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STAPHYLOME ANTÉRIEUR DE LA SCLÉROTIQUE

rotique dans tous les sens, et la formation de tumeurs multiples, noires ou ardoisées, qui peuvent simuler les tumeurs mélanotiques.

Cette affection se développe très lentement; la sclérotique cède petit à petit ; le malade n'éprouve que très peu de douleurs et à des intervalles éloignés ; tout au plus survient-il des tiraillements douloureux dans l'œil, et des douleurs pulsalives et périodiques causées par la distension de la sclérotique et de la choroïde. Desmarres père (1) a constaté quelquefois chez ces malades des vomissements, qu'il explique par le tiraillement des nerfs ciliaires.

Anatomie pathologique et étiologie.— Le staphylôme antérieur de la sclérotique est caractérisé par une distension et un amincissement excessif de cette membrane; ses fibres deviennent filiformes, à peine appréciables ; d'autres sont atrophiées ou dégénérées en graisse.

La choroïde est atrophiée dans la partie correspondante au staphylôme; elle est, en outre, fortement adhérente; ses cellules sont privées de pigment amorphe, et leurs parois sont souvent rompues. L'iris et la zonula de Zinn sont distendus et leurs éléments atrophiés.

Celte affection reconnaît deux causes : les blessures de la sclérotique et la phlegmasie séreuse de la choroïde. Mais ni l'une ni l'autre de ces causes ne peut donner lieu au staphylôme, tant que la sclérotique n'a rien perdu de sa consistance, et que, par sa structure, son épaisseur et sa densité, elle est apte à résister à toute pression venant soit du dehors, soit du dedans.

D'après Schiess-Gemuseus, lorsque la sclérectasie est totale, la rétine et la choroïde sont atrophiées à un haut degré; le système cristallinien disparaît très souvent et l'iris subit des altérations inflammatoires.

Chez certains individus, la sclérotique présente dès l'enfance un tel amincissement, que la plus légère inflammation de la choroïde ou de la sclérotique occasionne la production des slaphylômes. C'est ce qui explique la fréquence plus grande de ces maladies chez les jeunes gens, dont la sclérotique n'a pas encore acquis toute sa densité.

Pronostic. - Le staphylôme de la sclérotique doit être considéré comme une alTeclion grave et qui tôt ou tard entraîne la perte de l'œil

Pourtant, ces tumeurs peuvent rester indolentes et stationnaires pendant très ongtemps. Ve Ipeau (2) a observé chez un malade, âgé de soixante ans une tumeur staphy bmateuse qui existait depuis plus de trente ans sans provoquer aucune gene. Le plus souvent, toutefois, le staphylôme augmente ; l'inflammation s en empare, la vue se perd, des douleurs assez vives se manifes-

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Traitement^ -- Dès le début d'un staphylôme qui se forme après une blessure récente, on doit pratiquer une paracentèse dans la tumeur; après quoi on fera une compression de l'œil. ^ ^ ^ ^^^^

Les paracentèses peuvent être aussi très avantageusement pratiquées dans les staphylômes spontanés; on les renouvellera tous îes huit ou dfx ionrs

Mais SI la vue commence à se troubler, etsi la compression intra-oc iaire augmentant d'mtensité, amène une excavation de la papille du nerf optique;

(1) Desmarres, Traité des maladies des veux t TT n An?

(2) Velpeau, Manuel des maladies des ye'ua:. Paris,' fsiO p. 266.

en on

doit procéder sans perdre de temps à une excision d'une partie de l'iris. Cette opération peut être renouvelée au bout de quelques semaines dans la partie opposée à la première, afin que l'iris soit divisé, d'après l'avis de Sœlberg Wells, en deux portions complètement séparées l'une de l'autre.

Dans d'autres cas, le staphylôme sera saisi avec un crochet à chalazion et excisé. On donnera au lambeau une forme elliptique parallèle à l'équateur de l'œil, et l'on réunira ensuite les lèvres de la plaie avec une suture.

Mais si le staphylôme est trop volumineux, et qu'il gêne les mouvements des paupières, il faut alors amputer l'hémisphère antérieur de l'œil, puis réunir les bords de la plaie par des points de suture, d'après le procédé de Critchett, ou bien laisser à la nature le soin d'opérer la cicatrisation.

Lorsqu'il n'y a qu'un œil pris et que l'autre commence à éprouver les premières atteintes du môme mal, on préférera, à toutes les autres méthodes, l'énucléation de l'œil par la méthode de Bonnet (de F^yon). Par l'énucléation on parvient habituellement à préserver l'autre œil de l'affection sympathique, dont on voit si souvent des exemples désastreux.

Bibliographie. — Josse, De la guérison du stapliylôme sclérotical, etc. [Gaz des hôpit., 1842, no 124). — Hairion, Staphyl. sclérot. choroïd.; et Études microscopiques sur le staphylôme en général {Ann. d'oculist., 1850, t. XXIV, p. 60). — Sichel, Iconographie ophlhalmologique 1859, p. 521; et Ai-chiv filr Ophthalmologie von Graefe, t. III, Abth. 1. — Bolling Pope, Sclérectasie, conséquence d'une irido-choroïdile syphylitique [Ann. d'oculist., t. LVI, p. 54; et Ophth. Hosp. Reports, t. IV, partie, 1864, p. 68) ■ — Schiess-Gemuseus, Anatomie pathologique du staphylôme antérieur de la sclérotique . {Archiv fur Ophlhabnologie , 1865, t. XI, Abth. II, p. 47; et Ann. d'oculist., I8(i', t. LVIIl, p. 69). ;

Les taches pigmentaires congénitales de la sclérotique ne sont pas rares dans , les pays chauds du midi de l'Europe. On sait que la sclérotique se pigmente fa- i cilement. Cette prolifération pigmentaire peut accompagner l'hypertrophie qui s'observe quelquefois après les traumatismes de cette membrane.

La sclérotique peut être le siège de tumeurs mélanotiques ou épilhéliales malignes. Sichel père rapporte l'observation d'une mélanose superficielle de la . sclérotique coexistant avec des tumeurs mélaniques volumineuses du cerveau et d'autres organes ; mais les faits de ce genre sont rares.

On rencontre bien plus souvent des tumeurs épithéhales ou cancéreuses situées au voisinage de la cornée et qui envahissent bientôt cette membrane. | Elles prennent tantôt naissance dans la conjonctive, tantôt dans le tissu sousconjonctival et la sclérotique. Leur étude n'offre rien de particuUer, et ce que nous avons dit sur les tumeurs de la cornée ou de la conjonctive leur est appli- ^ cable (voyez Conjonctive).

Les tumeurs décrites par les auteurs comme kystes, ostéomes, fibromes, sarcomes de la sclérotique n'y ont le plus souvent pas pris origine. Seules les tumeurs gommeuses observées dans ces dernières années paraissent nées primitivement dans cette membrane; le traitement antisyphililique en a vile f raison.

Bibliographie. — Andréas, Sypkilitische Gummigeschvmlst der Sciera, Archiv f. Augenheilk., 1882, p. 83.— Rothmund, Scleritis Gummosa, Mittheilungen aus der Augenk. Munich, 1882. — Higgens, Gummata of the sclerotic, Brit. med. Jown., 10 févier 1883.

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