ce fait que Tophlbalraie blennoiTha- .uique est observée chez un individu n'ayant aucun écoulement uréthral et i.vant par contre un intérêt à simuler. Inutile d'insister sur le danger auquel le simulateur s'expose. Plusieurs malheureux sont devenus aveugles. Ollivier (d'Angers) (3) cite le fait d'un individu qui s'était fait cautériser la conjonclive au pourtour de la cornée, pendant un certain temps, pour être exempté du service militaire. A la suite d'inflammations ainsi provoquées, la cornée
troubla dans les deux yeux, et il s'en est suivi une cécité incurable. Ne pouvant pas se guérir, le malheureux s'asphyxia avec le charbon.
Ki'ralites et cataractes. — Les attouchements très légers avec la pointe d'un ' tayon de nitrate d'argent pourraient, dans certaines circonstances (surtoui, lu conseil de revision où tant d hommes passent si rapidement sous les yeux ilu médecin), être pris pour des taies, des leucomes, des traces de kératites iiiciennes. Il suffit de savoir du reste que ces taches artificielles disparaissent en quelques jours.
Quant aux cataractes, rappelons pour mémoire seulement qu'elles étaient
\\) Merchie, Ophlludmle externe pur la chaux vive [Archives t)elgeit de méd. milii I.S.'):î, t. XI, p. 41). ''
2) Marshall, On the enlisfing, discharging and pensionning of'soldiers. London 1829 (:{) Ollivier, Mémoire s^ur les trmladies simulées (Annales d'hygiène nnbliauè eto isil, I. XXV, p. 100). ' ( <uoi(fue, eic,
autrefois provoquées par rintrotliiction d'une aiguille dans le cristallin. Gavin rapporte neuf cas de ces cataractes provoquées et opérées au légiment. De lois faits ne se reproduiraient plus aujourd'hui.
H. Simulation des maladies internes. — Myopie simulée. — il est in-
contosUiblo que cette inlirmitn aél/i le plus souvent simulée dans les conseils de revision, et aujourd'hui encore on est constanmment exposé à être troinp('', malgré tous les moyens d'investigation que nous possédons. On sait que toul, individu jeune qui possède un très faible degré de myopie peut parvenir facilement, avec de l'exercice, à lire avec les verres n"" 4 et 5 concaves à 30 cenl iinèlres de distance, ce qui pourrait occasionner l'exemption. Cette épreuve seule est donc complètement insuffisante, et il y a nécessili' d'avoir l'ccoui s à d'autres moyens d'investigation.
L'examen ophthalmoscopique ne nous rend, à cet égard, qu'un service se condaire ; il permet, il est vrai, de s'assurer si réellement l'œil est myope; mais ([uant au degré de myopie, sa mesure n'est qu'approximative.
Divers procédés ont été proposés pour déjouer la fraude et définir le degr réel de myopie. Voici quelques-uns de ces moyens :
I. Instillation d'atroinne dans l'œil. — Van Roosbroecket Donders ont con seillé l'emploi de l'atropine dans le but de paralyser le muscle accommoda teur. Ce moyen pourrait nous rendre, en effet, de réels services s'il ne faisai que paralyser le muscle accommodateur. Malheureusement, avec la dilatatio exagérée de la pupille, il y a aussi un trouble produit par l'éblouissement, e il serait injuste de placer le malade soumis à l'épreuve dans des condition aussi défavorables.
2. Épreuve par surprise. — Dans le cas de myopie alléguée au conseil de revi sion, il y a une épreuve qui, d'après Boisseau, ne manque pas de réussir. 0 met devant les yeux de l'individu qui prétend être myope les verres n° o e puis n° 4, et l'on constate qu'il ne peut pas ou ne veut pas lire. Alors, d'u ton assuré, on lui dit : Je vois ce qu'il vous faut, puis on lui met devant 1 yeux des verres plans, et il lit sans hésitation.
Je procède autrement : j'essaye les n"* 3, 4 et o, et j'observe la distance laquelle il lit avec ces verres, puis je fais lire sans lunettes, et je cherche éloigner le livre. S'il lit plus loin sans lunettes qu'avec les lunettes, la fraud est évidente.
Mais c'est à l'aide de l'optomètre qu'on déjouera le plus facilement la sim lation de la myopie, qu'on en mesurera le degré et qu'on découvrira aussi myopie dissimulée.
Amaurose et amblyopie simulées. — De toutes les maladies oculaires si mulées c'est assurément colle de l'amblyopie unilatérale droite qui est la pl fréquente. La raison en est facile à concevoir : il suffit d'une simple alléga tion; l'œil, d'apparence normale, d'aspect normal à l'examen ophthalmosc pique, peut être amblyope et cette maladie sans lésions appréciables teni comme nous l'avons vu, à l'alcoolisme, à la glycosurie, à une affection cér brale, etc. Le rôle de simulateur semble assez facile à jouer : tantôt on vo des individus se refuser à travailler lorsqu'ils sont tenus de remplir cerlai engagements, d'autres privés de ressources cherchent à entrer dans un ho pice où un certificat du médecin leur donnera accès, d'autres enfin et ce so les plus nombreux, les plus tenaces, les plus difficiles à prendre en faute, so
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(les conscrits cherchant à se soustraire au service militaire ou des sokUits ^"obstinant à vouloir se faire réformer.
