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TUMEURS BÉNIGNES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL

§ I. — Tumeurs érectiles ou nsevi maternl.

Les tumeurs érectiles sont constituées par des vaisseaux artériels ou veineux fortement distendus et variqueux.

La peau des paupières est assez fréquemment le siège de ces tumeurs. Sur 107 cas observés sur les différentes parties de la tête, Porta en a rencontré sept fois sur l'œil. De son côté, Lebert, sur vingt-six tumeurs érectiles de la tête, en a vu trois occupant les paupières.

Cette affection est congénitale et se rencontre le plus souvent chez les enfants.

Symptomatologie. — D'ordinaire, c'est à la superficie de la paupière supérieure qu'elles apparaissent sous forme d'une tache brunâtre ou rougeàtre; plus rarement, elles sont situées à la paupière inférieure, vers le grand angle.

Les tumeurs érectiles peuvent se présenter sous des formes et des volumes très variés. Elles sont quelquefois à peine appréciables et ne laissent voir que des veines engorgées sous la peau, et, sous cette forme, elles restent stationnaires pendant toute la vie. D'autres fois elles forment des reliefs et des inégalités à la surface de la peau, et se développent, soit à l'époque de la dentition, soit plus tard. Demarquay a présenté à la Société de chirurgie une malade affectée d'une tumeur du même genre qui se transforma en tumeur pulsatile à l'âge de vmgt et un ans.

On a divisé les tumeurs érectiles en artérielles, veineuses et intermédiaires. Cette division me paraît rationnelle ; de plus, elle est utile au point de vue pratique ; car, tandis que les tumeurs artérielles ont une tendance à grossir, les autres restent le plus souvent stationnaires.

Il peut arriver que ces tumeurs acquièrent un développement considérable, quelques semaines ou quelques mois après la naissance. Il se formera alors une grosseur qui augmentera notablement avec les cris de l'enfant. En prenant un développement plus grand, les tumeurs érectiles envahissent les tissus sousjacents et envoient des prolongements dans la conjonctive et dans l'angle interne de l'œil à la caroncule lacrymale.

C'est à la paupière supérieure, qu'on l'observe le plus souvent, et cette dernière reste abaissée. En saisissant la tumeur entre deux doigts et en exerçant une légère pression, on arrive facilement à la faire disparaître, mais elle revient à son état primitif dès qu'on cesse la compression.

Diagnostic différentiel. — Rien n'est plus simple que de reconnaître une tumeur érectile. Sa couleur livide ou rougeâtre, son augmentation de volume pendant la toux, sa diminution ou même sa disparition sous la pression des doigts, ne laissent aucun doute.

Anatomie pathologique. — Gruveilhier a soutenu avec raison que les tumeurs érectiles débutent par la dilatation des capillaires. Pour Broca il y a trois degrés de dilatations : le premier degré est constitué par une dilatation cylindrique des vaisseaux, comme l'a démontré Porta. Les figures 17 et 18 représentent cet état. Les vaisseaux sont allongés et dilatés de 0'^'",05 à 0^^,06, et leurs parois ne sont point épaissies. Au deuxième degré, les dilatations sont irrégulières. Au troisième degré, la dilatation est accompagnée de ruptures. Cette forme s'observe rarement dans les paupières.

Pronostic. - Ces tumeurs peuvent persister sans aucune modification, quelquefois même elles guérissent spontanément. Mais le plus souvent il est nécessaire d'arrêter leur développement progressif, qui pourrait avoir une conseauence fâcheuse pour l'œil et compromettre la vue du malade.

Traitement. - On a employé contre les tumeurs érectiles divers moyens^ aui tendent tous à l'oblitération des vaisseaux anormalement développes.

1. Vaccination. - Earle et Downing sont les premiers qui aient «lierch à détruire les tumeurs érectiles par l'inoculation du vaccin. Velpeau et Nelaton, viilearisèrent celte méthode en France.

AveTu^^^^^^^^ chargée de vaccin, on pratique de petites piqûres a des dislances égales. Aussitôt que l'écoulement du sang s'arrête, on apphque du nou-

(.) a, vaisseau centripète ou artère; a', vaisseau centrifuge ou veine.

