‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 94 sur 251 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

MODE D'EXPLORATION

L'attention du chirurgien, dans rexploration de l'iris, doit se porter sur deux ;| points, d'abord sur la membrane tout entière, et ensuite sur son ouverture pupillaire. On procédera à cet effet, en examinan t à l'œil nu, à l'éclairage oblique et à l'éclairage direct à l'aide d'un réflecteur.

A. Examen à l'œil nu. — L'examen à l'œil nu permettra de constater la coloration de celte membrane, l'état de ses fibres radiées et concentriques, et l'on I s'assurera si sa surface est plane, bombée ou déprimée, etc.

1. La coloration de l'iris varie selon les individus : elle est bleue chez les . blonds, brune ou noire chez les sujets bruns. Il est rare pourtant que cette colo- \ ration soit complètement uniforme sur toute sa surface ; le plus souvent on constate une teinte foncée près de la pupille. Fréquemment on trouve des ! taches pigmentaires plus ou moins foncées, disséminées sur les différentes parties de la surface de l'iris; situées au bord de la pupille, elles se confondent

MODE D'EXPLORATION. 333

avec cette dernière et font croire à l'existence d'une pupille irrégulièrement dilatée.

On reconnaîtra facilement ces taches pigmentaires si l'on se souvient qu'elles ont (es bords bien Iranchés et qu'elles n'occupent qu'une partie de l'iris.

Dans une inflammation, l'iris tout entier change de couleur. S'il était bleu, il devient brunâtre, et de brun, verdâtre. On remarquera en outre une coloration rougeàlre au pourtour de la cornée, ce qui est dû ù l'injection des vaisseaux péricornéens communiquant avec ceux de l'iris.

A l'état sain, les deux yeux ont chez le même individu une coloration identique; dans l'œil malade, au contraire, l'iris devient plus foncé; il est donc important pour le diagnostic de comparer la couleur des deux iris.

On trouve pourtant, par suite d'une anomalie congénitale, chez le même individu, les deuxyeux de couleur ditférente. C'est ce que l'on appelle les yeux vairoris.

2. La position de l'iris doit être étudiée avec une attention toute particulière. Chez certains individus âgés, l'iris est normalement très rapproché de la

surface cornéenne, et la chambre antérieure semble complètement effacée; mais comme les deux iris présentent la même conformation et que la pupille n'est point dilatée ni irrégulière, on ne les confondra pas avec un état pathologique.

Dans les inflammations chroniques accompagnées d'adhérences pupillaires, l'iris bombé, mamelonné, se rapproche beaucoup de la cornée. Lorsqu'il existe un leucome de la cornée, on doit chercher si l'iris n'est pas adhérent dans le point où siège le leucome. Quelquefois ce diaphragme est excavé en arrière; cette cavité se produit surtout après quelques opérations et après les blessures.

L'iris est souvent tremblottant, ce que l'on constate en faisant exécuter à l'œil des mouvements dans dillerentes directions.

3. Pupille. — L'état de la pupille doit être examiné avec le plus grand soin, Dans l'état normal, elle est régulièrement ronde; elle se contracte sous l'influence de la lumière, et se dilate dans l'obscurité. On ferme les paupières du malade et avec le pouce de chaque main; on ouvre tantôt l'œil droit, tantôt l'œil gauche. L'œil élant fermé, la pupille reste dilatée, mais dès qu'il est ouvert, la lumière la fait contracter. Le même phénomène doit se produire au même degré dans les deux yeux. Foucher (I) a démontré pourtant que la pupille peut présenter une forme irréguliére en 1 absence de toute altération morbide.

Les deux pupilles doivent avoir le même diamètre, et lorsque le malade est placé en face d'une fenêtre et que les deux yeux sont également éclairés, la contraction et la dilatation des deux pupilles ne doivent présenter aucune différence. Dans les inflammations de l'iris, le diamètre et la forme de la pupille éprouvent une modificationcomplèle. Celteouverturese rétrécit dèslecommencement et devient anguleuse, irrégulière, écbancrée par places et frangée sur ses bords Des stries brunâtres se montrent vers le miheu de la pupille; ces stries sont dues aux adhérences existant entre l'iris et la capsule, et sont connues sous le nom de synéchies podérievres. Quelquefois la pupille est tout à fait obstruée alresie de la pupille) par les exsudations. L'existence des synéchies ainsi que i de latrésie pupdlaire pourra être plus facilement constatée par l'éclairage

(!) Foucher, Mémoire sur les déformations de la pupille [Revue méd.-chir., 1852).

IRIS

oblique ou l'éclairase direcl à l'aide du miroir ophtalmoscopique, surtout si l'on a soin de dilater préalablement la pupille

B. Éclairage oblique. - Toute adhérence et toute synéchie postérieure

a.ssent des dépôts p.gmentaires sur la capsule antérieure. Ces dépôts ont une

teinte brunâtre; on les voit surtout en y concentrant la lumière de la lampe au moyen d'une lentille numéro 2 1 /4. ^

C. Éclairage direct au moyen d'un réflecteur. - ii suffit de projeter la lumière réfléchie par le miroir de l'ophtlialmoscope et de regarder par le trou central, pour apercevoir la pupille rouge avec des échancrures et des stries noires qui sont dues aux adhérences pupillaires. La planche I, figure 7, de notre Atlas ophlhalmoscopique, reproduit cet état de la pupille.

Page 1