‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 51 sur 251 · LARMOIEMENT · texte numérisé non relu

LARMOIEMENT

Le larmoiement estmi état dans lequel les larmes, n'étant pas absorbées par les voies lacrymales, débordent le bord palpébral et s'écoulent sur la joue. Par lui-même, le larmoiement ne constitue pas, à proprement parler, de maladie; il n'est qu'un symptôme. Mais « le mot est reçu dans la pratique », a dit justement Desmarres père, et les malades viennent souvent consulter pour cette infirmité.

La quantité de larmes sécrétées par un œil sain est relalivement minime, et les points lacrymaux, quelque petits qu'ils soient, les absorbent facilement. Mais ce même œil normal peut être exposé à l'action de causes irritantes, telles que le vent, le froid et l'humidité; alors la sécrétion des larmes augmente, l'œil devient humide et larmoieaussitôt que ces organes ne sont plus capables 'd'absorber toute la quantité de larmes sécrétées d'une manière anormale. C'est la première forme de larmoiement ; elle est périodique ou plutôt accidentelle revient avec la mauvaise saison, et disparaît quand le temps est beau et sec' Lorsque les larmes sont plus fortement alcalines que de coutume, elles se combinent alors avec la sécrétion graisseuse des glandes de Meibomius pour former un mélange savonneux qui irrite l'œil. Sous l'influence de cette 'même irritation, les larmes sont sécrétées en plus grande abondance, et leur absorption devient difficile. ^

Une seconde forme de larmoiement est celle qui est due ix un rétrécissement une déviation ou une obstruction des points et des conduits lacrymaux Cette forme est la plus commune; elle exige une intervention chirurgicale, et il importe de préciser la nature du larmoiement ainsi que sa cause Symptomatologie. - Le malade est gêné par les larmes, qui remplissent

mo.ement se trouve obligé d'essuyer ses yeux à chaque instant.

r ''m larmoiement ont beaucoup de dif-

ficulté à travailler, et parle frottement continuel de leurs yeux ils provoquent une inflammation des paupières. Il y a des malades qui n'accusent un la" moiement que d'une manière passagère, accidentelle, lor'qu'ilsse ou eiUsous' influence d'une cause d'irritation nerveuse quelconque Consécutivement à cet état, les yeux s'irritent, la sécrétion huileuse des glandes de mIZIs

faisanl ainsi roflice d'un prisme. Quant aux mouches volantes, elles sont due i à la présence de petits corpuscules opaques (épitliélium, mucus, etc.) nageant dans les larmes cl glissant avec elles à la surface de la cornée. L'œil a une apparence plus brillante que de coutume; l'angle interne est rempli des larmes qui semblent déborder; le bord libre de la paupière inférieure est légèrement écarté du globe, et l'on remarque, dans cet espace, une couche de larmes qui semble s'élever un peu au-dessus de la paupière inférieure. A la suite d'un larmoiement prolongé, il se manifeste souvent de la blépharile ciliaire et des conjonctivites lacrymales; par moments le malade éprouve la sensation d'un corps étranger dans l'œil, tremblement de la paupière, etc.

Tous ces symptômes sont propres au larmoiement, qui a duré plus ou moins longtemps. La constatation de l'un ou de l'autre de ces signes peut indiquai quelquefois l'existence de l'affection des voies lacrymales elles-mêmes. Pourtant, dans la pratique journalière, on rencontre un nombre considérable di; malades qui accusent plusieurs de ces symptômes, mais chez lesquels, malgré l'oblitération ou le rétrécissement des voies lacrymales, le larmoiement est à peine appréciable. Il est donc indispensable d'examiner attentivement l'état des points lacrymaux ; voir s'ils ne sont pas déviés, rétrécis ou obstrués, si les canalicules sont perméables, etc. C'est dans une étude détaillée de ces différentes altérations que nous trouverons l'explication de ces divers phénomènes.

Page 1