TUMEURS BÉNIGNES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. 53 veau vaccin sur les plaies et on les couvre durant quelques heures avec un linge imprégné de la même substance. Des vésicules se forment bientôt, et le travail inflammatoire qui s'ensuit amène Toblitéralion des vaisseaux. Mais si l'enfant a été déjà vacciné, ce moyen ne donnera aucun résultat.

Pour empêcher l'entraînement du virus par le sang qui s'écoule, Nélaton conseille d'enfoncer dans la tumeur plusieurs aiguilles chargées de vaccin; quelquefois il la traverse de plusieurs fils imprégnés de celte matière.

2. Lorsque la tumeur est limitée à la paupière, on pourra injecter avec succès du perchlorure de fer peu concentré. Broca recommandait l'emploi de perchlorure de fer de 12 à 15 degrés à l'aréomètre de Baumé. Richet se sert avec avantage des injections de chlorure de zinc, une à deux gouttes pures, ou mélangé par moitié avec de l'eau.

Mais si la tumeur communique avec la caroncule ou avec la conjonctive, il faut renoncer à cette méthode qui, à coup sûr, amènerait un phlegmon de la paupière et de l'oeil.

3. Ligatures. — Vremier 'procédé : Lorsque la tumeur est saillante et un peu éloignée du bord palpébral, on traverse la tumeur avec deux aiguilles très minces qui se croisent. On place ensuite une ligature autour de ces aiguilles et on les serre fortement. Au bout de quelques jours on retire le tout.

Deuxième procédé : Une aiguille droite ordinaire, très fine, munie d'un fil double, traverse la base de la tumeur de haut en bas et la divise en deux moitiés ; puis on coupe l'anse et on enfile dans chacun de ses bouts une aiguillle, que l'on conduit sous la peau de la tumeur, l'une à droite et l'autre à gauche.

Arrivé vers le point d'entrée de l'aiguille, on lie les deux bouts eu serrant fortement le nœud (fig. 19).

Troisième procédé: Les nœvi très étendus peuvent être opérés par la méthode de Luke. Un long fil est armé de plusieurs aiguilles fines, placées à 15 centimètres les unes (fes autres. Ces aiguilles sont enfoncées sous le nœvus (fig. 19), en les retirant on coupe le fil près du chas de chaque aiguille, et on lie chaque

Fig, 19. — Ligature sous-cutanée (*).

dirigeant vers le point B ; B, C, A, et B, D, A, direction )ar le point d'entrée A.

que

anse de fil. Selon le conseil de Liston, on incise la peau au pourtour de la tumeur, afin que la ligature ne porte que sur les tissus sous-cutanés.

4. Acupuncture. — Lallemand enfonçait dans la tumeur un grand nombre d'épingles, rapprochait les tôtes d'épingles avec un fil, et au bout de sept ou huit jours il les enlevait. Le procédé de Garron du Villards vaut mieux : il consiste à enfoncer un grand nombre d'aiguilles et h les saisir toutes avec des pinces fortes chauflees à blanc; bientôt après la cautérisation a lieu.

5. Cautérisation avec le thermo-cautère. — Ce procédé est très facile à appliquer grâce à l'emploi de l'ingénieux thermo-cautère de Paquelin. On se sert à cet effet d'une pointe très fine avec laquelle on fait des igniponctions profondes, multiples et très rapprochés sur toute la surface de la tumeur et on fait ensuite un pansement antiseptique et une forte compression. Le na;vus tombe au bout de 8 ou 10 jours et la place se cicatrise habituellement d'une manière très régulière.

Bibliographie. — Luke, Med. Gaz., vol, XLI, p. 581.London, 1848. — Laboulbène, Sur le nâsvus en général et sur une modification particulière observée dans un nsevus de la paupière supérieure. Thèse inaugurale, Paris, 1854. — Ch. Robin, Mém. de la Soc. de bioL, 1853, t. V, p. 170. — Virchow, Archiv f. pathol Anat. Wurtzburg, 1854, Bd. VI, p. 525. — Porta, DelV angeclasia. Milano, 1861. — Broca, Traité sur les tumeurs. Paris, 1869, t. II, p. 183.

