‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 38 sur 251 · AFFCTIONS DOULOUREUSES DE LA CINQUIÈME PAIRE · texte numérisé non relu

AFFCTIONS DOULOUREUSES DE LA CINQUIÈME PAIRE

4. Les affeclions de la cornée, de la conjonctive ou des voies lacrymales doiven t tre soignées , et la guérison de ces maladies fait disparaître le blépharospasme ymplomatique ou le tressaillement des paupières. 6. Si malgré tous ces traitements on n'oblienl pas de bons résultats, on aura lors recours à la section sous-culanée du nerf sus-orbitaire. Voici de quelle içon Nélaton la pratique : la peau du sourcil étant fortement tendue, le ténoome est enfoncé sous la peau, de dehors en dedans, vers le point d'émergence u nerf sus-orbiculaire ; puis, en tournant le tranchant du côté de l'os, on incise rofondément tous les tissus, ainsi que le périoste à la réunion du tiers interne u rebord orbitaire avec le tiers moyen. La plaie est ensuite fermée et comprilée légèrement. Cette même opération peut être pratiquée sur les deux nerfs us-orbitaires.

Tillaux a obtenu un excellent résultat par cette opération sur les deux eux, alors que tous les autres moyens étaient restés sans résultat.

BrBLioGBAPHrE. — Ch. Bell, Nervotcs syslem of the human borly, appendice p 46 -ondon, 1830. - Hays (de Philadelphie), },led. Gaz., London, 1841, p. 6 1 7. - François' s.v/'î sur les convulsions idiopnthiqups tie la fw.-v. Bruxelles, 1843. — Grœfe Archio OfMh., Bd I, Abth 1, p. 440, et Bd IV, Abth. 2, p. 196. - Romberg, Lehrbuck der rervenkrankkedpn des Menschen, t. I, p. 360, 1853. - Donders, Ann. d oculist t LI . 236. — Mackensie, Med. Chir. Transact. London 1857, vol. XL, p. 175. — Nivert' le la contraction spas'nodique du muscle orbi(ulnire {Bulletin de thémpeuf oct 1 861 )' - Remak, Bediner klinische Wochenschrift, 1864, n" 21 et 23. - Tillaux, Blillet'in oén e thérap., août 1872. ^ '

ARTICLE XXIII

AFFECTIONS DOULOUREUSES DE LA CINQUIEME PAItlE.

Les névralgies de la cinquième paire peuvent se localiser dans différentes arties de lœil ou de ses annexes. Les paupières et le sourcil, le front et les Jmpes, et même la moitié de la tête, sont souvent le siège de ces névralgies our mieux comprendre la pathogénie, il importe de connaître la disposition nalomique de ce nerf. ^

Les expériences de Magendie, de Claude Bernard et de Schift ont démontré ;uedece nerf dépendent la sensibilité de l'œil, de ses annexes et de la face tout ntiere. Son irritation amènera l'exagération de la sensibilité ou des douleurs ans toutes les branches ou dans plusieurs d'entre elles Anatomie du nerf de la cinquième puire. - Le nerf de la cinquième paire ompose de la racine sensitive et motrice, a son origine apparente sur le bord erne de la protubérance mais il naît réellement, d'après Stilling, des corps

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nque de W.ll s la maxillaire supér.eure et la maxillaire inférieure.

Le nerf ophthalmique de Willis se divise en lacrymal, fronlal et nasal Ce

ernier ^ donne des branches ciliaires et celles d'u ga'nglion ophthalmique

PAUFIÈUES ET SOURCILS.

Le nerf frontal se porte sous la voûte orbilaire entre le périoste elle muscle élévateur de la paupière supérieure; à cet endroit il se divise en deux branches, fronlal externe et frontal interne. Le premier, le plus volumineux, sort par l'échancrure sus-orbitaire à 25 millimètres en dehors de la racine du nez. Le

Fgi. 58. — Nerfs profonds de l'orbite et ganglion ophthalmique (*).

frontal interne sort de l'orbite entre la branche précédente et la poulie du grandd oblique.

