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INFLUENCE DES CONDITIONS HYGIÉNIQUES GÉNÉRALES

A. Age, sexe et habitudes morbides. — Dès la naissance, l'hygiène oculaire s'impose; c'est à ce moment qu'apparaît l'ophtalmie dite des nouveau-nés, maladie infectieuse qui guérit lorsqu'elle est immédiatement et bien soignée, et qui au contraire entraîne des complications redoutables lorsqu'elle est négligée ou abandonnée à des soins insuffisants, comme malheureusement cela arrive trop souvent encore.

Une fois le danger de l'ophtalmie purulente évité ou conjuré par une bonne prophylaxie et une thérapeutique énergique, il convient de veiller à ce que la vue des enfants se développe graduellement et sans subir d'influence lâcheuse.

Dans co but, il faut :

1. Eviter le contact irritant d'une lumière trop vive, directe et môme réfléchie. La position du berceau, les rideaux, les voiles qui couvrent la figure

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lorsque renfanl esl dehors ; toutes ces (juestious ont leur importance et contribuent ù protéger des yeux encore bien délicats et qui n'ont pas acquis l'accoutumance fonctionnelle.

2. Les moindres inflammations des yeux doivent être immédiatement soignées, autrement ou s'expose à voir s'établir des affections chroniques du côté de la cornée, de la conjonctive ou du bord des paupières. C'est à l'âge; de trois à neuf ans qu'on voit le plus grand nombre d'ophtalmies scrofuleuses se déclarer, et c'est à cet âge aussi que la surveillance doit être la plus attentive, surtout aux approches du printemps et de l'automne. L'air froid et humide contribue, selon Barthez et Simon, au développement des affections scrofuleuses et il n'y a rien d'étonnant si les muqueuses oculaiï-es s'y prennent plus particulièrement.

3. Dans les études et les travaux, les enfants doivent être plus particulièrement surveillés. Il faut les empêcher de pousser le travail jusqu'à la fatigue. Les occupations du soir sont dangereuses lorsqu'elles se font avec un éclairage défectueux, insufflsant et mal installé. Le principe général qui doit présider à toute organisation de l'éclairage, principe duquel on ne doit jamais s'écarter, c'est de fournir une lumière aussi abondante que possible, qui éclaire les objets largement, et ne force pas l'accommodation. Il faut en outre que cette lumière, bien qu'abondante, ne soit pas irritante pour l'œil par ses vacillations, par son contact direct, par son calorique. Malheureusement il n'est pas rare de voir ces règles essentielles méconnues dans beaucoup d'écoles et d'établissements publics.

4. Les enfants qui ont la vue sensible et les yeux fatigués, rouges et enflammés, doivent être exclus des classes jusqu'à ce qu'ils soient guéris et que le travail ne puisse plus être pour eux une cause d'aggravation.

0. Les enfants lymphatiques, faibles, chétifs, atteints de pityriasis du bord libre, se serviront toujours d'eau tiède et non point d'eau froide pour bassiner les yeux.

6. Lorsque les enfants commencent à grandir et que les parents songent à les préparer à un état quelconque, il faut que l'examen fait par des hommes compétents établisse si la vue peut s'y prêter. La faiblesse de cet organe, occasionnée par les maladies ou par les défauts congénitaux, doit exclure tout état fatigant et qui exige quelque application.

7. L'époque critique chez les filles et la période cataméniale chez la femme influent d'une manière puissante sur l'apparition de diverses affections oculaii-es. C'est pourquoi il faut recommander aux unes et aux autres déménager le plus possible leurs yeux pendant ces périodes, et d'éviter tout ce qui peut occasionner l'irritation et la fatigue.

8. Les jeunes gens ont aussi leur époque critique, c'est le développement de l'instinct génital qui dénote la puberté et l'aptitude physique. Mais l'instinct génital devance bien souvent la puberté. « Que d'enfants ne voit-on pas, dès Fàge de quatre à cinq ans, pervertis par des bonnes ! Les collèges el les pensionnats, dit Michel Lévy (1), sont des foyers de contagion morale (pii s'étend aux nouveaux venus de tout âge, et si le vice endémique de ces établissements épargne un enfant, il ne tarde pas à succomber aux sollici-

(1) \KcheI Lévy, Hygiène, t. I, p. 138.

INFLUENCE DES CONDITIONS HYGIÉNIQUES GÉNÉRALES. 981 tations spontanées des organes génitaux qui s'éveillent et qui lui créent un sens nouveau. »

La masturbation ou onanisme devient un vice chronique, grave, dont il est difficile de guérir et qui amène des conséquences fâcheuses pour l'organisme tout entier. Tous les sens s'en ressentent de bonne heure, et le sens de la vue spécialement; les enfants maigrissent, deviennent pâles, anémiques; leurs pupilles se dilatent; les yeux s'entourent de cercles violacés et s'enfoncent dans l'orbite, ils deviennent larmoyants, rouges et congestionnés ; il se développe des flocons du corps vitré en plus ou moins grande quantité et à la longue la vue finit par s'affaiblir.

Dos faits de ce genre ne sont malheureusement que trop nombreux, et il n'est pas toujours facile de guérir ces individus de leur fatale habitude.

9. L'excès génital chez les adultes engendre pour la santé et pour la vue les mêmes effets funestes que la masturbation : on voit survenir chez ces individus un affaiblissement général et progressif, des symptômes nerveux, ataxiques, suivis d'une atrophie des papilles.