§ II. — Verrues, Papillomes, Excroissance cornée des paupières.

A. Verrue. — Les verrues sont de petites saillies formées aux dépens des papilles du derme qui sont hypertrophiées. Elles affectent des formes et des aspects différents. Les unes sont petites et reposent sur une large base ; d'autres sont pédiculées et comme pendantes.

On les rencontre d'ordinaire sur le bord des paupières et entre les cils; plus rarement, elles se voient à la surface de ces organes. Leur surface est rugueuse, inégale, gercée ; quelquefois elles sont divisées au sommet par des sillons profonds. Elles ne causent aucune douleur; mais les malades les écorchent assez facilement.

La transformation des verrues en sarcomes s'observe quelquefois, surtout chez les personnes d'un âge avancé. Cela arrive à la suite de frottement et d'irritation prolongée ayant une prédisposition constitutionnelle.

Traitement. — On peut exciser la verrue à l'aide de ciseaux courbes, après l'avoir préalablement saisie avec une pince à griffes. S'il y a hémorrhagie, on l'arrête en touchant la plaie avec le perchlorure de fer, ou à l'aide d'un thermocautère.

Si les verrues sont très petites et situées au bord de la paupière, je les enlève en saisissant avec une ou deux pinces à griffes et en les tordant autour de leur axe jusqu'à leur arrachement.

On peut aussi serrer une verrue avec un fd de soie et la laisser se sphacéler et se détacher toute seule au bout de quelques jours.

B. Papillome. — Il est le produit d'une hypertrophie d'un îlot plus ou moins grand des papilles du derme (fig. 20); ils apparaissent avec une base très large, et sont très rouges, ce qui tient à la présence d'une grande quantité

TUMEURS BÉNIGNES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. 55 des vaisseaux. Quelquefois ils prennent un développement considérable, et accusent un aspect fibreux n'ayant à leur surface qu'une couche très mince de l'épithélium.

Selon Cornil et Ranvier (I), le papillome est constitué par une hypertrophie des papilles qui par leur analogie de structure ressemble aux bourgeons chàr-

Fig. 20. — Papillome des paupières.

nus. D'après Luke et Parisotti (2) les papillomes des paupières sont des tumeurs irrégulières, composées des agglomérations de nombreuses petites papilles ramifiées, dans lesquelles domine la formation épithéliale.

C. Excroissance cornée. — Un développement exagéré des verrues peut donner lieu à la formation d'une vraie corne atteignant une longueur de 1 à 2 centimètres, comme cela a été observé par Schaw et Soelberg Wells. Elles sont rugueuses, grisàlres, fendillées à la surface, ont la dureté d'une corne et se composent des masses épithéliales juxtaposées. Après les avoir excisées avec la base cutanée, il faut cautériser la plaie avec le thermo-cautère.

§ in. — Lipomes des paupières et du sourcil.

On rencontre fréquemment, chez les individus âgés, à l'angle interne de la paupière supérieure des deux yeux, un développement graisseux qui ne constitue pas d'état morbide réel. Dans d'autres cas, l'hyperplasie graisseuse forme une grosseur limitée à la partie externe du voile palpébral et constitue une véritable tumeur lipomateuse.

(1) Cornil et Ranvier, Trait(f d'histologie pathologique.

(2) Parisotti, Contribution à l'élude des tumeurs bénignes {Recueil d'ophlh., octobre

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Symptomatologie. — D'une mollesse pâteuse, élastique, peu mobile, mais libre de toute adhérence à la peau, cette tumeur présente à sa surface de petites inégalités ou bosselures, dues aux cloisons qui la divisent en loges plus ou moins nombreuses.

Les lipomes ne sont point douloureux, et ils ne gênent ni la vue ni les mouvements des paupières; mais leur développement exagéré, en constituant une difformité désagréable, rend nécessaire l'intervention chirurgicale.

