DIAGNOSTIC DES IIYPERTIIOPHIES ET DILATATIONS
myocarde commence à devenir énergique ; sous l'influence de la digitale le pouls veineux ainsi que les soufiles systoliques peuvent en peu de jours disparaître, en même temps que la inalité diminue.
10° Bruits pulmonaires. — Dans les hypertrophies et dilatations sans origine valvulaire on observe souvent, d'après Rosenbach, des râles non sonores, et avec une légère matité à la partie inférieure du lobe inférieur du poumon gauche, qu'on peut considérer comme une atélectasie, et comme résultat de la rétraction pulmonaire produite par l'augmentalion de volume du cœur. Le poumon, d'ailleurs, dans toutes les formes de distensions simples du cœur, est intéressé dans le processus morbide, et devient le siège rapidement d'un rjonflement pulmonaire compensateur. Dans bien des cas considérés comme consécutifs à un emphysème, il s'agit d'agrandissements purs et primitifs, dans lesquels le boursouflement du poumon ne se développe que secondairement à l'état emphysémateux de l'organe.
§ 7. — Diaf^nostîc des hypertrophies ci dilatations.
Dans les cas simples le diagnostic de l'hypertrophie est facile; il n'estpas impossible dans les cas compliqués, attendu que la suractivité du cœur et les changements caractéristiques de la pression artérielle, de même que l'auscultation du cœur donnent des signes aisés à apprécier, et ne permettent pas de confusion avec un cœur surexcité, si on a le soin de ne faire le diagnostic chez les malades excitables que quand le calme est revenu. Il faut se garder surtout de baser chez lesindividus malades ou sains de lapériode depuberté,le diagnostic de l'hypertrophie sur les résultats de la percussion cl de la palpation, car on peut être trompé pairies pulsations
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fortcmeiiLexancrées du cœurpar suite delà surexcitabililédcs ncrfsducœur,puis par le choc de la pointcen apparenceplus résistant que normalement et qui semble souvent dépasser la ligne mamillaire parce que la pulsation se propage aux parties limitrophes de l'espace intercostal. L'absence du renforcement du 2" ton artériel, une haute tension du pouls, de même aussi la plus grande fréquence du pouls permettent d'établir le diagnostic. (Rosenbach.)
Aussi chez les petits enfants la déviation de la pointe en dehors, et la matité augmentée du cœur ne sont pas toujours le signe certain du diagnostic de l'hypertrophie cardiaque.
Diagnostic des dilatations absolues. — Ici il y a des difficultés; la péricardite peut induire en erreur; il en est de même des tumeurs médiastines ou des pleurésies enkystées qui peuvent faire croire à un élargissement du cœur ; dans les pleurésies droites, l'exsudat se rassemble parfois dans la partie du tissu pleural placée près du cœur, et la percussion donne les apparences d'un agrandissement du cœur vers la droite. La démonstration de l'épanchement dans la moitié droite du thorax et la nature des tons du cœur servent à éviter l'erreur.
Il faut aussi se garder de confondre avec un élargissement du cœur vers la droite, la matité qui chez les obèses se trouve sur la base du sternum, et la dépasse à droite. Dans ces cas il s'agit d'une forteaccumulation de graissedanslemédiastin ; l'intégrité du deuxième ton pulmonal, le pouls normal permettent d'exclure formellement une dilatation comme cause de la matité exagérée, fies adhérences des bordsdes poumons rétractés, une application forte du cœur contre la poitrine chez les rachitiques ou sclérotiques font aussi souvent croire faussement à une dilatation du cœur.
Marche de la maladie. Le cours de l'hypertrophie, sans parler de la dilatation absolue qui est seulement la suite de
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la faible propriété compensatrice du myocarde, peut être très favorisé, par le repos et l'épargne des forces. Si cependant la cause fondamentale (lésion valvulaire ou rein rétracté) persévère, il doit en résulter naturellement, même dans des conditions favorables, une faiblesse du cœur, surtout s'il y a des maladies intercurrentes.
Les suites de l'hypertrophie sont : i° les modifications dans la cavité cardiaque considérées comme les effets de la forte pression qui domine ; 2° des changements dans le système artériel; 3° des troubles provoqués par l'augmentation de volume du muscle.
i° A la première catégorie appartiennent la sclérose par pression, l'atrophie des valvules et des muscles papillaires, l'endocardite pariétale, de même que la formation d'anovrismes cardiaques partiels, et des callosités du cœur.
En tant que procédé curatif compensateur il faut signaler parfois l'insuffisance relative des valvules, àl'aide de laquelle la pression énorme régnant dans le ventricule se trouve amoindrie, et une distension passive des parois se trouve enrayée. Après le développement d'une telle insuffisance relative, véritablement fonctionnelle, il survient parfois une réelle détente pour le malade, et au bout d'un certain temps l'action du cœur recommence à devenir plus forte.
2° Les modifications du système artériel sont diverses, selon que dans le système artériel il y a une forte tension seule, ou en même temps une forte pression avec augmentation de la quantité de sang introduite par la systole dans l'aorte. La crosse est ordinairement dilatée avec ou sans altération des parois, avec ou sans dilatation des artères, ordinairement avec augmentation de leur musculature. Parfois il se forme des anévrismes dans les vaisseaux suitout de l'encéphale.
Un rôle important est dévolu aux altérations des coro-
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naires, à l'arLénosclérose qui provient de la liaulc pression sous laquelle le sang arrive dans ces vaisseaux, car ces changements de texture sont souvent la première base d'une nutrition insuffisante du myocarde.
3° Lorsque le cœur prend un grand volume, il circonscrit l'espace dans le thorax, presse sur le diaphragme et empêche la respiration.
L'hypertrophie du muscle cesse lors d'une nutrition insuffisante ou de la sclérose du myocarde; il se forme une dilatation absolue des cavités, et quand elle ne peut plus être restaurée par une activité compensatrice des autres cavitésdu cœur, il se forme une stase veineuse des plus accentuées. Quand le ventricule gauche s'affaisse pendant que le droit est encore actif, il peut en résulter de l'œdèmepahoonaire d'une grande gravité.
§ 8. — Fréquence des hypertrophies et des dilatations.
D'après la diversité et la multiplicité des causes indiquées, on peut prévoir que l'hypertrophie indépendante des lésions valvulaires est plus fréquente chez l'homme, et la raison en est dans le travail mécanique et dans d'autres causes nocives auxquels il est plus exposé que la femme.
Chez les affaiblis, c'est-à-dire dans les cas où les forces et la nutrition sont insuflisantes, ainsi dans les cachexies, les suppurations, les dégénérations amyloïdes, il ne se forme pas d'hypertrophie, même quand toutes les conditions mécaniques sont là pour la développer. Le trouble de la nutrition générale semble aussi influencer d'une manière défavorable celle du muscle cardiaque, parce que l'excès des matériaux nutritifs qu'exige impérieusement l'augmentation de volume du muscle, n'est pas disponible.