INNERVATION DU CŒUR
Centres nerveux intra-cardiaques et extra-cardiaques. — Un appareil à pompe qui doit agir depuis le commencement jusqu'à la fin de la vie, qui doit d'une manière uniforme mettre en mouvement un liquide de quantité et de nature à peu près invariable, sous peine de compromettre la vie, a besoin de régulateurs autonomes et indépendants. Le régulateur principal des mouvements de contraction et de relâchement du muscle cardiaque se trouve dans le cœur lui-même, car il agit sur le cœur extrait du corps et même vide de sang, qui continue un certain temps ses mouvements rythmiques et recommence à battre par les excitants directs les plus superficiels ; cet appareil nerveux intracardiaque qui opère automatiquement ou par voie réflexe se trouve dans des points déterminés, car la destruction de certaines parties du cœur arrête complètement le cœur, tandis que les excitations d'autres parties du cœur accélèrent les battements; comme elles se trouvent dans le cœur de tous les animaux sous forme de fibres nerveuses et de ganglions, on considère ceux-ci et celles-là comme constituant
un centre nerveux intracardiaque. Mais comme le cœur séparé de ses attaches ne tarde pas à perdre ses fonctions, il faudra nécessairement admettre qu'il existe d'autres centres d'innervation, des centres exiracardiaques qui arrêtent ou règlent à leur tour les fonctions du cœur.
§ 1 . — Centres nerveux intracardiaques.
Les premières recherches sur la distribution des nerfs dans le cœur des mammifères et sur l'existence d'amas ganglionnaires appartiennent à Remack qui en 1844 les démontra sur le cœur du veau, sur les filaments nerveux parlant du plexus cardiaque; en effet, chez tous les mammifères (Robert Lee, Cloetta, Schweigger Seidel, Schklarewsky), il se trouve des ganglions qui siègent en partie dans la cloison du ventricule, en partie à la surface du cœur sous le péi icarde; chez la grenouille ce sont de véritables amas ganglionnaires qui se rencontrent là où les nerfs vagues se rendent à la cloison de l'oreillette et à la limite de l'oreillette et du ventricule, par conséquent sur des organes d'une haute importance. Il s'agit de déterminer la valeur et l'usage de ces ganglions et pour cela le meilleur moyen est d'irriter ou de séparer les diverses portions du cœur. Si on passe un fil entre le sinus veineux des veines caves et l'oreillette, ou si on sectionne cette partie du cœur, le cœur reste un certain temps en diastole pendant que les veines et le reste du sinus continuent à battre; c'est là que siégerait le centre du fonctionnement; toutefois dès qu'on touche la surface du cœur, il s'ensuit une systole de tous les compartiments du cœur; puis le cœur retombe en repos diastolique.
Qu'on place ensuite sur le cœur en repos et privé de sinus une ligature sur la limite auriculoventriculaire, ou bien qu'on
CENTRES NERVEUX INTRACAKDIAQUES.
sépare par une coupe le ventricule de l'oreillelLe, l'oreilletle sans le ventricule recommence à battre d'une manière rythmique (Volkmann). Si enfin on lie le point d'ouverture du sinus de la veine cave dans l'oreillette droite, tout le cœur s'arrête en diastole (Stannius); la ligature agit sans doute comme une section.
Une deuxième expérience de Stannius consiste dans l'apposition d'une deuxième ligature sur la limite entre le ventricule et les oreillettes; on voit alors le ventricule se contracter longtemps d'une manière rythmique, tandis que les oreillettes restent en repos. Ceci ferait croire que dans la paroi des oreillettes il y a d'autres centres d'arrêt, dont la ligature délivre le cœur et l'abandonne à lui-même. Tous ces isolements des diverses parties du cœur ont été, depuis Volkmann et Stannius, interprétés en partie en faveur des ganglions comme étant des organes centraux pour les mouvements du cœur. — Cette manière de voir est basée sur ce que les muscles du cœur se comportent vis-à-vis des nerfs du cœur comme les muscles de la vie de relation relativement à la moelle et à l'encéphale, de sorte que d'après cela les ganglions sont la cause déterminante du relâchement et de la contraction des muscles cardiaques, et que les excitants' agissent sur les fibres nerveuses qui transmettent l'excitation aux ganglions, d'où l'excitation se propage des nerfs aux muscles.
Mais Tanatomie des nerfs du cœur parle contre cette idée,. car on voit certaines portions séparées du ventricule dans lesquelles il n'existe pas de traces de nerfs ni de ganglions; on voit par exemple le ventricule lié à deux millimètres au-dessous du sillon, privé absolument de ganglions, exécuter néanmoins des pulsations rythmiques, et se contracter sous l'influence des agents électriques ou mécaniques, exactement comme un ventricule ayant
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