Nous ne dirons que quelques mots sur les moyens de reconnaître la siniulalion de l'amaurose et aurons surtout en vue celle de l'amblyopie, la seule diftirile h mettre en évidence et à prouver aux membres des conseils de révision, c ar tous les moyens propres à déjouer la fraude pour l'amblyopie seront a foi'liori excellents dans les cas d'amaurose.
La simulation de l'amaurose complète des deux yeux se rencontre très raroment,et rienn'est plus facile que de reconnaître la fraude. Les pupilles, en effet, se contractent et se dilatent sous l'impression de la lumière chaque fois que la vision est conservée; elles restent au contraire immobiles si réellement il y aune amaurose. L'aisence des signes ophthalmoscopiques complétera le diagnostic.
L'amaurose simulée des deux yeux se rencontre quelquefois chez les femmes nerveuses, tantôt à la suite de quelque contrariété, tantôt sans aucune cause apparente. C'est ainsi qu'au mois d'avril 1871, j'étais consulté pour une jeune personne qui perdit subitement la vue des deux yeux, et se disait être complètement aveugle. Le mari, qui m'amena sa femme, montra beaucoup d'inquiétude ; mais quel ne fut pas son étonnement lorsque je lui eus annoncé que ce n'était qu'une innocente simulation; les pupilles se contractaient, en effet, d'une manière très sensible sous l'impression de la lumière, et Ton constatait, avec l'ophthalmoscope, l'état sain de la papille. Le mari déclara que c'était à la suite d'un accès de colère que la cécité était survenue. Il ne me fut pas facile de convaincre la malade que c'était plutôt son esprit qui souffrait, et que la vue n'était nullement attaquée.
La simulation de l'amblijopie monomlaire est plus fréquente que celle des deux yeux. Il est beaucoup plus commode de feindre une maladie qui n'expose pas à de très graves inconvénients en permettant de vaquer à ses affaires.
Si la simulation de l'amblyopie est facile et commode, son diagnostic ne présente pas non plus de difficultés sérieuses pour un médecin instruit; lesraoyens que nous possédons aujourd'hui suffisent amplement à déjouer cette tentative frauduleuse.
Mydriase artificicUe. — Los simulateurs ont recours quelquefois à l'emploi des préparations belladonées pour dilater la pupille et mieux simuler l'amaurose. Mais la dilatation artificielle de la pupille est bien plus prononcée que celle qui accompagne l'amaurose. Dans cette dernière affection, en effet, il n'y a que le sphincter de la pupille qui soit paralysé, tandis que dans la mydriase artificielle, il y a aussi l'action excitante des filets nerveux du sympathique qui se rendent au muscle dilatateur. Selon Lacronique (1), la fève de Calabar fait contracter la pupille au bout de vingt-cinq minutes, lorsqu'elle »st dilatée par l'atropine, tandis que 1a contraction est peu prononcée dans h' cas [l'une mydriase paralytique.
Peu importe du reste que la pupille soit dilatée ou non, c'est la simulation de l'amaurose elle-même qu'il faut démontrer. Pour démasquer la supercherie de ce genre, on aura recours au procédé suivant :
i. Épreuve à Vaidc d'un verre prismaliq^ie. Procédé de Graefe. — Après avoir examiné les deux yeux avec rophthalmoscope et constaté l'état sain des deux
(1) Lacronique, Recueil de mémoires de médecine militaire, :îc série, t. X, ]>.
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papilles, on maiiiliciit l'individu dans la conviction (|Uf iCxploialion de l œii jiMiaurolique est teiminée, et qu'il ne reste qu'à s'assurer si l'autre œil no s'il ffaiblit pas non plus. A cet ellet, on lui recommande de lixer une bougie aliuniéo, et l'on veille à ce qu'il ait les deux yeux ouverts; pendant ce temps on place un prisme de 10 ou 15 degrés en avant de l'œil sain en t(jurnant sa base, soit en haut, soit en bas. Dans le cas où l'autre œil serait réellemeni aniaurotique, le malade ne verrait qu'une seule image; mais s'il ne fait qutî simuler la cécité, il verra forcément deux bougi(!s : l'une d'elles sera vue par l'œil prétendu aniaurotique, tandis que l'imagcî de l'autre appartiendra a l'œil sain devant lequel nous avons placé le prisme.