Anatomie pathologique. — Ces tumeurs ne sont pas habituellement dues à une prolifération adipeuse spontanée, mais elles proviennent, selon moi, d'un relâchement de la capsule de Ténon, qui doit retenir le tissu adipeux dans l'orbite. Sous l'influence des contractions musculaires, le tissu adipeux del'orbile écarte certaines fibres de la capsule du Ténon, et fait saillie dans la paupière sous forme d'une tumeur plus ou moins grosse, bien circonscrite, résistante, et qui peut simuler un kyste. La tumeur adipeuse est enveloppée d'une trame celluleuse très délicate, qui envoie des prolongements en dedans, de sorte que la graisse y est contenue comme dans de véritables cellules.

Selon Virchow, le tissu graisseux renferme une matière de consistance liquide, oléagineuse, riche en margarine. Les vaisseaux ne sont développés que dans l'enveloppe celluleuse ; mais, en général, ils sont peu nombreux. Le siège des lipomes est souvent le tissu cellulaire sous-musculaire superposé au tarse.

Traitement. — L'extirpation seule peut faire disparaître un lipome circonscrit. On tendra la paupière sur le globe de l'œil, et l'on pratiquera l'incision parallèlement au bord tarsien, dans toute l'étendue de la tumeur; puis, en la saisissant avec un crochet, on pratiquera sa dissection. Souvent elles sont tellement vasculaires et adhérentes à la base qu'on est obHgé de les serrer d'abord avec un lil de soie et de les exciser ensuite. La réunion par première intention ne tarde pas à s'opérer. Si la plaie est étendue, on réunira avec deux ou trois points de suture en or malléable.

§ IV. — Gommes syphilitiques des paupières.

La paupière peut être le siège de tumeurs gommeuses syphilitiques, appelées syphilomes par Ch. Robin. Ces tumeurs se développent tantôt dans le tissu cellulaire sous-cutané, tantôt dans le muscle orbiculaire.

C'est à Bouisson qu'on doit les recherches les plus complètes au sujet des tumeurs gommeuses musculaires. Ricord, Nélaton, Melchior Robert et Virchow les ont observées dans différentes régions : à la langue, à la joue, aux lèvres, etc. Bouisson a môme constaté la présence de cette affection dans un muscle oculomoteur.

Je suis un des premiers qui aient signalé l'existence de ces tumeurs deux fois dans les paupières, et deux autres fois dans la région du sac lacrymal.

Symptomatologie. — Une gomme syphilitique est indolente, bien circonscrite, d'une consistance pâteuse, et simule une fluctuai ion. La peau habiluellement ne présente aucune altération, mais si le mal dure longtemps, et si le malade fait des frictions avec des pommades, la peau ne manque pas de s'enflammer et de s'ulcérer.

Anatomie pathologique. — Les tumeurs gommeuses présentent, d'après Cornil et Ranvier, deux phases : la première consiste dans la prolifération du tissu

TUMEURS BÉNIGNES DES PAUPIÈRES ET DU SOURCIL. S? conjonclif ; dans la seconde phase, les cellules se multiplient, diminuent de volume, sont comprimées les unes contre les autres, et il se produit par places des îlots irréguliers, dans lesquels on observe des cellules atrophiées et granuleuses. Virchow les rapproche des proliférations inflammatoires du tissu conjonctif, et il les appelle tissu des granulations {Granulations- Gewebe).

Diagnostic différentiel. — Les tumeurs gommeuses constituent un des phénomènes tardifs de la syphilis et apparliennent aux accidents tertiaires. On doit donc rechercher dans les antécédents les autres symptômes de la maladie.

Elles peuvent être confondues avec des kystes sébacés, mais, le plus souvent, elles se montrent dans la peau elle-même; du reste, ces dernières ne s'ulcèrent pas, ni spontanément; ni après la ponction exploratrice.

TraUement. — Alïred Fournier, Rollet et Clerc conseillent l'iodure de potassium à la dose de 1 à 2, 4 et 5 grammes par jour. Ce traitement suffît pour amener la guérison.

Le badigeonnage de la peau dans la région de la tumeur avec la teinture d'iode peut accélérer la guérison.