La branche frontale externe, qui est la plus importante, se divise, immédia tement après sa sortie, en de nombreux rameaux se distribuant dans le front eW la paupière supérieure.

Le maxillaire supérieur envoie des filets à la partie la plus externe de la pauipière supérieure, un filet temporo-malaire et un filet temporal. Plus loin, lï donne les rameaux dentaires postérieur et antérieur, et, enfin, à sa sortie dai trou sous-orbitaire, il se divise en un pinceau des filets nerveux qui s'anastomosent avec ceux du facial. Ces filets vont à la conjonctive, à la peau de lpaupière inférieure, àl'aile du nez et à la lèvre supérieure. 4

La troisième branche, le maxillaire inférieur, donne les branches temporale profonde et moyenne, massétérine, buccale, ptérygoïdienne mterne, auncuLotemporale, dentaire inférieure et nervo-hnguale.

Les anastomoses de la cinquième, de la septième et du pneumogastrique sont : dans le canal de Fallope le facial au niveau du premier coude, présentant uo ganglion géniculé - d'où parlent deux pétreux, dont le petit pétreux superficiel va au ganglion optique. Les deux nerfs pétreux et la corde du lympa mettent en rapport avec la cinquième paire et la septième. Il y a aussi anasto

r .• g «orfnrnlo-moteur commua; 3, nerf oculo-moteur externe; 4, nerf fronlal; 5 nerk

nasdi , u, g b 1 , cilia res Beaunis et Bouchard),

tive; 9, racine sympathique, lU, neus tumni-^ \

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Baose avec le j)neumogastrique et le nerf de la septième paire dans le canal osseux du temporal.

Symptomatologie. — Deux variétés de névralgies faciales peuvent se manifester : l'une, primitive, liée à une inflammation ou à une irritation quelconque du nerf lui-même; l'autre, secondaire, consécutive à des affections de l'iris, de la cornée ou de la choroïde. Les symptômes de l'une et de l'autre se ressemblent d'une manière frappante, et lorsqu'on est appelé à examiner des malades atteints de ces névralgies, on doit s'enquérir s'il existe ou non une inflammation dans une membrane quelconque de l'œil.

Les douleurs viennent, le plus souvent, par crises et s'exaspèrent surtout le soir. Leur siège est sur la partie moyenne du sourcil, sur la paupière supérieure, la joue et l'aile du nez. A mesure que la maladie se développe, les douleurs deviennent plus vives et s'étendent au front, à la tempe, à la joue, et même à la moitié de la tête. Elles envahissent aussi les branches dentaires. Quelquefois les douleurs deviennent intermittentes; mais ordinairement, elles ne sont que rémittentes, rarement continues. Le larmoiement, la photophobie et le spasme de l'orbiculaire accompagnent souvent les névralgies. La conjonctive est injectée, vasculaire. Aussitôt que les douleurs cessent, l'œil reprend son aspect normal. La vue n'est troublée que d'une manière passagère. L'amaurose est rare, elle n'a été signalée que dans quelques cas exceptionnels, par exemple dans celui rapporté par mon oncle, le docteur Séverin Galezowki (1), dans lequel les névralgies et la perte de la vue étaient occasionnées par un fragment de cure-dent implanté dans un alvéole dentaire. L'extraction de la dent cariée et du corps étranger a suffi pour rétablir la vue. J'ai observé deux cas d'amaurose monoculaire sans lésion dans les membranes internes de l'œil. L'extraction de la dent cariée a été suivie d'un recouvrement complet de la vue.

Êtiologie. — La cause des névralgies primitives est très obscure. On a admis des causes rhumatismales et arthritiques. La première paraît être la plus probable, elle peut être occasionnée aussi par le froid et l'humidité.