Il est donc sage d'user avec modération des rapports sexuels, surtout pour les personnes dont la vue est faible et qui sont d'un tempérament faible et lymphatique.

10. Les personnes atteintes de constipation sont exposées à des altérations du côté des membranes internes de l'œil, et entre autres aux hémorrhagies. Dos choroïdites séreuses et atrophiquos reconnaissent souvent aussi poiir cause des constipations persistantes et les hémorhoïdes qui les accompagnent. Il est donc nécessaire de surveiller cette importante fonction physiologique et de la régulariser par les moyens en usage.

B. Aliments et boissons. — l. Aliments. — L'état des organes digestifs influe d'une manière très puissante sur la santé générale et aussi sur la vue, c'est pourquoi il importe d'examiner avec soin toutes les conditions se rapportant à l'alimentation du malade. L'anémie, qui est la conséquence d'une nourriture insuffisante, favorise le développement d'affections chroniques des conjonctives, despaupières etdescornées. Lesmaladies oculaires d'origine scrofuleuse, qui sont si nombreuses, s'accommodent mal d'une alimentation défectueuse qui contribue à entretenir l'état de nutrition physiologique. Dans tous ces cas il convient de procurer aux malades une nourriture suffisamment substantielle, tonique et reconstituante.

Une nourriture par trop abondante ne peut pas non plus agir d'une manière favorable sur la vue. Après un repas copieux, la tête est lourde, le visage rouge et bouffi, les paupières lourdes, pesantes, et les yeux congestionnés.

Toutes les fois que l'estomac est paresseux, qu'il y a manque d'appétit, anémie ou chlorose, que les yeux se fatiguent sans être enflammés, il y a nécessité de suivre un régime tonique, fortifiant, en y ajoutant les préparations ferrugineuses, les amers, le quinquina, et le vin de Bordeaux aux repas.

Chez les personnes pléthoriques et qui sont sujettes aux hémorrhagîes réti niennes, aux inflammations de l'iris ou de la choroïde, ou de toute autre membrane oculaire, on remplacera les aliments azotés et substantiels parla nourriture végétale, les légumes mucilagineux ou herbacés, les fruits et les matières féculentes. Tous ces aliments traversent l'estomac plus promptement

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que les viandes, leur digestion n'au^,nnente pas au môme degré la chaleur animale et la frécfuence du pouls .jik; celle des substances azot(^es. Mais il est surtout important de supprimer, dans ces conditions, l'usage de tous les aliments épicés, poivrés, du café et de tous les condiments acres et aromatiques

2. Les boissons formentées ont une influence des plus pernicieuses sur la vue; elles agissent sur le cerveau et amènent des désordres nerveux graves, suivis, au bout d'un certain temps, de troubles visuels, plus ou moins sérieux'. L'usage excessif des alcools et surtout de ces alcools composés impurs qui sf débitent aujourd'hui sur une si grande échelle, entraîne au bout d'un certain temps les amblyopies alcooliques qui peuvent compromettre à jamais la vue si on ne change pas radicalement et complètement d'habitudes. Ces boissons deviennent d'autant plus dangereuses qu'elles sont prises à jeun et dans un estomac vide. L'absorption de l'alcool se fait très rapidement et entre non moins promptement dans le sang. C'est pourquoi il importe beaucoup de modérer, autant que possible, l'usage des boissons fermentéos en général, quelles qu'elles soient, toutes les fois que les yeux sont malades, et de défendre absolument leur usage dès qu'on aura affaire à des amblyopies alcooliques.

3. L'abus du tabac entraîne également à la longue une amblyopie spéciale nicotinique, qui la plupart du temps s'observe en même temps que l'amblyopie alcoolique, étant donné que l'alcool et le tabac se consomment simultanément. Cette amblyopie ne cède qu'à la suppression radicale de la cause qui la produit.

C. Climats et saisons. — L'influence des climats est, sans nul doute, évidente sur les yeux, de même que sur la santé générale. La proximité des marais et des étangs peut prédisposer à des affections catarrhales, rhumatismales et paludéennes ; et, comme toutes ces affections donnent lieu à des altérations oculaires, il y aura naturellement nécessité de diriger dans ces pays toute son attention sur tout ce qui peut dépendre de la constitution climatérique. Le voisinage de la mer ne devient une cause insalubre que dans des circonstances particulières. En ce qui concerne la vue, l'air de la mer devient nuisible toutes les fois que les yeux sont atteints d'affections scrofuleuses, de phlyctènes, de kératites, etc. Suivant les conseils du docteur Simon, on doit s'abstenir d'envoyer ses enfants aux bains de mer pendaut tout le temps que dureront ces affections.

Dans certaines contrées de l'Europe (Allemagne), l'ophtalmie diphthéritique existe à l'état endémique.

Dans les pays chauds l'ophtalmie granuleuse règne d'une manière permanente, et il n'y a que très peu d'individus parmi les indigènes qui y échappent. La nature infectieuse de cette grave maladie ne fait plus de doute aujourd'hui. La contagion, l'absence de prophylaxie et de thérapeutique, comme en Afrique, l'agglomération, les contacts de toute nature, directs ou indirects, tels sont les modes de propagation de la maladie. Quant aux variations atmosphériques, à la réverbération du soleil, au refroidissement nocturne et aux autres causes variées auxquelles on a successivement attribué l'étiologie du trachome, elles ne provoquent que des affections catarrhales plus ou moins intenses suivant les cas, mais jamais une maladie infectieuse.

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