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Traité des maladies du coeur

Les maladies du cœur ne sont pas distinctes entre elles, c'est pour ainsi dire toujours la même maladie qui revêt des aspects différents, des types divers; l'origine de la plupart de ces états morbides c'est Vendocardite qui est ellemême dans tous les cas, qu'elle soit aiguë, ou subaiguë, ou à récidives, qu'elle soit ulcéreuse ou végétante, du domaine des affections parasitaires. Il faut désormais se résigner à cette donnée fondamentale de la microbie de l'endocarde, et à une autre conception, non moins révolutionnaire, à savoir la dénégation complète de la nature inflammatoire des endocardites.

llKItJIAlN SÉK. ,

2 MALADIES DU CŒUH.

Tyjje premier ou endocardique. — C'est sous l'infliiencc latente et souvent éloignée d'une maladie spécifique et surtout du rliumalisrae articulaire ou choréique que l'endocarde se dénature par l'action des microbes, bien définis dans l'endocarde, mal dessinés dans les articulations. Souvent c'est à l'occasion d'une fièvre typboïde, d'une dipbtérie depuis longtemps oubliée, d'une scarlatine, d'une mauvaise couche, ou bien encore d'une pneumonie niicrococcique, ou même de la syphilis plus connue par sa virulence que par son microorganisme, en an mot d'une maladie infectieuse ou virulente, que le mal s'établit silencieusement, perfidement, dans les valvules ou dans le muscle du cœur; c'est donc partout et toujours une origine microbique. Il n'y a d'exception que pour les processus chroniques des valvules aortiques; bien que chez les jeunes gens c'est encore elles que le rhumatisme atteint dans sa marche envahissante, il n'y a guère que chez les vieillards que les altérations de l'endocarde valvulo-aorlique sont dominées par une aulre cause, un aulre mécanisme; elles concordent en effet avec les transformations graisseuses, athéromateuses, scléreuses des artères et se montrent en réalité comme leurs conséquences, leurs effets. Abstraction faite de cette éventualité, l'endocardite microbique préside à toutes les altérations, à toutes les dégénérescences du cœur.

Type deuxième ou valvtlaire. — C'est bien la nature dégénérative et sans traces d'inflammation qu'on retrouve dans toutes les lésions du cœur, à l'état chronique comme dans la période d'acuité de l'endocardite qu'il vaudra mieux désormais appeler endocardie. Elles frappent dans les deux cas les mêmes parties, les mêmes éléments, les mêmes points. L'analogie existe jusque dans les produits de l'invasion microbique et se continue jusqu'au moment où se manifeste dans les lésions permanentes le caractère spécial

de la rétraction qui déforme les valvules. Les modifications anatomiques et histologiques de texture sont dues principalement à l'hyperplasie, à l'augmentation du tissu connectif qui, dans la forme ciironique, produit un tissu consistant solide et fibreux. Ainsi, toute la maladie n'est que la continuation du processus morbide qui a débuté sous la forme aiguë ou subaiguë, ou bien elle passe d'abord inaperçue pour le médecin et le malade, et se développe d'une manière insidieuse; mais au fond c'est le même procédé pathologique, c'est la même maladie avec un type différent; c'est pourquoi nous disons qu'il n'y a pas là deux maladies du cœur, mais tout d'abord deux types cardiaques de la même espèce que nous appellerons type endocardique et ti/pe valvulaire.

Le troisième type ou artérique dérive des artères et de leurs profondes altérations connues sous le faux nom d'artérite,.et sous la véritable dénomination de sclérose et d'athérome. Les artères malades par les progrès de l'âge, ou par une vieillesse anticipée, par la goutte, l'alcoolisme, le diabète, impriment aux tissus du cœur leur cachet et aux orifices artériels du cœur leur dénaturation scléreuse fibroconnective.