En faisant voir les difîérents caractères de l'échelle typographique, ou ])eiil lui faire déchiffrer tantôt l'image supérieure, tantôt l'image inférieure, et lirterminer ainsi l'acuité de la vue de l'œil prétendu amaurotique.
Un fait très intéressant se présenta à mon observation en 1870. L'iU! enfant de onze ans, qui me fut adressée par le docteur Delamardière (de Poitiers;, se plaignait de ne plus voir de l'œil gauche. La petite fille était très laborieuse, nu; disait la mère, et se désolait beaucoup de ne pouvoir plus travailler. Je découvre la simulation au moyen d'un verre prismatique et annonce le fait a\ix parents, qui étaient présents à l'examen. Mais quel ne fut pas mon étonnement, lorsque je vis la mère se révolter contre une pareille accusation do ma part. Je dus, pour la convaincre, faire une épreuve par les verres prismatiques sur ses propres yeux. Du reste, l'enfant elle-même avoua aussitôt sa ruse, <■! déclara qu'elle n'y avait eu recours que dans le but d'aller consulter à Paris pour visiter la capitale qu'elle ne connaissait point.
Chez les simulateurs tenaces et instruits il sera plus habile de procéder en deux temps. A cet effet, couvrant l'œil aveugle ou supposé tel, on place <levant l'œil sain un prisme dont l'angle réfringent sera porté directement en haut ou en bas, et l'on fait regarder au malade une bougie allumée, puis on amène doucement, par un mouvement lent, suivant la verticale, l'arête horizontale du prisme à couper diamétralement la pupille et l'on s'arrête un instant en cette position. Le malade voit alors deux images, l'une direclement par la moitié libre de la pupille, la seconde projetée du côté de l'angle du prisme et produite par réfraction.
Au cours de cette expérience, et en la variant de plusieurs manières, un découvre, à un certain moment, sans affectation et comme inconsciemment, l'œil suspect en même temps qu'on remonte ou qu'on abaisse le prisme do façon à lui faire recouvrir la pupille entièi^e.
Par ce simple mécanisme, les conditions de la diplopie iiniloculaire ont fait place à celles de la diplopie binoculaire. Si le sujet, à cet instant, accuse encon; deux images de la bougie, la fraude est manifeste, la seconde image ai>iiartenant nécessairement à l'œil supposé éteint (Grand-Teulon).
Ce moyen est assurément fort ingénieux ; il présente cependant un grand inconvénient : la diplopie monoculaire n'est pas toujours nette, évidente, n'apparaît pas assez sûrement pour que la supercherie soit incontestable.
Il faut en effet que l'arête du prisme soit tenue très près de la cornée el coupe juste en son milieu la pupille qui a un diamètre de quatre millimèlros. On voit que les plus légères oscillations du prisme peuvent rendre confuse la production des deux images monoculaires.
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Le docleiu- liaudiy(l) ii nionlré qu'au lieu d'amener Fare^e du prisme devaiil, la pupille de façon à partager en deux parties égales le diaphragme il suffisait a d'approcher f'ranchemeut la base de ce prisme soit verticalement en haut (.u en bas, suit liorizontalement en dedans ou eu dehors en regard de la circonférence de la cornée de l'œil sain. »
Cette moditication apportée au procédé par le docteur Baudry nous parait tort avantageuse, car au lieu d'être obligé d'approcher le prisme tout contre l œil, ou peut le teuir à 10 et même 20 centimètres en avant de l'organe et ou ubtieut ainsi plus facilement et saus tâtonnements la diplopie monoculaire.
2. Epreuves druide du lyrisme bircfringent {jrrocédè de Galezoïvski). — Un moyeu plus ingénieux et plus sûr de provoquer la diplopie monoculaire est, comme je Tai indiqué, de se servir de la lentille biréfringente d'Arago.
i. La lentille de M. Galezowki, dit le docteur Baudry, ne saurait ètn^ distiji-
Fig. 'l'I — Procédé de Cuignet pour reconnaître une amaurose simulée.
guée exiérieuremeni du prisme ordinaire, point assez iini)ortant, car si l'expert a affaire à un simulateur ayant connaissance des moyens signalés plus haut, il sera facilement dérouté en lui mettant alternativement devant l'œil sain tantôt le prisme simple, tantôt le prisme biréfringent qu'il ne saurait reconnaître. »
3. Procédé de Javal. — Javal a proposé d'interposer une règle entre les yeux de l'individu et une page d'impression; les simulateurs sont pris du premiei' coup et lisent les lettres que la règle ne laisse visibles que pour l'œil prétendu amaurotique. Ce procédé permet en même temps de juger de l'acuité visuelle de cet œil.
Un procédé non moins ingénieux a été proposé par le docteur Cuignet (d'Alger).
4. Procédé de Cidunel. — Une feuille de papier à lettre, sur laquelle on marque
(1) [isiiidvy, Simidalion de l'amaurose ef de l'amblyopie, Parif*, 188;5.