DÉVELOPPEMENT DE LA FACE ET DE L'ORBITE
De la dixième à la douzième semaine, la fonte palpébrale est encore large et les deux bords écartés; le bord palpébral supérieur et l'inférieur sont échancrés au milieu en forme d'arcades.
Chez un fœtus de trois mois, Von Ammon a trouvé la fente palpébrale complètement constituée, mais légèrement béante au milieu ; les angles étaient aussi bien formés. — Vers la fin du quatrième mois, les paupières fermées paraissaient presque transparentes et comme gélatineuses, la fente palpébrale était close, et oblitérée.
Les points lacrymaux ne se forment qu'à la fin du quatrième mois, simultanément avec les canaux lacrymaux, qui selon toute probabilité forment d'abord une gouttière, se transformant peu à peu en un canal.
Pendant que les paupières sont closes, les glandes de Meibomius se développent dans les deux paupières simultanément; peu à peu apparaissent dans la membrane interpalpébrale des ouvertures arrondies que von Ammon appelle points de résorption. Ces points s'agrandissent progressivement et en ligne horizontale, jusqu'à ce que la séparation des paupières devienne complète. Pendant quelque temps, les bords des paupières forment des dentelures.
S III. — Développement de la face et de l'orbite.
La face se forme lentement par des productions lamelleuses analogues à celles qui se déposent dans toute l'étendue du tronc. Elles croissent individuellement sous forme de lamelles qui se réunissent sur la ligne médiane. Ces productions sont séparées les unes des autres, pendant un temps plus ou moins long, par des fentes horizontales, qui portent les noms d'aî'cs branchiaux. L'idée que ces arcs et ces fentes étaient sinon les analogues, du moins les représentants de l'organe respiratoire des poissons, leur a fait donner le nom d'arcs branchiaux ou viscéraux. D'après Rathke (1) et Baër (2), on en observe cinq chez l'oiseau et quatre chez les mammifères.
Ces quatre lamelles procèdent de l'extrémité supérieure de la colonne vertébrale. Les trois premières partent des corps vertébraux, qui leur servent de support; elles commencent sous forme de prolongements appliqués contre la face interne des parois latérales du capuchon céphalique, et s'avancent vers la ligne médiane, de la môme manière que les prolongements costaux. Le quatrième arc branchial a les mêmes rapports avec la vertèbre cervicale supérieure que les trois premiers avec les vertèbres céphaliques, mais sa métamorphose, au lieu de donner naissance à des parties permanentes du squelette, ne sert qu'à la production des parties molles du cou.
La bouche, le nez, les deux mâchoires, le palais, se produisent aux dépens du premier arc viscéral. Les deux appendices inférieurs sont destinés à former par leur réunion la mâchoire inférieure. En avant et en dehors, on voit deux autres appendices très éloignés de l'autre ( flg. 474, 5), ce sont les bourgeons maxillaires supérieurs destinés à former par leur union sur la ligne médiane la mâchoire supérieure.
(1) Rathke, Abhandlungen zur Bildungs und Entwichelungsgeschichte, 1827, t. L
(2) Baer, Des branchies et des vaisseaux branchiaux dans les embryons des animaux vertébrés {Répertoire général d'anafomie de Breschet, 1828, t. VI. p. 41).