‹ Traité des maladies du cœur et de l'aorteChapitre 6 sur 121 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

iomie pathologique et le diagnostic physique, auquel elle sert de base, que dans la mesure de leurs applications à la pratique journalière de notre profession. Ce livre n'a donc pas la prétention d'être un traité complet de pathologie cardiaque ou de diagnose physique; mon seul buta été d'aider à l'application rationnelle de ces deux branches de connaissances à la médecine pratique. En ce sens, mon travail pourra être utile, et peut-être le besoin s'en faisait-il sentir I Que j'aie, d'ailleurs, réussi ou non dans mon entreprise, bien peu de mes lecteurs seront, plus que moi, convaincus des imperfections de ce livre.

Plusieurs ouvrages admirables ont été publiés, de nos jours, sur la pathologie cardiaque et la diagnose. Je suis loin de chercher à en amoindrir la valeur ; mais on ne peut nier queieur effet sur les esprits auxquels la pratique fait défaut, ne diffère souvent de celui que leurs auteurs avaient en vue. L'inexpérience clinique conduit le praticien à négliger un élément considérable : le fait si fréquent des complications dans les maladies. Il applique à une affection complexe, des règles diagnostiques fondées sur la présomption d'une affection isolée ; une apparente simplicité lui donne toute confiance, et l'inapplicabilité, au cas qu'il traite, des principes sur lesquels il s'appuie, le jette dans une grave erreur.

Le diagnostic des combinaisons morbides, même dans un organe aussi peu volumineux que le cœur, n'a point encore été posé. Tant que cette étude n'aura point été faite, les règles du diagnostic physique des affections simples, ne devront être mises en usage qu'avec beaucoup de réserve. Je ne puis d'ailleurs, même au risque de me voir accuser de méconnaître l'importance qu'a prise de nos jours l'exploration physique, me défendre d'exprimer l'opinion, qu'il se rencontre à cet égard, dans les œuvres magistrales de la science, certaines propositions émises d'une manière trop absolue, et que les difficultés du

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diagnostic soDt encore infiniment plus grandes qu'on ne le croit peut-être généralement.

Ces obaenrations ne tendent pas i infirmer la valeur des travaux qui, de nos jours, ont porté si loin le diagnostic physique ; je crois que le but vers lequel sont dirigées ces recherches, est le vrai but à atteindre, et qu'elles auront pour résultat final de rendre applicables i la pratique tous les éléments véritables du diagnostic, mais je ne voudrais pas, qu avant que les lois de cette partie de la science de la vie fussent pleinement et rigoureusement déterminées, les présomptions de la précipitation ou de l'enthousiasme fussent enregistrées comme des conquêtes nouvelles et déBnitives. Moi-même, voulant poser ce livre comme un traité spécial sur une branche de pratique médicale, et ayant eu, toujours et expressément, cet objet en vue, je me suis attaché à n'admettre que les principes de diagnostic, acceptables en toute sécurité, et j'ai évité la conlroyerse sur les points où le doute subsiste encore.

J'ai besoin, aussi, de protester contre la tendance encore prédominante de certaines écoles, à baser le diagnostic, sinon entièrement, au moins en grande partie, sur l'ensemble des signes physiques, à l'exclusion de cette catégorie importante de phénomènes, qu'à défaut d'un autre mot, j'appellerai vitaiix. C'est là l'oubli de cette grande et fondamentale leçon médicale, qui, tout en nous inspirant la modestie et la prudence dans le diagnostic, nous commande de porter toute la lumière possible sur le cas soumis à notre observation.

L'élève qui vient de quitter les bancs est fier de la supériorité qu'il croit avoir acquise dans la science du diagnostic, mais à mesure qu'il avance dans la carrière, la rude école de la pratique lui enseigne plus de modestie et de salutaire prudence. 11 apprend, par exemple, que dans les afl'ections chroniques, des modifications considérables surviennent, parfois,

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sans que des signas physiques correspondants se manifestent ; — que dans la marche d'une maladie, les signes cafacteris-* tiques primordiaux peuvent disparaître ; — que les symptômes d'une affection récente et légère d'une des parties du cœur, masquent, quelquefois, ceux d'une affection plus ancienne et beaucoup plus grave ou les empêchent de se produire; — que le trouble, dans les fonctions d'un organe, foit, non-seulement varier à Tinfini les signes d'une lésion de cet organe, mais peut les faire entièrement disparaître; — que les signes qui ont déterminé l'opinion du jour, peuvent ne pas exister le lende-' main; -^ enfin, que la simple distinction à établir entre le trouble fonctionnel et une affection organique, met, parfois, en défaut le discernement du praticien le plus habile et le plus expérimenté.

Et cependant, même depuis le temps de Gorvisart et de Laennec, la connaissance des affections du cœur et des artères a fait de notables progrès. En &ut-il d'autre preuve que les ouvrages spéciaux et les monographies nombreuses et non moins remarquables qui, dans ces quelques dernières années, ont été publiés sur ces matières?

La composition et l'impression de ce livre se sont prolon* gées pendant plusieurs années, par des circonstances indépen* dantes de ma volonté. Ce sera, je Tespére, mon excuse, pour avoir omis quelques notions importantes qui sont venues accroître le domaine de nos connaissances, depuis l'impression des chapitres relatifs aux objets auxquels elles s'appliquent.

Ainsi, je n'ai pu mentionner les observations de Virchow, Sur tobsiruciian des artères dans les affections des valvules de FaortCf ni les recherches conflrmatives de ces observations, publiées récemment, par le docteur Kirkes, ni encore celles du docteur Mac. Dovrel, Sur le diagnostic de la dilatation du coeur. Le mémoire du docteur Gairdner, Sur la relation de la

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