Bibliographie. — Thevenet, Études et conditions pratiques sur les tumeurs gommeuses du tissu cellulaire des muscles et de leurs annexes, thèse de Paris, 1858. — Van Ordt, Des tumeurs gommeuses, thèse de Paris, 1859. — Virchow, Pathologie des tumeurs, t. II, trad. franc., p. 419. — Thomas, Des tumeurs des paupières, thèse de Paris, 18G6. — Galezowski, Gomme syphil. des paupières (Journ. d'uphth., Paris, 1872, p. 230).

§ V. — Hypertrophie des paupières (Éléphantiasis). Induration ou callosités des paupières (Tylosis).

A. Éléphantiasis. — Cette affection, que l'on désigne sous le nom d'elephantiasis Arahum, ne se rencontre que d'une manière tout à fait exceptionnelle sur la paupière.

Carron du Villards a décrit un cas d'hypertrophie de la peau et des tissus Sous-jacents de la paupière supérieure, et dont la cause pouvait être rapportée au traumatisme. De Graefe signala un fait analogue : l'hypertrophie était congénitale et s'était développée progressivement. Une hypertrophie de la peau moins accentuée succédant à une inflammation chronique des paupières se rencontre plus souvent, mais elle est alors peu développée. Je l'ai vue occuper les quatre paupières à la suite d'un érysipèle de la face.

La paupière est distendue, et il y a plutôt abaissement des voiles palpébraux qu'un véritable éléphantiasis, ou bien il existe en apparence une tumeur graisseuse.

La paupière supérieure acquiert dans l'éléphantiasis un volume considérable ; la peau est épaissie et hypertrophiée; les papilles du derme prennent un développement excessif. La surface devient rugueuse et presque verruqueuse, sa teinte est brunâtre ou rougeâtre; tous les tissus de la paupière se développent.

Anatomie pathologique. — Le plus souvent, le derme s'accroît, et les papilles s hypertrophient outre mesure. Mais le caractère principal est le développement (les masses du tissu connectif qui se produisent dans l'épaisseur de la peau ou du tissu sous-cutané. Les muscles, ainsi que les autres parties, se distendent

et s'hyperlrophient. Souvent la maladie est spontanée ; dans d'autres cas elle est le résultai d'une ophlhalmie granuleuse, scrofuleuse ou de l'érysipèle

Traitement. - L'excision d'un grand lambeau horizontal de la peau hyperirophiée est le seul traitement efficace. Une suture, faite avec des fils fins en or, est appliquée ensuite pendant quarante-huit heures. Si la conjonctive et le tarse sont par trop distendus, il faudra en enlever aussi un lambeau.

B. Tylosis. — L'épaississement et l'induration de la peau des paupières peut exister dans certains cas, sans que le volume de la paupière elle-même soit augmenté. Cette induration prend le nom de callosité ou de tylosis. Mackenzie distingue une autre forme de tylosis qu'il appelle tylosis arthritica.

Elle se développe sous l'influence de la diathèse scrofuleuse, et doit être combattue par l'usage de l'iodure de potassium ou de la teinture d'iode à l'intérieur et par les frictions avec la pommade iodée.

Bibliographie. — Carron du Villards, Ann. d'oculist., t. XXXII, p. 253, et t. XXXV, p. 130. — De Graefe, Klinische Monatsbl. f. Aug., Januar 1863.

§ VI. — Névrome des sourcils et des paupières.

Au niveau du bord sourciller, on rencontre quelquefois une petite tumeur pédiculée ou cachée sous la peau et présentant une sensibilité excessive, soit au toucher, soit à chaque mouvement des paupières. C'est le névrome.

Les névromes peuvent occuper le trajet du nerf sus-orbilaire, au point de sortie de ce nerf; Richet a observé un fait de ce genre. De petits névromes, mobiles et d'une grande sensibilité, se développent aussi quelquefois dans le tissu cellulaire sous-cutané des paupières. La peau est toujours mobile et sensible au toucher.

Traitement. — Aux malades qui refusent d'avoir recours à l'opération , Mackenzie conseille les frictions avec un mélange d'onguent mercuriel el d'opium. Des injections hypodermiques de morphine (10 gouttes de solution de 10 centigrammes pour 10 grammes) réussiront mieux à calmer les douleurs, qui sont souvent excessivement violentes. Mais si ces moyens restent sans effet, on devra alors extirper la tumeur.

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