Quatrième type ou coronaire et angineux. — Parmi les artères, il faut distinguer les artères nourricières du cœur lui-même ou artères coronaires; leur dégénérescence constituera le quatrième type. La sclérose coronaire provoque dans la nutrition du cœur les déviations les plus graves, les plus nombreuses, à savoir l'adipose du cœur et sa transformation fibreuse, et dans tous les cas une profonde anémie. C'est cet état exsangue qui produit, sous le nom à'angine de poitrine, des perturbations souvent mortelles; et cet état est la résultante de l'oblitération ou du moins du rétrécissement fibreux, ou athéromateux ou même calcaire des artères coronaires.

On comprend que, dans l'histoire générale des arléries, ot en raison de son importance fondamentale, Varlérile coronaire mérite plus qu'une description môme rigoureuse. Par son incessante action, le sang des coronaires domine toute l'organisation, tout le fonctionnement du cœur, et partant, toute notre vie; c'est bien le moins que nous consacrions à ces scléroses coronaires, le rang suprême. Ce quatrième type cardiaque par la place, sera le premier par le rang hiérarchique et par son immense influence, car il provoque souvent plus et autre chose qu'une anémie avec le terrible angor-pectoris; il fait rétrograder toute la nutrition du muscle; la sclérose coronaire fait dégénérer le cœur qui devient fibro-scléreux; nous entrons par là dans un cinquième type ou dégénéralif.

Cinquième type ou dégénéralif. — A son tour et par ellemême la régression fibroconnective constitue un nouveau (langer malheureusement trop fréquent qui vient se relier à l'altération fondamentale des artères coronaires; on voit ainsi comment tout s'enchaîne dans la série morbide.

Sixième type ou hypertrophique. — Yoici une preuve de plus de cette intime connexité. A la suite des lésions valvulaires, quelle qu'en soit l'origine, microbique ou artérique, le cœur subit des hypertrophies ou des dilatations de ia manière suivante. Lorsque le cœur gauche est obligé de lutter contre un obstacle au passage du sang à travers les ouvertures, atteintes de rétrécissement, ou bien contre un reflux du sang en arrière vers son point de départ, parce que les soupapes ou valvules destinées à fermer ces orifices sont devenues insuffisantes, ou bien encore contre un impedimentum semé sur la route du sang cheminant dans les artères déformées, le cœur développe toute sa force, il travaille avec excès et se développe de même, il devient hypertrophique. S'il se fatigue ou s'use à ce métier, il s'affaisse et ses cavités

se laissent dilater; c'est l'origine du type hyperlrophique et hypercavilaire (sixième type).

Tous ces types s'enchaînent sans solution de continuité, souvent même s'entraînent sans rémission d'une manière fatale, le fatum étant souvent pris dans le sens le plus heureux comme on le voit pour l'hypertrophie qu'on peut appeler pour cela compensatrice des entraves ou réparatrice de l'équilibre rompu.

Septième type ou nerveux. — Mais dans la filiation entre ces types d'une même souche, d'une même race, nous avons négligé la nervosité de l'individu et son sang pauvre ou riche qui régit ses nerfs; nous avons omis aussi le système nerveux personnel et celui du cœur qui met tout en mouvement, ou qui trouble toute l'harmonie, c'est-à-dire le rythme régulier de l'organe; ces états nerveux du cœur qui constituent le septième type ou nerveux a ({\\\ d'ailleurs traduisent parfois, ou bien masquent des lésions organiques latentes dégénératives du muscle cardiaque, méritent grande considération. Ce n'est pas qu'ils mènent par l'agitation ou par la douleur du cœur à une lésion hypertrophiante, ce n'est pas possible ; on voit les cœurs battre à cent quarante pulsations et plus, pendant des mois et des années, de manière à constituer les manifestations appelées palpitations, tachycardie, maladie de Basedow, sans que le muscle cardiaque subisse la moindre altération ni même la moindre fatigue. En sens inverse on trouve des individus avec le cœur ralenti, ce qui est souvent grave. On en voit d'autres accuser une grande sensibilité de la région précardiale et qui n'ont rien qu'une cardiodijnie ou carclialgie, qui guérit facilement; on voit des cœurs musculairement forcés, des cœurs nerveusement épuisés, des cœurs irréguliers ou palpitants, soit avec soit sans la moindre altération de l'organe. C'est une élude intéressante, et une difficulté souvent insurmontable de diagnostic.

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