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CONTRACTIONS SPASMODIQUES DES PAUPIERES

Par moments, le spasme disparaît spontanément et l'œil reste ouvert durant des heures entières; mais aussitôt que le malade essaye de travailler, de lire ou d'écrire, etc., le tremblement des paupières apparaît et il est suivi bientôt d'une fermeture complète des paupières.

Le blépharospasme est ordinairement accompagné d'une sensibilité excessive pour la lumière (photophobie), l'œil devient larmoyant et ne peut rien fixer. Quelquefois il est accompagné de douleurs névralgiques de la face, ce qui est dû à la névralgie Irifaciale. Un pareil fait m'a été présenté par le docteur Galiard, à la Pitié, sur un malade atteint d'un ptosis marqué, qui était pris pour la paralysie d'élévateur de paupière; ce n'est qu'avec beaucoup de peine que le diagnostic de la maladie a pu être posé. L'ensemble des symptômes a permis de constater une névralgie idiopalhique.

Les caries dentaires peuvent donner heu aux mêmes contractions spasmodiques. On reconnaît cette forme en opérant une compression, soit dans le point d'émergence du nerf sus ou sous-orbitaire, soit sur la dent cariée, soit ur le nerf dentaire inférieur (de Graefej au-dessous de l'alvéole de la dernière molaire.

B. Tressaillement des paupières. — Le tressaillement ou tremblement de la paupière se présente aussi à des degrés variés, et devient quelquefois très désagréable pour les malades. A divers moments de la journée, les malades ressentent un tremblement dans une des paupières, souvent si léger qu'il ne se manifeste même pas à l'extérieur. Dans d'autres cas, la paupière est agitée d'un mouvement rapide. C'est un vrai tic, qu'on peut facilement apercevoir à l'œil nu.

L'instillation du collyre d'ésérine (calabarine) dans un œil provoque chez îjbeaucoup d'individus des contractions spasmodiques dans les différentes portions '(le l'orbiculaire. Ces contractions sont très douloureuses, mais ne durent qu'une ou deux heures et se dissipent sans aucun traitement.

G. Clignement morbide. — Une troisième forme de spasme des paupières est le clignement morbide {niditatio). Le plus souvent les deux yeux en sont atteints ; il se rencontre chez les sujets nerveux et hystériques. Le battement des paupières dans la chorée est rapide et souvent alternatif, les sourcils se rapprochent ou s'écartent, se relèvent ou s'abaissent.

Étiologie. — L'affection spasmodique des paupières peut être provoquée par des causes très diverses. Un blépharospasme accompagné de contractions spasmodiques de tous les muscles de la face est toujours dû soit à une affection idiopalhique du nerf facial, soit à la névrite sus-orbitaire. On le rencontre chez les personnes hystériques et nerveuses, prédisposées à des névroses de toute sorte et chez les goutteux.

Les affections du tube digestif peuvent quelquefois provoquer une irritalion spasmodique de la septième paire. Claude Bernard a démontré la communication directe de ce nerf avec le pneumogastrique, et d'après les recherches chniques faites par G. Sée les faits pathologiques ont confirmé ces rapports. La syphilis, selon Macnamara, donne lieu quelquefois à un blépharospasme. Les névralgies de la cinquième paire peuvent entraîner aussi le spasme de l'orbiculaire. Belligheri a le premier signalé des faits de ce genre. Soit que le nerf de la cinquième paire ait été blessé, soit qu'il souffre par suite d'une carie dentaire, ou de la névrite idiopathique de la branche sus-orbitaire

Les affections herpétiques de la cornée, telles que phlyctènes ou kératites l'^ lymphatiques, sont s.nv.es aussi de blépharospasme passager. Il en est de même de la présence de corps étrangers, de la conjonctivite ou de blessures de la , cornée avec 1 ongle qui amènent la sensibilité de cet organe, et consécutive- • ment un blepharospasme.

La cause du tressaillement des paupières paraît être la môme que celle du blepharospasme; mais, dans la plupart des cas, ce tremblement est dû à ti une affection ancienne ou récente des voies lacrymales, au rétrécissement ou f a l obstruction des points ou des conduits lacrymaux, comme nous l'avons démontre (l).

Pronostic. - Lorsque celte affection est liée à une cause accidentelle ou à, une affection passagère de la conjonctive, de la cornée ou des voies lacrymales elle ne présente ordinairement aucune gravité; mais, quand elle n'est qu'uû, des phénomènes de tic convulsif de la face, le pronostic doit être plus réservé. La durée de la maladie et l'âge doivent être pris en considération. Le blépha-rospasme invétéré résiste quelquefois à tous les moyens curatifs.

Traitement. — Lorsque le point de départ de la maladie aura été bien pré-cisé, on agira suivant les indications de chaque cas particulier et suivant la. !> cause qui l'a produite. ;

1. Le blépharospasme idiopathique, qui dépend de l'innervation défectueuse' '^t de la septième paire ou qui est dû à l'action réflexe de la cinquième, serai efficacement combattu par des injections hypodermiques de morphine. Béhier, . qui a préconisé le premier ce moyen, injecte de dix à vingt gouttes de la solu-tion suivante :

2C Hydrochlorate de morphine.. 0,25 cent. | Eau distillée 25 grammes. .

La petite seringue de Pravaz suffit à cette opération, et chaque quart de tourr correspond à une goutte.

Je pratique ordinairement l'injection dans l'endroit le plus rapproché du mal, sans cependant toucher aux paupières. Quelquefois le point d'élection est le? trajet des nerfs sus ou sous-orbitaires ; on s'en assure en exerçant une cora- P pression sur le trajet de ces nerfs; le spasme cesse immédiatement pour revenir ensuite. C'est au voisinage de ces nerfs qu'on fera alors des injections.

Dans les cas où les injections hypodermiques n'ont pas réussi, des petits vésicatoires volants saupoudrés le lendemain avec de la morphine m'ont donné des* résultais souvent on ne peut plus favorables.

2. L'électricité à courants continus peut aussi procurer de bons effets;; mais il faut que les séances ne soient pas longues et que les rhéophores soient i appliqués dans le trajet des nerfs de la cinquième paire.

■ 3. L'iodure de potassium doit être administré toutes les fois qu'il y a lieu de supposer la cause syphilitique.

Le bromure de potassium administré à la dose de 2 à 4 grammes par jourr et l'éli^ ir polybromuvi d'Yvon de 2 à 4 cuillerées àdessert prises pendant 10 àa i 5 jours donnent souvent de bons résultats. Quelquefois il faut avoir recours* à la métallolhérapie de Burk.

(1) Galezowski, Troubles de la vue dans les affections des voies lacrymales {Gaz. deshôpit., 1868).

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