Les blessures amènent aussi fréquemment ces névralgies, surtout si elles portent sur une des branches de la cinquième paire.

La carie des molaires produit aussi cette espèce de névralgie, et souvent elle existe sans que les malades se plaignent du côté des dents. J'ai rencontré un nombre assez considérable de névralgies occasionnées par les caries dentaires ; le plus souvent on observe ces névralgies chez les individus qui ne souffrent point des dents, et chez lesquels des névralgies dentaires ont totalement cessé, et c'est à partir de ce moment que les névralgies péri-orbilaires sont très persistantes (Metras).

Les altérations cérébrales, situées sur le pont de Varole ou au voisinage du anghon de Casser, peuvent encore entraîner une affection de ce genre Quelciuefois la maladie provient de l'intoxication saturnine; et elle peut même être accompagnée de rélinite séreuse, comme j'ai eu l'occasion d'observer chez un Qialade de l'hôpital Lariboisière.

Diagnostic diférentiel. - Le diagnostic doit être établi entre une névralgie diopathique et celle qui est occasionnée soit par les affections du globe de

(1) S. Galezowski, Arch. gén. de méd., t. XXIII, p. 261. Paris, 1830,

l'œil soit par le zona ophthalmique. Les affections de la cornée et de l'iris sont faciles à constater; on ne doit donc jamais négliger l'ex.imen de l'étal de l'œil lui-mfme avant de se prononcer sur la nature des névralgies. Le zona ophthalmique est aussi rare, et son diagnostic n'est point difficile à cause de l'éruption du front. On doit examiner avec soin l'étal des téguments des annexes de l'œil et celui des dents. Des cicatrices peuvent indiquer la cause traumalique du mal. Les dents cariées aident aussi à faire découvrir la cause de la maladie.

Traitement. — 1. Le sulfate de quinine fist un excellent moyen pour combattre ces névralgies. Je le prescris à la dose de 40 à 60 centigrammes, en une ou deux prises, deux ou trois heures avant le paroxysme. Celle dose, renouvelée tous les jours, puis tous les deux jours, enraye facilement la maladie, surtout à son début*

2. Les injections hypodermiques réussissent dans la plupart des cas. On pratiquera celle opération d'après les indications que j'ai données plus haut. (Voy. p. 92.) Des vésicatoires volants saupoudrés avec la poudre de morphine, des frictions morphinées, l'électrisation à courant continu, pourront aussi être employés avec avantage.

3. On aura recours à la section du nerf sus-orbitaire quand tous les autres moyens auront échoué. Les notions analomiquesi démontrent qu'il y a quelquefois nécessité de sectionner le nerf avant sa subdivision i dans son trajet orbilaire, immédiatement i derrière l'arcade orbitaire.

Voici en quoi consiste ce procédé : Le malade anesthésié, on relève le sourcil de lai main gauche pendant qu'un aide abaisse la» paupière. Une incision de 3 centimètres est: pratiquée partant de l'apophyse orbitaire interne à 3 millimètres au-dessus du bordi orbitaire. L'incision comprend la peau, l'or-biculaire et le tissu cellulaire sous-jacent. Dès qu'on aura reconnu avec le doigt' l'échancrure, on incisera le ligament palpébral au-dessous de l'échancrure, ett on trouvera le nerf à découvert. La figure 59 que nous empruntons à Léliévant représente ce procédé.

On peut alors disséquer le nerf un peu en arrière pour atteindre la branche^ sous-trochléaire et sectionner le tout ensemble.

M. Badal a proposé de faire l'élongation du nerf sus-orbitaire ou de la branché'

nasale.

Bibliographie. - Hutchinson, Neuralgia spasmodica. London, 1822. - Slanski, Arch. fjénér. de méd., 1839, p. 62. - Dixon, Med.-Chirurg. Transad., 1845, p. 374. - Tavi-

Fig. 59. — Procédé de section des nerfs frontaux Létièvant.

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