‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 76 sur 251 · KÉRATITE HERPÉTIQUE. — HERPÈS FÉBRILE DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

KÉRATITE HERPÉTIQUE. — HERPÈS FÉBRILE DE LA CORNÉE

se rompre et se transformer en petites ulcérations fines très nombreuses et présenlant une inégalité de la surface de la cornée. Au toucher, soit avec une sonde, soit avec un morceau de papier, on constate une anesthésie complète de la partie ulcérée, comme j'ai eu l'occasion de le démontrer. Cette anesthésie indique une paralysie des fibres nerveuses trophiques, correspondantes de a cornée. L'œil est rouge, injecté; il y a photophobie, sensation de gravier, et larmoiement. En même temps les malades éprouvent des douleurs péri-orbitaires périodiques, qui reviennent surtout la nuit. Peu à peu l'ulcération augmente, gagne en profondeur, l'œil s'injecte, la conjonctive péricornéenne devient très rouge, et si l'affection n'est pas arrêtée, elle peut gagner de plus en plus en profondeur.

L'herpès fébrile cornéen est accompagné de gonflement des paupières; quelquefois les glandes préauriculaires, parotidiennes sont engorgées.

La maladie habituellement est précédée des phénomènes fébriles : céphalalgie, nausées, vomissements, frissons, mal de gorge, inappétence, insomnie, etc. Ces phénomènes durent deux ou trois jours, puis le mal de la cornée fait son apparition.

La kératite herpétique en s'aggravant peut se transformer en un ulcère rongeant, comme il m'a été permis de le vérifier sur un certain nombre de malades. Les symptômes alors changent complètement de caractère, et acquièrent une certaine gravité.

Diagnostic. — Rien n'est plus facile que de confondre cette maladie avec des ulcères phlycténulaires et des abcès superficiels de la cornée. C'est l'âge de l'individu qui facilite le diagnostic. On sait, en effet, que les phlyctènes n'apparaissent que chez les enfants; chez les adultes, au contraire, on ne rencontre que des ulcères herpétiques.

Des abcès superficiels sont isolés, et ils sont accompagnés d'une exagération de sensibilité au toucher, contrairement à ce qu'on observe dans l'herpès. Si on ajoute à cela les phénomènes fébriles précurseurs, mal de gorge, mal de tête, nausées, etc., on acquerra la conviction qu'il s'agit d'un herpès.

Durée et pronostic. — La maladie ordinairement n'est pas grave, mais elle est très tenace et résiste longtemps aux moyens qu'on possède ; le plus souvent elle ne guérit pas avant deux ou trois mois.

Traitement. — On doit commencer par le traitement des phénomènes fébriles généraux, soit par un vomitif, soit par une purgation. Si l'impaludisme est en jeu, nous conseillons d'employer le sulfate de quinine à la dose de 0,40 à 0,50 cent, par jour.

Quant au traitement local, je conseille :

1" Instiller dans l'œil à de longs intervalles une ou deux gouttes du collyre <i'atropine.

2<» Malgré l'anesthésie locale de quelques portions de la cornée, il. est indispensable d'employer deux ou trois fois par jour les gouttes de cocaïne à la dose suivante :

•Chlorhydrate neutre de cocaïne. 25 cent. | Eau distillée 10 grammes.

Pendant une heure on instille une goutte de cocaïne toutes les 10 ou 15 minutes, et on renouvelle cette pratique deux ou trois fois par jour.

30 On introduira entre les paupières une certaine quantité de la poudr. d acide borique porphyrisé.

Les pommades antiseptiques ne seront employées que dans les ulcères rongéants.

10 grammes. 1 Vaseline 10 grammes.

40 Mais si la maladie se prolonge et qu'elle résiste aux moyens ci-dessus indiques, il laudra alors cautériser l'intérieur des paupières tous les jours pendant J5 a 20 jours avec la solution de nitrate d'argent à 1(40, et on neutralisera l'effet avec une solution de sel marin.

5° Dans certains cas graves et rebelles, qui se compliquent d'ulcères rongeants, d'une conjonctivite intense, ou bien lorsque l'ulcération s'est étendue à toute la surface de la cornée, il faudra avoir recours au thermo-cautère, avec lequel on appliquera plusieurs pointes de feu à la surface.

Des lotions chaudes, des douches de vapeur sur les yeux fermés et un bandage compressif sont autant des moyens qui peuvent être employés avec un réel succès dans certains cas invétérés.

BiBLiOGRArHtE. - Homer. Kli7i montels blah, 1854. - Parizotti, Étude exmrimmtale sur les vésicules de la cornée. {Recueil d'ophtalmologie, avril 1884.) — Godo Thrse de doctorat et Recueil d'ophthalm., 1886. - Daguenet et Galézowski, A/fections' oculaires Pans, 1885, p. 145.

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